_Je dis pèlerins_(peregrini) _suivant la plus large acception de ce mot.
Car pèlerin peut s'entendre de deux manières, l'une large et l'autre
étroite. Dans le sens large, quiconque se trouve hors de sa patrie est_
peregrino; _dans le sens étroit pèlerin s'entend seulement de celui qui
s'en va à la maison de Saint-Jacques[2] et en revient.
Il faut donc savoir qu'on appelle de trois manières ceux qui vont au
service du Très haut. On les appelle_ palmieri _quand ils vont dans les
pays d'outremer, d'où ils rapportent souvent des palmes. On les appelle_
peregrini _quand ils vont à la maison de Galice parce que la sépulture
de Saint-Jacques fut plus éloignée de son pays que cette d'aucun autre
des apôtres. On les appelle_ romei _quand ils vont à Rome, là où
allaient ceux que j'appelle pèlerins. Il n'y a pas de divisions dans ce
sonnet parce que la signification en est manifeste_.