II.

~_Berlin_, 24. Août 1840.~

~_Monsieur_,~

~Mr. de Villers qui a bien voulu se charger de s’informer auprès de

vous, des dispositions premières de Monsieur de Lüttichau, m’écrit, en

ce moment, que „le projet obtiendrait l’assentiment de Mr. le Comte, si

la base et les conditions en étaient différentes.“~

~J’écris aujourd’ hui même à Mr. de Lüttichau; et je le prie

de me faire connaître bientôt les diverses modifications, et les

conditions auxquelles, il lui conviendrait d’avoir à Dresde, un bon

théâtre-français.~

~Je suis si désireux de quitter le triste séjour de Berlin, ainsi

que mon gracieux Directeur; que je ferai tous mes efforts pour

concilier mon désir à cet égard, avec les charges très-onereuses, mais

inexorables, d’une troupe à l’etranger.~

~Si, d’aprés la communication de Monsieur de Lüttichau, j’entrevois

une possibilité d’éxécution; je partirai, de suite, pour Dresde; afin

d’arriver plus promptement, et plus sûrement au but. Vous seul pouvez y

conduire. C’est à vous seul que Dresde devra son théâtre-français; s’il

y a lieu ainsi donc, et pour Dieu! prenez-moi par la main, et ne me

quittez pas.~

~Je voudrais finir cette lettre sans vous parler de ma vive gratitude

pour toutes vos bontés; mais elle est trop sincère, et trop sentie,

pour la passer sous silence.~

~Bien que Mr. de Villers ne me donne aucun détail spécial dans sa

lettre; je crois cependant y démêler, que les bonnes dispositions de

Mr. de Lüttichau auraient pour base: _trois mois seulement_ de

service français. Hélas! Ce serait alors une chose impossible; car, que

m’offrirait-il d’indemnité pour trois mois, et comment employer les

neuf autres? C’était déjà trop des quatre mois que je m’étais réservés.

_Privilèges, permissions, recettes_, tout est éventuel dans les

villes voisines. La _moitié_ de la recette est souvent peu de

chose; et les permissions de jouer peuvent même manquer complétement.

Je veux bien courir la chance de ne pas gagner; mais non celle de tout

perdre. A ce propos, je joins ici une note detaillée du personnel et

des frais indispensables d’une troupe à l’Etranger. Elle vous fixera su

la dépense approximative, et vous donnera la mesure du possible et de

l’impossible. Ce dernier mot me chagrinerait beaucoup, mais enfin, Dieu

et Tieck aidants, j’éspère encore et j’attends!~

~Veuillez agréer, et ma haute considération, et es sentiments

empressés et affectueux.~

~_Ad. St. Aubin_,

Behren Strasse _Berlin_.~

Briefe an Ludwig Tieck (1/4) Erster Band · 第 92 / 326 题