Notre navigation fut d’abord facile et heureuse. Je retrouvai sans
peine le cap oriental de Preudayn, puis le cap occidental, puis les
îles de l’Étain. Sortant de là, je reconnus l’archipel d’Armor, la
haute terre rocheuse et les îles minées par les flots. Le bon Hannon
les reconnut aussi.
« Voilà, s’écria-t-il, où j’ai appris à croasser ; et voici, là-bas,
le rocher d’où Jonas et moi nous avons pêché tant de poissons avec
des hameçons d’os. Et voilà l’île où sont leurs prêtresses, l’île de
leurs mystères, où les femmes se peignent le visage de bleu et de
noir, et où ils ont voulu nous raser la barbe avec des rasoirs faits
de coquillages tranchants.
— Ils sont donc les ennemis jurés de toutes les barbes phéniciennes ?
dit Himilcon. Ceux des îles de l’Étain ont déjà nettoyé les mentons
d’Hannibal et de Chamaï.
— Si, dit Hannon, on pouvait leur confier le menton de Bodmilcar....
— Et qu’ils le rasent d’un peu près, interrompit Hannibal, entre les
oreilles et les épaules, à hauteur de la gorge, avec une épée bien
affilée....
— A ce propos, demanda Hannon, que peut être devenu ce Tyrien de
malédiction, après que vous avez eu pendu son Hazaël ?
— Certainement, dit Hannibal, si mon coup d’épée n’avait pas glissé
sur une côte, je l’éventrais aussi sûrement que Joab éventra Abner,
fils de Ner. Mais voilà, j’ai haussé la main en frappant ; je
n’aurais pas dû le faire.
— Qui sait ? observa Chamaï. Nous le rencontrerons peut-être encore ;
mon cœur me dit que nous le rencontrerons, et alors....
— Et alors, dit Hannon, il est à moi et à personne d’autre. La
vengeance sur lui m’appartient, et je ne me laisserai devancer par
personne.
— Excepté par une flèche, grommela Bicri, assis en compagnie de
Guébal et de Dionysos, sur la vergue, à dix coudées au-dessus de
notre tête.
— Ce Bicri, dit Hannon en riant, à force de vivre avec un singe, il
est devenu singe lui-même ! Toujours grimpant, toujours sautant,
toujours perché ! Ses pieds ne touchent plus le pont du navire ! Et
Dionysos ne l’abandonne guère : il perd son temps à baguenauder avec
lui.
— Appelles-tu baguenauder de tirer de l’arc, cria Bicri du haut de
son perchoir, et d’exercer la souplesse de ses membres, et
d’apprendre la culture de la vigne ?
— Par les dieux Cabires, non ! s’écria Himilcon qui traversait le
navire, allant de l’avant à l’arrière. Cultiver la vigne est presque
une aussi bonne action que boire le jus de son fruit.
— Or, çà, toi, Dionysos, dit Hannon, profites-tu un peu des leçons de
Bicri, et sais-tu au moins lire le phénicien ?
— Comment le lui enseignerais-je, exclama Bicri, ne le sachant pas
moi-même ? A-t-on besoin de lire du phénicien pour marcher dans la
montagne, attraper les chèvres sauvages à la course, cultiver un
coteau et mettre une flèche dans la cible à cent pas ? »
Hannon se mit à rire.
« Tu sauras plus tard, Bicri, que le roseau dont on fait les plumes
touche le but aussi droit et de plus loin que le roseau dont on fait
les flèches. Mais puisque tu ne sais pas lire, je te l’apprendrai, à
Dionysos et à toi, si vous voulez.
— Je le veux, dit l’archer. Puisque tu le dis, cela doit être bon. »
A ces mots, il saisit une corde attachée à la vergue et se laissa
glisser sur le pont. Dionysos le suivit par le même chemin, quittant
à regret Guébal qui s’enfuit au sommet du mât.
« Or çà, dit Hannon, je ferai un accord avec vous. Je vous
enseignerai à lire à tous deux, et Bicri m’enseignera le tir de
l’arc.
— Fort bien ! s’écria l’archer enthousiasmé. Je veux qu’en un mois tu
piques ta flèche dans un but pas plus grand que ma main, d’un bout à
l’autre du navire. »
C’est ainsi que se passaient nos journées. Hannon enseignait les
lettres à l’archer et au jeune Phokien. Himilcon dirigeait le navire,
en gémissant sur sa sobriété forcée. Chamaï et Hannibal bâillaient
ensemble, ou jouaient aux osselets. Les deux femmes bavardaient dans
leur cabine et Jonas causait avec Guébal de leurs grandeurs futures.
Nous dépassâmes le cap extrême de Tarsis, et enfin, après un mois et
demi de navigation, je reconnaissais les deux colonnes de Melkarth,
et nous rentrions dans le port de Gadès. L’amiral, Tsiba, toutes nos
connaissances, nous croyaient perdus et noyés. Leur joie fut grande
en nous revoyant tous ensemble, et leur admiration ne fut pas moindre
quand je leur montrai mon chargement d’étain et d’ambre.
Mon premier soin fut de m’enquérir de Bodmilcar. Il avait disparu,
lui et sa troupe, et personne ne put me donner de ses nouvelles.
« Il faut, dis-je à mes compagnons, que ce scélérat ait péri,
massacré dans l’intérieur des terres.
— Ou, me dit l’amiral, qu’il ait trouvé des navires par quelque
fourberie. Dans tous les cas, on a trouvé les débris de deux des
siens à l’embouchure de l’Illiturgis, brisés par la mer ; quant au
troisième, au grand gaoul, il est envolé. Personne ne l’a revu. »
Le jour même de notre arrivée à Gadès, en entrant dans le port, je
voyais Himilcon, impatient, faire des signes d’intelligence à son ami
Gisgon. Je connaissais trop le motif des signaux de l’altéré pilote
borgne et du non moins altéré pilote sans oreilles, pour leur
infliger le supplice de les retenir longtemps à bord. D’ailleurs
dix-huit mois d’un régime aquatique avaient usé la force et la
patience d’Himilcon : il dépérissait, faute d’un arrosage
substantiel. Je le laissai donc aller avec son fidèle ami.
Nous-mêmes, nous n’attendions pas sans impatience une coupe de vin et
un repas tolérable, et la première chose dont s’enquit Hannibal, dès
qu’il fut à terre, ce fut de quelque marchand vendant du vin de
Phénicie. Quant à Jonas, il suivit fidèlement le capitaine, tenant
tout prêts dans sa main quelques sicles dont je l’avais gratifié.
« Pourquoi ne mets-tu pas cet argent dans ta bourse ? lui dis-je.
— A quoi bon ? me répondit-il, il aura plus vite fait de passer de ma
main dans celle du marchand, et du cellier du marchand dans mon
gosier, que si j’avais à le chercher au fond d’une bourse.
— Tu parles bien, trompette ! s’écria Hannibal ; marche derrière moi,
et cherchons quelque endroit où nous régaler. Pour moi, je
t’achèterai, dès ce soir, une tunique magnifique, pour que tu fasses
honneur à ma troupe, maintenant que nous sommes de retour dans des
pays policés. »
Hannon, Chamaï, les deux femmes et moi, nous allâmes souper chez
Tsiba. Quant à Bicri et Dionysos, ils s’étaient sauvés des premiers,
sans attendre ma permission, pour aller vagabonder dans les rues et
dans les jardins qui entourent la ville.
Deux jours se passèrent, pour nous, nous restaurer, et à nous
divertir. Le soir du deuxième jour, comme je remontais sur l’Astarté,
je rencontrai Himilcon et Gisgon l’œil brillant et le teint enluminé.
Un matelot phénicien qui m’était inconnu marchait entre eux.
« Bonnes nouvelles, capitaine ! me cria Himilcon du plus loin qu’il
me vit. Bonnes nouvelles ! Nous avons des nouvelles de Bodmilcar ! »
Dans mon impatience, je courus au-devant d’eux.
« Parlez vite ! m’écriai-je, que savez-vous ?
— Cet homme que tu vois ici, me répondit Himilcon, vient tout droit
des navires de ce scélérat. Voyant à qui il avait affaire, il s’est
enfui. Nous l’avons rencontré à la taverne, fort altéré....
— Et comme nous étions fort altérés nous-mêmes, dit Gisgon....
— Et qu’on ne doit pas laisser un honnête marin souffrir de la soif,
reprit Himilcon, qui titubait légèrement, nous avons fait venir
double ration pour ce garçon. Voilà !
— Mais où est Bodmilcar dans tout ceci ? m’écriai-je, irrité des
lenteurs du pilote ivrogne. Parle donc, et laisse là tes coupes et
tes rations, et ta soif sempiternelle.
— Laisser ma soif ? dit Himilcon. Par les Cabires ! c’est ma soif qui
ne me laisse pas. Mais il faut me donner le temps de dire les choses
comme il faut, si tu veux les apprendre en ordre et convenablement.
— Que Khousor Phtah t’écrase ! m’écriai-je exaspéré. Il est entré
tant de vin dans ta bouche qu’il n’en sortira rien de sensé. Parle,
toi, matelot, et dis-moi d’où tu viens ?
— Il vient du cabaret, de la taverne, comme nous ! » s’écria
Himilcon.
Je fermai la bouche du pilote d’un coup de poing. Il prit le parti de
se taire.
« Je viens, dit le matelot, d’une baie peu fréquentée qui est entre
une île et la côte, cent cinquante stades au sud est.
— La baie de l’Ile-Plate ?
— C’est cela, la baie de l’Ile-Plate.
— Bon. Et les navires de Bodmilcar y étaient ?
— Non ; il n’y avait qu’un seul navire, un gaoul, le Melkarth ; mais
à présent il y a en plus trois galères.
— Et comment cela ?
— Bodmilcar a enrôlé, outre son équipage, des sauvages de Tarsis.
— Tu ne m’avais pas dit cela ! s’écria Himilcon.
— Te tairas-tu, malencontreux ivrogne ! tonnai-je.
— Oui, reprit le matelot, il a un équipage de malfaiteurs, de
déserteurs et d’Ibères qu’il retient de gré ou de force. Par un gros
temps, nos galères avaient relâché dans cette baie, où nous l’avons
rencontré. Il s’est fait passer pour un capitaine marchand venant du
Rhône et a su gagner la confiance de nos commandants ; voilà que,
pendant la nuit, il s’est jeté sur nos équipages sans méfiance, a
massacré une partie des nôtres et fait le reste prisonnier. Il nous a
ensuite proposé de rester avec lui. Quelques-uns ont accepté ; les
autres ont refusé : j’étais de ceux-ci. J’ai pu m’échapper et revenir
à pied le long de la côte, et me voilà. J’irai faire ma déposition au
suffète amiral.
— Depuis combien de temps t’es-tu séparé de Bodmilcar ? demandai-je,
et où se propose-t-il d’aller ?
— Depuis six jours, et il se proposait d’aller chez les Rasennæ
d’abord, et en Ionie après.
— C’est bien, dis-je à cet homme. Je t’engage à mon bord. Mon voyage
est de retourner à Tyr et à Sidon, et si jamais nous rencontrons ce
Bodmilcar....
— Tu peux compter sur moi, s’écria le matelot, et sur mon désir de me
venger de lui. »
Trois jours après, nous partions, complétement ravitaillés et
impatients de revoir notre patrie. Le quatrième jour, comme
l’apercevais déjà Calpé et Abyla, le vent fraîchit, et je dus
louvoyer pour entrer dans la passe. A la tombée de la nuit, j’aperçus
une grande galère qui venait en sens inverse. Je la hélai, mais il
nous était difficile d’approcher à cause du temps. Je détachai alors
une des barques, avec six matelots et Himilcon, pour savoir les
nouvelles. Ma nouvelle recrue, qui revenait de la cale, fut des
premiers à sauter dans la barque et à prendre les rames.
La barque venait à peine de quitter notre bord qu’un homme monta tout
effaré et courut à moi.
« Capitaine, me dit-il, nous avons une voie d’eau.
— Une voie d’eau ! répondis-je stupéfait, et comment cela ?
— Je ne sais, capitaine, me dit le matelot, mais il y a de l’eau là
en bas. »
Je fis allumer une lampe et je me précipitai dans la cale avec deux
maîtres matelots et un timonier. Un spectacle terrible m’y
attendait : l’eau faisait irruption ! Je m’y jetai aussitôt ; j’en
avais jusqu’aux genoux, et elle montait rapidement. La mer était
très-grosse et le navire roulait violemment. Si, dans un quart
d’heure, nous ne trouvions pas la voie d’eau, et si nous ne
réussissions pas à l’aveugler, nous étions perdus sans ressource.
Dans mon angoisse, j’avais saisi un levier, sondant partout et
courant de droite et de gauche. La fatale nouvelle s’était répandue
et de toutes parts on descendait du pont ; mais je renvoyai tout le
monde, ne gardant avec moi que mes trois hommes et le petit Dionysos,
qui s’était faufilé par là et clapotait bravement dans l’eau
jusqu’aux épaules.
Tout à coup, des cris confus, partant du pont du navire, attirèrent
mon attention. Il me sembla distinguer les mots de Melkarth et de
Bodmilcar. Le timonier, debout sur l’échelle, la lampe à la main, se
jeta vivement de côté pour éviter quelqu’un qui se ruait par le
panneau, glissant le long de l’échelle plutôt qu’il ne la descendait.
Je regardai l’homme qui se précipitait ainsi, et à la clarté fumeuse
de la lampe je reconnus Himilcon, nu-tête, les cheveux en désordre et
le coutelas à la main.
Au moment même où Himilcon tombait dans la cale devant moi,
j’entendis au-dessus de ma tête le son de la trompette, des
trépignements confus et la voix éclatante d’Hannibal qui criait :
« Garnissez les machines ! Les archers aux bordages !
— Par tous les dieux ! m’écriai-je, que se passe-t-il ?
— Il se passe, s’écria Himilcon, que le matelot que nous avions
embarqué était un homme de Bodmilcar, que je me suis dégagé de leur
bord le coutelas à la main, que la barque est sauve et que le
Melkarth et deux autres galères manœuvrent pour nous attaquer. »
Himilcon n’avait pas fini que le bruit du combat commença sur le
pont. Nous étions attaqués du dehors, et au dedans nous coulions bas.
« L’homme de Bodmilcar a sabordé le navire ! nous sommes perdus ! »
m’écriai-je.
Himilcon ne put retenir un cri. Un autre cri lui répondit. C’était la
voix de Dionysos qui le poussait.
« A moi ! exclamait le jeune garçon ; j’ai le pied dans un trou, je
coule. »
Au même moment il disparut sous l’eau ; mais au même moment aussi
Himilcon, piquant son coutelas dans l’échelle, criait d’une voix de
triomphe :
« Nous sommes sauvés ! L’enfant a mis le pied dans la voie d’eau ! »
D’un bond le brave pilote fut à l’endroit où l’enfant venait de
disparaître, et plongea. D’un bond aussi je fus à l’échelle et je
criai à pleins poumons :
« Quinze matelots et le charpentier en bas ! »
Illustration : D’un bond je fus à l’échelle.
Himilcon sortit Dionysos de l’eau et le passa à un matelot, qui le
mit à l’échelle. Pour nous, à la clarté des lampes, dans le
clapotement, sans nous soucier du bruit du combat qui continuait
au-dessus de notre tête, nous travaillâmes avec rage, pour aveugler
la voie d’eau que le traître émissaire de Bodmilcar avait percée au
flanc de notre bon navire.
Par la protection d’Astarté nos efforts furent couronnés de succès et
le trou fut bouché d’une manière provisoire. Attendant le moment où
le roulis nous penchait sur un flanc et découvrait l’ouverture, nous
arrivâmes enfin à la fermer. Nous venions de finir, et je remontais
sur le pont quand le bruit du combat cessait. Quelques morts étaient
étendus. L’Adonibal et le Cabire nous flanquaient de droite et de
gauche. Les vaisseaux de Bodmilcar avaient disparu dans la nuit.
« Les misérables ! s’écria Chamaï, furieux. Ils nous échappent encore
cette fois !
— Ces chiens, lâches et méchants, dit Hannibal, n’ont pas osé venir à
l’abordage, et se sont enfuis quand nous avons été à eux. Si je les
tenais sur terre ferme, je les hacherais en petits morceaux à moi
tout seul. »
Hannon, détendant son arc, me dit :
« Dans cette nuit noire, je cherchais Bodmilcar, et si je l’avais
aperçu, je ne l’aurais pas manqué.
— Après moi, dit Bicri. Mais on ne distinguait pas un homme de
l’autre.
— Eh bien, s’écria Himilcon, moi, j’en ai bien distingué un tout à
l’heure à leur bord, et s’ils n’avaient pas été deux ou trois mille
sur moi....
— Deux ou trois mille hommes dans un bateau ! dit Hannibal surpris,
te moques-tu, Himilcon ?
— Oh ! ils étaient bien une demi-douzaine tout de même, reprit
modestement le pilote ; ils étaient bien une demi-douzaine qui se
sont jetés ensemble sur moi. Mais il y en a un que je n’oublierai
pas.
— Et qui donc ? dis-je à mon tour.
— L’homme de Tarsis qui m’a crevé l’œil il y a douze ans ! s’écria
Hirnilcon, éclatant de colère. Oui, lui-même, le vil gueux, il est
avec Bodmilcar ; et je n’ai pas pu le prendre à la gorge, et tout à
l’heure je mordais mon frein, pendant que je bouchais la voie d’eau
creusée par l’abominable coquin que Gisgon et moi avons abreuvé à
Gadès ! Un homme auquel j’ai fait boire du vin d’Helbon ! Du vin à un
sicle la mesure ! Perfidie humaine ! Qui jamais aurait cru cela ? Ce
vin était si bon ! »
Je mis un terme aux doléances du pilote en l’envoyant à son poste. La
bourrasque devenait tempête, et par cette mer furieuse nous avions
dérivé hors de vue de la passe, et nous étions là au hasard,
ballottés dans la nuit, avec un navire avarié qui pouvait refaire de
l’eau d’un moment à l’autre, et sans savoir au juste où nous allions.
Toute cette nuit, personne ne dormit. On se relayait dans la cale
pour écoper l’eau que nous avions embarquée. Enfin la voie d’eau fut
dégagée, et je pus faire consolider et calfater intérieurement les
matériaux qui la bouchaient. Au bout de cinq heures de travail, nous
étions saufs de ce côté. Au jour, nous ne voyions plus la côte, et la
tempête nous chassait devant elle avec une rapidité effrayante. Je
fis lâcher des pigeons, mais ils ne purent se maintenir contre le
vent, qui dépassait en violence tout ce que j’avais vu jusqu’à ce
jour. Je dus renoncer à lutter, et je me laissai chasser par
l’ouragan qui me poussait vers l’inconnu.