Illustration : « J’espère que nous nous quitterons bons amis. »

Le Terrible respira, comme un homme qui sort d’une eau où il a failli

se noyer.

« Je vois que tu es un homme de parole, dit-il.

— Est-ce que tu t’imaginais que je voulais te garder ? lui

répondis-je en riant. Qu’est-ce que j’aurais fait de toi ?

— Oh ! dit le Terrible, un homme est un homme, et chacun aime se

venger. Je t’avais fait bien peur, et j’avais été très-injuste envers

toi. Tu me tenais, tu me lâches. C’est bien.

— Tu ne me lâcherais pas, toi, si tu me tenais, » repris-je à mon

tour.

Le Balazou sourit.

« Il faut baiser la main qu’on ne peut couper, » dit-il.

Je fis ostensiblement, devant lui, garnir nos machines de traits et

de pierres, puis je le mis à terre avec toutes sortes de respects.

Avant de s’en aller, il demanda encore à Bicri s’il voulait entrer à

son service. Décidément le Balazou était entêté. L’archer refusa

tranquillement.

Les aventures du capitaine Magon ou une exploration phénicienne mille ans avant l'ère chrétienne · 第 44 / 51 题