Aussitôt les deux armées se séparèrent, et chacune regagna son camp. Les

Chinois, ivres de joie, ne savaient comment témoigner leur tendresse au

bon Pierrot. Chacun d'eux croyait avoir retrouvé en lui un protecteur,

un père, un frère, un ami. Quand il demanda ce qu'était devenu

Horribilis, on lui répondit en riant qu'il avait pris le chemin de

Pékin, et qu'au train dont il était parti, il devait déjà être arrivé.

L'autre armée était fort divisée. Après la mort de Kabardantès et de

Pantafilando, il n'y avait plus d'héritier du trône, la dynastie était

éteinte: perte médiocre, car il y a toujours plus de rois sans royaumes

que de royaumes sans rois. Au reste, rien n'était plus facile que de

faire un roi: on n'avait que l'embarras du choix. Comme les chefs des

principales familles étaient au camp, chacun d'eux s'offrit pour

candidat et fit valoir sa naissance, sa fortune et son courage. La

discussion fut très-vive: chacun des orateurs avait le sabre au poing,

et paraissait disposé à soutenir son droit de toutes les manières. Enfin

l'un des plus âgés, qui, par hasard, n'avait aucune prétention au trône,

ouvrit un avis qui fut bientôt approuvé de tous.

--Il nous faut, dit-il, pour empereur le plus brave des hommes, afin

qu'il soit digne de commander aux Tartares, qui sont, après les

Français, le plus brave peuple de l'univers. Il faut qu'il n'ait point

de famille ni de liaison dans le pays, afin qu'il ne favorise aucun

parti au détriment des autres. Il n'y a qu'un homme ici qui remplisse

ces deux conditions.

--Qui donc? cria-t-on tout d'une voix.

--C'est Pierrot.

Cette proposition, par un hasard singulier, réunit toutes les voix: on

offrit le trône à Pierrot, qui le refusa.

--Je n'en suis pas digne, répondit-il modestement.

La vérité est que Pierrot, devenu sage par l'expérience, et connaissant

la difficulté de gouverner les hommes, ne voulut pas s'engager dans une

affaire si épineuse.

--Que ceux qui se sentent la vocation, disait-il, essayent de le faire;

pour moi, je veux vivre tranquille, et dans un repos complet avec ma

famille. Je veux bien combattre pour ma patrie quand elle aura besoin de

moi, mais je ne veux pas régner. Dans ce métier-là, le plus habile fait

chaque jour cent sottises irréparables; que ferai-je, moi qui ne suis

qu'un ignorant? J'aime mieux travailler en paix, élever mes enfants,

cultiver la terre, donner le bon exemple autour de moi, et quelquefois,

mais rarement, de bons conseils à ceux qui me les demanderont avec un

coeur sincère: la Providence se chargera du reste.

Peut-être trouverez-vous, mes amis, que notre ami Pierrot était un peu

égoïste. Le vieil Alcofribas le trouve très-sage et l'approuve en tout

point. Pour moi, je ne sais qu'en dire.

L'égoïsme de Pierrot est d'une espèce si rare, qu'il touche à la vertu

la plus pure et au désintéressement le plus extraordinaire il y touche

de si près, qu'en vérité j'aurais de la peine à l'en distinguer.

Toutefois, sur ce sujet comme en toutes choses, les opinions sont

libres.

Les Tartares ne se laissèrent point décourager par un premier refus; au

contraire, aiguillonnés comme la plupart des hommes par cette obstacle,

ils revinrent à la charge et demandèrent enfin à Pierrot de leur

choisir un roi de sa façon.

--Car, dit l'orateur, nous n'en trouvons point parmi nous qui réunisse

toutes les voix, et ce choix sera une source de guerres civiles.

--Eh bien, dit Pierrot, proclamez la république.

A ces mots, tout le monde prit à la fois la parole et voulut donner son

avis.

Le fracas devint étourdissant.

L'un dit que la république était l'anarchie; l'autre, que c'était le

gouvernement des grands hommes et des hommes de bien; un autre, que

c'était le moins ennuyeux des gouvernements, à cause du changement

perpétuel des gouvernants et des systèmes; un quatrième dit que cela

convenait aux gens d'Europe, parce qu'ils ont le nez aquilin, et non aux

Tartares, parce qu'ils ont le nez camus. Pierrot, assourdi, alla faire

un tour de promenade.

Quand il revint, on avait opté pour la monarchie: Trautmanchkof avait

été nommé empereur.

Il fit sur-le-champ la paix avec Pierrot, lui rendit les prisonniers

chinois, et partit pour Kraktaktah, afin de se faire reconnaître.

Pierrot, ayant accompli sa tâche, fit réparer la grande muraille, laissa

le commandement de l'armée chinoise à des officiers aguerris, et alla

retrouver Vantripan.

Le bruit de ses exploits l'avait précédé.

Le roi vint le recevoir au pied du grand escalier dans la cour

d'honneur, l'embrassa tendrement, le fit asseoir à sa droite pendant le

dîner, et but à sa santé plus de six bouteilles, en le proclamant le

vainqueur des Tartares, le sauveur de la Chine, et le digne objet de

l'admiration du monde.

Ce gros Vantripan était un bon homme au fond, et il sentait bien tout ce

qu'il devait à Pierrot. Quant à celui-ci, toujours modeste, il ne

pensait qu'à rejoindre sa chère Rosine et à goûter un repos qu'il avait

si bien gagné.

Enfin arriva ce jour si longtemps désiré.

Pierrot partit seul, monté sur Fendlair qui piaffait, caracolait et

galopait comme s'il avait compris la joie de son maître.

Il arriva à la porte de la ferme.

Rosine ne l'attendait que quelques jours plus tard, parce qu'il n'avait

pas voulu lui annoncer son arrivée; aussi était-elle en négligé du

matin; mais ce négligé, mes chers amis, eût été envié des plus grandes

et des plus belles princesses, si elles avaient pu en comprendre toute

la coquette simplicité.

Écoutez la description qu'en donne le sage Alcofribas.

«Elle était vêtue, dit-il, d'une robe blanche d'étoffe simple et unie.

Cette robe, qu'elle avait taillée elle-même, se drapait naturellement

autour de son corps comme les étoffes qui couvrent les statues des

impératrices de Rome; mais vous concevez assez la supériorité que

devait avoir la nature vivante et animée, disposant de l'une des plus

belles créatures qui depuis Ève aient enchanté les regards des hommes,

sur l'artiste qui sculpte un marbre inanimé et qui cherche, à force de

génie, à reproduire quelque faible image de l'éternelle beauté. Sa

taille souple et sans corset donnait à sa démarche une grâce

incomparable et pleine de naturel. Un ruban rouge noué autour de son cou

relevait l'éclat de son teint qui était blanc, rosé et presque

transparent. Ses cheveux, négligemment attachés, comme ceux de Diane

chasseresse, retombaient sur ses épaules dans un désordre charmant...»

Peut-être trouverez-vous qu'Alcofribas ne donne qu'une faible idée de la

beauté qu'il veut peindre, et que ses comparaisons, tirées de la

sculpture et de l'antiquité, sont un peu obscures pour qui n'a jamais

visité le musée du Louvre.

Mes enfants, vous avez raison; mais aucun homme n'est parfait et complet

en toutes choses.

Le vieil Alcofribas avait passé sa vie entière dans l'étude des

sciences, et il avait un peu négligé les lettres.

Le binôme de Newton lui était plus familier que l'éloquence, et les

découvertes paléontologiques de Cuvier et de Geoffroy Saint-Hilaire ne

sont pas la millième partie des choses que ce vieux magicien avait

inventées et publiées dans des livres mystérieux qui furent autrefois

brûlés par les ordres du sauvage Gengis-Khan, et dont le dernier

exemplaire a été découvert il y a six mois, dans les ruines de

Samarcande, par un de mes amis, qui est allé visiter les bords de

l'Oxus.

Oh! si vous saviez les grandes, belles, profondes et mystérieuses

conceptions que contient cet ouvrage admirable, unique jusqu'à présent

dans l'histoire du monde, vous prendriez sur-le-champ le chemin de fer

jusqu'à Strasbourg; de Strasbourg vous iriez à Vienne, en chemin de fer;

de Vienne vous iriez à Constantinople moitié en chemin de fer, moitié

par terre; de Constantinople à Scutari par mer; de Scutari à Damas avec

la caravane des pèlerins de la Mecque; de Damas à Bassorah par chameaux,

à travers les déserts de la Mésopotamie; de Bassorah, qui est sur le

Tigre, à Hérat, à pied, à cheval, en voiture ou en ballon, suivant

l'occasion; de Hérat aux Portes de fer qui gardent l'entrée du Khoraçan;

des Portes de fer à l'Oxus et à Samarcande, capitale du pays de Sogd.

Quand vous aurez fait ce voyage, vous entrerez dans le grand

caravansérail, en prenant bien garde de vous annoncer comme des savants

venus d'Europe, ce qui éveillerait la curiosité et le soupçon.

Vous traverserez le caravansérail dans toute sa longueur, deux fois;

vous le retraverserez deux fois dans sa largeur; vous suivrez une ligne

diagonale entre les deux extrémités les plus éloignées du bâtiment, car

il est de forme irrégulière.

Vous aurez soin, en marchant, de prononcer tous les neuf pas ces deux

mots: _kara, brankara_, qui sont, comme je vous l'ai dit, une formule

magique consacrée; puis vous sortirez du caravansérail, vous suivrez la

première rue à gauche, qui est la rue Râhkhr (Râhkhr, en tartare,

signifie mendiant), vous y trouverez douze vieillards à barbe blanche

qui sont rangés en cercle et assis à terre, les jambes croisées.

Ils cherchent sur la tête et dans les cheveux les uns des autres ce

petit animal qui tourmente si cruellement les mendiants napolitains;

quand ils le tiennent, ils font un geste de satisfaction et l'écrasent

entre les pouces. Ne cherchez pas à leur parler ni à les aider, ce

serait inutile; suivez la seconde rue à droite, la première à gauche, la

troisième à droite, la seconde à gauche, la quatrième à gauche et à

droite.

Là, vous prendrez la première à gauche, et vous vous arrêterez devant

une maison que rien ne distingue de toutes les autres.

N'allez pas plus loin, c'est là.

Vous entrerez dans une allée sombre, vous monterez un étage, vous

enfilerez un long corridor, vous monterez un autre étage, vous entrerez

dans une antichambre qui donne sur un escalier; vous descendrez six

marches, vous frapperez au mur, et vous descendrez encore six marches;

vous en remonterez neuf et vous vous trouverez en face d'une porte

secrète dont vous n'aurez pas la clef.

Ce n'est pas la peine d'aller chercher le portier, il n'y a pas de

serrure.

Vous direz: Ce n'est pas ce que je demande; vous remonterez encore trois

marches, et vous serez dans l'antichambre.

Là, pas un laquais ne viendra recevoir votre chapeau et vos gants, mais

vous verrez une main qui, seule en l'air et détachée de tout corps

visible, vous fera signe avec le doigt de la suivre.

Cette main est noueuse et ridée: on voit qu'elle a beaucoup souffert;

c'est celle du vieil Alcofribas.

Elle vous fera signe d'entrer dans un cabinet poudreux, que le

domestique du vieux magicien vient balayer tous les six cents ans par

ordre de son maître.

Ne vous arrêtez pas à regarder les globes et les cartes astronomiques,

ni la position relative des soleils, chose que vous verrez dessinée sur

le mur; allez droit à la table où la main vous conduit, poussez le

ressort d'une boîte en bois de cèdre.

La boîte s'ouvrira, et vous verrez le fameux manuscrit écrit dans la

langue des anciens Sogdiens, que personne ne parle depuis le règne de

Cyrus.

Vous ferez signe que vous ne comprenez pas.

La main fera signe que vous êtes des imbéciles, vous prendra par le bras

et vous jettera à la porte.

Quand vous serez dans la rue, vous pourrez reprendre la route de Paris,

si bon vous semble, à moins que vous ne préfériez déchiffrer les

inscriptions laissées par le roi Gustasp, il y a trois mille ans, sur

les murs de son palais dont on voit les ruines à Samarcande.

Ici vous me demanderez peut-être à quoi sert un si long voyage, puisque,

après tout, vous ne comprenez pas la langue du vieil Alcofribas.

Mes enfants, vous êtes trop aimables pour que je ne vous dise pas la

vérité tout entière.

A quoi servent toutes les choses de ce monde? A passer, ou, si vous

voulez, à tuer le temps, jusqu'à ce que nous allions tous ensemble en

paradis.

Il y a des gens qui ont fait sept ou huit fois le tour du monde, et qui

n'avaient pas d'autre but que de voir plus tôt le terme des soixante ans

de vie dont le ciel leur avait fait présent.

Croyez-vous que ce ne soit rien que d'avoir vu Strasbourg, Vienne,

Constantinople, Damas, Bassorah, les Portes de fer, Samarcande et la

main du vieil Alcofribas?

Ce voyage ne peut pas durer, aller et retour, moins d'une année.

C'est toujours une année pendant laquelle vous avez eu un désir violent,

une vraie passion, c'est-à-dire ce qui fait vivre et soutient les

hommes; car, faibles créatures que nous sommes, nous n'avons en

nous-mêmes aucun principe de vie.

Tout nous vient du dehors, et Dieu l'a voulu ainsi, pour que nous

eussions sans cesse recours à lui.

Il est temps de laisser ce sujet. Je commence à prêcher, je crois, et

vous, enfants, à bâiller.

Écoutez plutôt l'histoire de notre ami Pierrot.

Elle touche à sa fin, car le vieil Alcofribas dit très-bien:

«Il n'y a rien de plus fade et de plus ennuyeux que la peinture du

bonheur.»

Et Pierrot avait enfin mérité d'être heureux.

Je ne vous ferai pas le récit de sa conversation avec la belle Rosine;

vous sentez bien qu'elle dut être très-intéressante, car tous les deux

avaient autant d'esprit que les anges, et les sujets de conversation ne

leur manquaient pas.

Qu'il vous suffise de savoir que la mère de Rosine fut obligée de venir

les chercher elle-même et de leur rappeler que le déjeuner était servi

depuis plus d'une heure.

Deux jours après, le roi Vantripan arriva, suivi de sa fille, qui avait

voulu assister au mariage de Pierrot, et lui témoigner par là une amitié

sincère.

De son côté, Pierrot dit qu'il ne désirait qu'une occasion de lui

prouver son dévouement, et cette occasion ne tarda guère à se présenter,

comme nous le dirons en son lieu.

Le lendemain, on signa le contrat.

Le père et la mère de Pierrot arrivaient justement des Ardennes par le

chemin des airs, où ils avaient suivi la fée Aurore.

Je laisse à deviner la joie et les embrassements de cette heureuse

famille.

Le mariage se fit dans la maison de la mère de Rosine.

Il y avait pêle-mêle des rois, des princesses du sang, des bourgeois,

des paysans, des soldats, et un évêque, monseigneur de Bangkok, dans le

royaume de Siam, qui donna lui-même la bénédiction nuptiale aux deux

époux.

La fée Aurore présidait toute l'assemblée, et après le repas, grâce à

ses soins, l'orchestre des génies, conduit par le propre chef de musique

du roi Salomon, donna un bal magnifique.

Ainsi finissent les aventures de Pierrot.

«Puissent-elles, dit le vieil Alcofribas, ne pas vous avoir paru trop

longues!»

Je ne vous parlerai pas du reste de la vie de Pierrot, qui fut

extrêmement paisible.

Un seul accident en troubla quelques moments le cours, mais cet accident

n'eut pas de suites fâcheuses.

Le prince Horribilis, impatient de monter sur le trône, fit révolter

contre son père une partie de l'armée.

Vantripan, effrayé, alla se réfugier chez Pierrot, qui le reçut à bras

ouverts, et, sans lui donner le temps de s'expliquer, monta à cheval et

courut au-devant des révoltés.

A sa vue, ceux-ci posèrent les armes et demandèrent grâce. Pierrot leur

pardonna et se fit livrer Horribilis.

Vantripan voulait le faire empaler; mais Pierrot, qui abhorrait les

supplices, et dont le caractère, naturellement généreux, s'était encore

adouci au contact de celui de Rosine, obtint sa grâce et se contenta de

le faire exiler.

Horribilis, à quelques jours de là, fut pris par les Tartares et pendu à

un arbre avec son ami Tristemplète.

Cet événement ne fit de peine à personne.

Deux ans après, Vantripan mourut, laissant le trône à sa fille, qui

voulut confier le gouvernement à Pierrot; mais celui-ci la remercia et

refusa de sortir de sa retraite.

Toutefois, elle venait souvent lui demander conseil, et Trautmanchkof,

l'empereur des Tartares, ayant voulu violer la paix, se retira jusqu'au

fond de ses déserts, sur le seul bruit de la nomination de Pierrot au

commandement de l'armée chinoise.

Ainsi, quoiqu'il ne fût qu'un simple particulier, et qu'il ne voulût pas

être autre chose, il gouvernait en réalité l'empire par ses vertus, son

expérience et son courage.

Il vécut fort longtemps, employant sa fortune, que les libéralités de

Vantripan avaient rendue immense, à fonder des écoles et des

bibliothèques, à construire des canaux, à réparer les grandes routes et

à faire des expériences agricoles dont il publiait le résultat, afin que

tout le monde pût en profiter.

C'est lui qui inventa le drainage, que les Anglais ont retrouvé, il y a

vingt ans, et dont ils se sont attribué le mérite. Il inventa encore

beaucoup d'autres choses qu'on réinventera plus tard sans aucun doute,

et que je ferai connaître au public dès que j'aurai terminé la

traduction du fameux manuscrit d'Alcofribas, qui est caché dans une

vieille maison de Samarcande.

Vous verrez alors, mes enfants, quel homme c'était que Pierrot, et comme

il avait bien profité des leçons de la fée Aurore.

Son nom est resté fort célèbre à la Chine et dans le vaste empire des

îles Inconnues; de là il fut porté en Europe par Plancarpin, qui en

entendit parler, aux environs de Karakorum, et beaucoup de fables se

mêlèrent à l'histoire véridique que je viens de vous conter.

«Ainsi, ne croyez pas, dit le vieil Alcofribas, que Pierrot ait jamais

été glouton, ni poltron, ni menteur, ni pendu, comme le représentent

souvent des bouffons et des farceurs qui n'ont d'autre objet que de vous

faire rire.

«On l'aura confondu sans doute avec de faux Pierrots, indignes de porter

ce nom respectable.

«Pour moi, qui ne cherche que le vrai, je vous assure et vous garantis

que Pierrot a vécu comme un bon citoyen, et qu'il est mort comme un

saint.»

Je vous souhaite, mes amis, de faire la même chose!

FIN

SOCIÉTÉ ANONYME D'IMPRIMERIE DE VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE

Jules Bardoux, directeur.

Histoire fantastique du célèbre Pierrot Écrite par le magicien Alcofribas; traduite du sogdien par Alfred Assollant · 第 12 / 12 段