Le Terrible respira, comme un homme qui sort d’une eau où il a failli
se noyer.
« Je vois que tu es un homme de parole, dit-il.
— Est-ce que tu t’imaginais que je voulais te garder ? lui
répondis-je en riant. Qu’est-ce que j’aurais fait de toi ?
— Oh ! dit le Terrible, un homme est un homme, et chacun aime se
venger. Je t’avais fait bien peur, et j’avais été très-injuste envers
toi. Tu me tenais, tu me lâches. C’est bien.
— Tu ne me lâcherais pas, toi, si tu me tenais, » repris-je à mon
tour.
Le Balazou sourit.
« Il faut baiser la main qu’on ne peut couper, » dit-il.
Je fis ostensiblement, devant lui, garnir nos machines de traits et
de pierres, puis je le mis à terre avec toutes sortes de respects.
Avant de s’en aller, il demanda encore à Bicri s’il voulait entrer à
son service. Décidément le Balazou était entêté. L’archer refusa
tranquillement.