Ce légume très estimé, rend des services appréciables en été, en
fournissant un succédané de l'épinard à un moment où il est presque
impossible d'obtenir celui-ci. On consomme les feuilles et les
extrémités des tiges qui sont rampantes, elles constituent un légume de
premier ordre, très recherché. Etant originaire d'un pays à climat plus
chaud que le nôtre, la tétragonie pousse rapidement et vigoureusement
par les fortes chaleurs; ses racines s'étendent presque à la surface du
sol; elle est très avide d'eau et d'engrais. Pour ces derniers, ils
seront composés de façon que l'azote soit dominante, le produit
recherché étant composé de feuilles; toutefois l'acide phosphorique et
la potasse ne doivent pas être négligés, afin d'obtenir quantité et
qualité. La potasse sera donnée sous forme de sulfate de potasse, à
raison de 40 grammes par mètre carré, incorporé au sol, sous ratissage
quelques jours avant la plantation. On y additionne, pour être enterré
en même temps, 60 grammes de superphosphate et 50 grammes de sulfate
d'ammoniaque.
Cette plante est trop peu cultivée par les maraîchers et les amateurs.
Cependant, il existe encore trop souvent des couches et des parties de
plates-bandes, bien exposées, qui restent inoccupées pendant une partie
de l'été, où ce légume se développerait vigoureusement et, produirait
abondamment tout l'été.
La tétragonie est facile à cultiver, elle aime les sols plutôt légers et
très substantiels, c'est pourquoi elle se trouve excessivement bien dans
les couches, après l'enlèvement des primeurs et après application des
matières fertilisantes comme il est dit plus haut. On sème la tétragonie
en février-mars en pots, en serre, en plaçant trois graines par pot, où
sur couche tiède, semée claire et repiquée de préférence en pots, faute
de mieux on peut aussi placer les pots sur la croisée d'une place
chauffée, on peut aussi semer directement en pleine terre fin avril en
poquet à 0.60 de distance. La préparation des plantes, élevées en pots,
est préférable, parce que cette plante souffre beaucoup du repiquage à
racines nues et, de plus, étant cultivée en pots, on peut en disposer en
temps opportun, sans que la végétation en soit contrariée, qu'on les
place définitivement en couche ou en pleine-terre.
Cette plante s'étendant fortement sur le sol, on plante les touffes à 60
centimètres de distance, et on intercale une plante n'occupant pas le
sol très longtemps, comme par exemple: laitue, pourpier, radis,
cerfeuil, cresson. On choisira de préférence un endroit bien exposé au
soleil. Pour la culture en plein air, il est bon de creuser, à l'endroit
que doit occuper chaque plante, un trou de 0.30 en carré que l'on
remplit de terreau. _Comme cette plante ne résiste pas aux fortes
gelées, on ne la confie au sol qu'à la fin de mai_; toutefois si l'on
dispose de cloches ou de châssis-bâches pour recouvrir après plantation,
on peut planter plus tôt. Ces abris jouent un grand rôle dans ce genre
de culture en abritant les plantes au printemps, ce qui contribue
puissamment à un prompt développement.
Les fleurs et les fruits passent presque inaperçus à l'aisselle des
feuilles. Pour la récolte de la graine, il suffit de recueillir les
fruits les plus développés et les faire sécher dans une place chauffée;
chaque fruit renferme plusieurs graines, qui, récoltées sous notre
climat, ne sont pas toutes fertiles; elles le sont d'autant plus que les
plantes auront été cultivées sous verre, où que l'été aura été chaud.
D'autre part, on a préconisé, comme autre succédané de l'épinard,
l'emploi des fanes ou verts de carottes qui en fournissent, paraît-il,
un succulent.
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