Après que cette noble créature eut été séparée du monde, toute cette
ville demeura comme veuve et dépouillée de tout ce qui faisait son
ornement. Et moi, pleurant encore dans la cité désolée, j'écrivis aux
princes de la terre[1] au sujet de la condition nouvelle où elle allait
se trouver, en partant de cette lamentation de Jérémie: «_Quomodo sedet
sola civitas_...?» Et je le dis pour qu'on ne s'étonne pas que j'en aie
fait le titre de ce qui devait suivre. Et si l'on voulait me reprocher
de ne pas y avoir ajouté les mots qui suivent ce passage, c'est que mon
intention avait d'abord été de ne les écrire qu'en langue vulgaire, et
que ces paroles latines, si je les avais reproduites, n'auraient pas été
conformes à mon intention. Et je sais bien que l'ami à qui j'adressais
ceci préférait également que je l'écrivisse en vulgaire.