Il est intéressant de rapprocher du onzième chapitre de la _Vita nuova_
cette pensée de Vauvenargues, c'est-à-dire d'un contemporain de Voltaire
et de Diderot:
«Quand un jeune homme ingénu aime pour la première fois, tous ceux qui
le connaissent se ressentent de son bonheur. Il tend la main à ceux qui
ont voulu lui nuire, il donne, il pardonne, il réconcilie: son amour
devient pour lui toutes les vertus.»
N'est-ce pas une même inspiration qui a dicté ces lignes au poète
italien et au philosophe français? Et l'on peut se demander si l'un
d'eux n'a pas été le reflet direct de l'autre.