~_Berlin_, den 6. 8bre 1842.~
~_Monsieur_,~
~L’année dernière je m’étais rendu à Potsdam pour avoir l’honneur de
vous y faire ma visite. Malheureusement vous étiez malade, vous ne
receviez point; et, plus tard, vous aviez quitté cette résidence.
J’apprends maintenant que vous y êtes revenu; et comme il n’est jamais
trop tard pour acquitter la dette de la reconnaissance, mon coeur cède
au besoin qu’il éprouve depuis longtemps, de vous remercier, avec
éffusion, de toutes les choses bienveillantes que mon faible talent
a inspirées à votre indulgence. Vos suffrages sont si glorieux, ils
honorent, et ils élèvent tellement celui qui en est l’objet, que le
bienheureux artiste les inscrit au premier rang de ses plus beaux
succès, et de ses plus chers souvenirs!~
~Je dis: souvenirs, Monsieur; et ce mot est l’expression de ma pensée
intime; car bientôt, je pense, je quitterai Berlin: j’abandonnerai
cette belle et tranquille capitale, pour laquelle j’avais renoncé aux
succès de Paris, à son fracas, à sa vie dévorante. Oui, bien que la
durée de mon contrat soit encore d’environ trois années, j’en sollicite
en ce moment la résiliation. Je l’obtiendrai facilement puisque
depuis deux ans, depuis la cessation forcée du procès qui m’avait été
intenté, on n’a pas cessé de me pousser à cette pénible résolution
par les passe-droits, et les vexations de toute espèce. On cherche à
m’effacer, on veut m’annihiler en me forçant à jouer sans-cesse des
rôles nuls et mauvais; et en écartant, sous divers prétextes, les
pièces, qui m’offriraient des rôles profonds, ou brillants. On saisit,
on fait naître même toutes les occasions possibles pour me blesser
et m’abreuver de dégoûts. Je n’y puis plus tenir. Ma santé, déjà
mauvaise au printemps dernier, s’est gravement altérée par ces piqûres
de tous les instants. C’est au point que les médecins me conseillent
sérieusement un séjour de quelques mois en Italie. Mais renoncer à
mon contrat dont les appointements font vivre nos familles! C’est là
un parti cruel, désastreux!.. Qu’il faut prendre pourtant; car ma
patience, si longtemps à l’épreuve, est à bout. Je cède; je me retire.
-- Mais pardon, je ne voulais vous parler que de la reconnaissance de
l’artiste, et je m’apperçois que je vous entretiens de ses chagrins.
Hélas! le coeur le l’homme est fait ainsi, ses joies, ou ses douleurs
le débordent toujours.~
~Adieu, Monsieur. Agréez, je vous prie, le voeux que je forme pour
votre chère et précieuse santé. C’est aussi là, sans-doute, votre
ardent et unique souhait. Que pourriez-vous ambitionner de plus?
N’avez-vous pas la bienveillance d’un Roi qui honore tout ce qui est
noble, et grand; qui recherche et récompense le Génie. C’est tout
simple. Il s’y connaît; il est, dit-on, de la famille.~
~Adieu, Monsieur. Adieu encore, car je ne sais si quelques mois du
doux ciel d’Italie me rendront la santé. J’ignore si je pourrai jamais
revenir à Berlin! Je garderais donc le regret que j’emporte: celui de
n’avoir pû me montrer à un juge têl que vous, dans un de ces grands
rôles, un de ces caractères vigoureusement tracés que j’aime tant; et
qu’il ne m’a pas été possible de jouer.~
~Je suis, avec une très-haute, et très-affectueuse considération,~
~_Monsieur_,
Votre très-humble, et
dévoué serviteur,
_Ad. Saint-Aubin_.~
=?Auguste.?=
Brief an Fritz und Tieck.
Ohne Datum.
Du wirst wohl etwas tolle sein,
Und Deine Vernunft ganz klumperklein
Wegen der fatalen Geschichte
Von unserm weltberühmten Fichte.
Darum will ich Dich dispensiren,
Mir vor’s erste wieder ein Briefchen zu schmieren.
Doch sobald Du wieder Vernünftich bist,
(Bis dahin ists wohl noch ’ne ziemliche Frist)
Mußt Du mir wieder einen schreiben,
Und Mein Diener stets treu verbleiben.
Auch ich bin ganz des Giftes voll,
Und auf den alten Kaufmann toll,
Der mir mein Schwesterchen entführt,
Eh’ ich es orntlich lernte kennen,
Ich möchte den häßlichen Menschen verbrennen!
Doch was ist weiter da zu thun?
Man muß in der süßen Erwartung ruhn,
Daß alles sich noch recht glücklich ende,
Und sie, und Du, und Deine Veit
Bei uns bleiben bis in Ewigkeit.
Für’s erste ist es doch noch gut,
Daß Tieck und Du im Sommer kommen.
Daß der Gedank’ euch nur nicht wird benommen,
Sonst würd’ ich Euch entsetzlich schelten,
Und euch auch gleiches mit gleichem vergelten,
Und im Herbst nicht kommen nach Berlin,
Und läse aus Rache auch nicht Tiecks Zerbin!
Drum laßt euch rathen und kommt wie der Wind,
Damit ihr dem Unglück vorbeugt geschwind.
Das muß ich Euch nun betheuern sehr,
Die Unger’n trüg’ ich gleich ins Meer,
Wenn ich an Eurer Stelle wär;
Und wenn ihr meinen Rath befolgt,
So hängt ihr einen Mühlstein an,
Damit sie nicht an’s Ufer kann;
Denn unkraut geht so leicht nicht unter.
Ihr seht, ich bin entzezlich toll
Und ganz des dummen Zeuges voll,
Das macht ich habe Faust gelesen,
Da fuhr in mich sein tolles Wesen.
Nun gute Nacht! es brummt zehn Uhr,
Daß es mir durch alle Glieder fuhr.
Nehmt mir’s nur nicht schief,
Daß ich nicht eher einschlief
Und euch noch erst so ennuyirte;
Es ist gewiß nicht gern geschehn,
Denn eigentlich war’s auf amusement für euch abgesehn.
Und wenn ihr just nicht in der Laune
Seid, das heute zu lesen so laßt’s liegen.
Der Geist davon wird nicht verfliegen.
Nun grüß’ ich euch ins gesammt recht schön
Und werde bald zu Bette gehn.
An _Auguste._
_Friedrich Schlegel_ ich habe würklich sehr geschmiert,
und seinen Busenfreund doch das Blättchen bedarf keiner
_Ludwig Tieck_. äußeren Zierd.
=Bacherer, Dr. G.=
Wäre auch dieser Herr B. der, theils in Wien, theils an andern
Orten als „Publizist“ thätige, Verfasser eines unter dem Titel
„Portefoglio“ erschienenen Buches voll politischer, diplomatischer,
litterarischer und anderer Anekdoten -- oder Unwahrheiten, so
würde dessen Autorruhm schwerlich Veranlassung geben, seinen Namen
unserer Briefsammlung einzureihen. Nachstehende Zeilen sind jedoch
immer ein hübscher Beitrag zur Entstehungsgeschichte gewisser
anonymer Feindseligkeiten gegen Männer wie Tieck. „Ah, Du warst
beschäftiget, Du warst unwohl, und Du hast mich, _Mich,_ der ich
mir einige pikante Notizen für einen höhnischen Journalbericht aus
Dresden bei Dir holen wollte, nicht angenommen? Du hast mir die
Gelegenheit geraubt, Dich in Deiner Häuslichkeit zu belauern, und
dann Witze darüber zu machen? -- Na, warte! Dessen „„werd’ ich
eingedenk seyn!““