Un autre appartement dans le palais.
_Entrent_ HENRI, _prince de Galles_, ET FALSTAFF.
FALSTAFF.--Dis donc, Hal[3], quelle heure est-il, mon garçon?
HENRI.--Tu as l'esprit si fort épaissi à force de t'enivrer de vieux vin
d'Espagne[4], de te déboutonner après souper, et de dormir sur les bancs
des tavernes l'après-dîner, que tu ne sais plus demander ce que tu as
véritablement envie de savoir. Que diable as-tu affaire à l'heure qu'il
est? A moins que les heures ne fussent des verres de vin d'Espagne, les
minutes autant de chapons, à moins que nous n'eussions pour horloges la
voix des appareilleuses, pour cadrans les enseignes de tabagies, et que
le bien-faisant soleil lui-même ne fût une belle et lascive courtisane
en taffetas couleur de feu, je ne vois pas de motif à cette inutilité de
venir demander l'heure qu'il est.
[Note 3: _Hal_. Diminutif de Henri.]
[Note 4: _Sack._ C'est un grand sujet de discussion que de savoir ce
qu'était le _sack_ du temps de Shakspeare, car il n'était pas du temps
de Falstaff d'un usage aussi commun que l'a supposé le poëte. Il paraît
constant que le _sack_ était un vin d'Espagne; l'usage d'y mettre du
sucre donne lieu de croire que c'était un vin sec, comme le mot _sack_
pourrait aussi le faire croire. C'était, selon toute apparence, du vin
de Xérès ou de Pacaret; quelques-uns pensent que le _sack_ était un vin
brûlé et sucré, une espèce de ratafia. Le _sack_ des Anglais aujourd'hui
est le vin des Canaries; on l'appelait alors _sweet sack_.]
FALSTAFF.--Ma foi, Hal, vous entrez dans mon sens; car nous autres
coupeurs de bourses, nous nous laissons conduire par la lune et les sept
étoiles, et non par Phoebus, _ce chevalier errant, blond_[5]. Et je t'en
prie, mon cher lustig, dis-moi un peu, quand une fois tu seras
roi...--Dieu conserve ta grâce (majesté, j'aurais dû dire, car de grâces
tu n'en auras jamais)!...
HENRI.--Comment! pas du tout?
FALSTAFF.--Non, par ma foi, pas seulement autant qu'on en peut avoir à
dire après un oeuf ou du beurre[6].
[Note 5: _That wandering knight so fair._ Paroles tirées probablement de
quelque ancienne ballade sur les aventures du _Chevalier du Soleil_.]
[Note 6: _Not so much as will serve to be prologue to an egg and
butter._ Le nom de _grâces_ se donne également en Angleterre au
_benedicite_ qui précède le repas et aux prières qui se disent à la fin.
Shakspeare le prend ici dans le premier sens; il a fallu, pour conserver
le jeu de mots, y substituer le dernier.]
HENRI.--Eh bien! enfin donc? Au fait, au fait.
FALSTAFF.--Vraiment je veux donc te dire, mon cher lustig, quand tu
seras roi, tu ne dois pas souffrir que nous autres gardes du corps de la
nuit, soyons traités de voleurs qui attaquent la beauté du jour. Qu'on
nous appelle, à la bonne heure, forestiers de Diane, gentilshommes des
ténèbres, les mignons de la lune, et qu'on dise de nous que nous nous
gouvernons bien, puisque nous sommes comme la mer, gouvernés par notre
noble maîtresse la lune, sous la protection de laquelle nous exerçons...
le vol.
HENRI.--Tu as raison, et ce que tu dis est vrai sous tous les rapports:
car notre fortune à nous autres gens de la lune, a son flux et reflux
comme la mer; de même que la mer, nous sommes gouvernés par la lune; et
pour preuve, une bourse résolument enlevée le lundi soir sera
dissolument vidée le mardi matin, gagnée en jurant, la _bourse ou la
vie_, dépensée en criant, _apporte bouteille_. En cet instant, marée
basse comme le pied de l'échelle, nous serons d'un moment à l'autre à
flot aussi haut que le bras de la potence.
FALSTAFF.--Pardieu, tu dis bien vrai, mon garçon.--Et n'est-ce pas que
mon hôtesse de la taverne est une agréable créature?
HENRI.--Douce comme le miel d'Hybla, mon vieux garnement[7]. Et n'est-il
pas vrai aussi qu'un pourpoint de buffle est une agréable robe de
chambre pour prison[8]?
[Note 7: _My old lad of the castle._ Expression souvent employée par les
anciens auteurs, et qui s'était probablement appliquée d'abord aux
satellites du seigneur châtelain: elle fait ici allusion au premier nom
de Falstaff, qui du moins à ce qu'il paraît, s'était d'abord appelé
_Oldcastle_. Sir John Oldcastle avait été mis à mort sous Henri V, comme
partisan des opinions de Wycleff, et soit hasard, soit haine religieuse,
son nom était devenu sur le théâtre celui d'un personnage burlesque,
d'un caractère tout opposé à celui qui fait les martyrs, et
très-différent en effet, à ce qu'il paraît, de celui du véritable
Oldcastle; c'est sous ce travestissement, et comme associé aux désordres
de Henri, que paraît sir John Oldcastle dans une vieille pièce intitulée
_les fameuses victoires d'Henri V, contenant la bataille d'Agincourt_;
et toujours est-il certain que les écrivains jésuites avaient pris texte
de cette tradition théâtrale pour charger de vices la mémoire du
sectateur de Wycleff. Quoi qu'il en soit, Shakspeare, à ce qu'il
paraîtrait, s'empara, selon son usage, du personnage déjà en possession
du théâtre, et lui conserva d'abord son premier nom, ainsi qu'il a
conservé ceux de _Ned_ et de _Gadshill_, autres compagnons de Henri dans
la vieille pièce de la bataille d'Agincourt. Mais ensuite, soit par
respect pour la mémoire d'une victime du catholicisme, soit par égard
pour la famille d'Oldcastle, Elisabeth demanda un changement de nom, et
le vieux camarade du prince de Galles prit alors celui de Falstaff, en
conservant tous les attributs d'Oldcastle, comme le gros ventre, la
gourmandise, etc.]
[Note 8: _Is not a buff jerkin a most sweet robe of durance._ Il est
difficile d'entendre le sens de cette plaisanterie, comme de toutes
celles qui portent sur des usages familiers au temps où l'auteur
écrivait, mais impossibles à retrouver plus tard. _Durance_ signifie
généralement _durée_, _souffrance_, et plus spécialement _prison_: il
paraît aussi que le mot _durance_ avait été donné à certaines étoffes;
le jeu de mots est clair entre ces deux derniers sens du mot _durance_;
mais il n'est pas aussi aisé de comprendre le rôle que joue dans la
plaisanterie du prince le _pourpoint de buffle_, qui est cependant ce
qui choque le plus Falstaff. Le pourpoint de buffle était l'habit des
officiers du shérif: est-ce une manière de les désigner et de les
rappeler à Falstaff, que ses méfaits exposent sans cesse à leur
poursuite? C'était aussi l'habit militaire de la chevalerie. Est-ce une
manière de désigner les chevaliers? sir John l'était.]
FALSTAFF.--Quoi, quoi? Mauvais plaisant, fou que tu es! qu'as-tu donc à
me pincer, à m'épiloguer de cette manière? que diable ai-je affaire à
ton pourpoint de buffle?
HENRI.--Et que diable ai-je affaire, moi, avec ton hôtesse de la
taverne?
FALSTAFF.--Eh! mais tu l'as bien fait venir compter avec toi plus et
plus d'une fois.
HENRI.--Et t'ai-je jamais fait venir toi, pour payer ta part?
FALSTAFF.--Non: oh! je te rendrai justice: tu as toujours tout payé là.
HENRI.--Là et ailleurs aussi, tant que mes fonds pouvaient s'étendre; et
quand ils m'ont manqué, j'ai usé de mon crédit.
FALSTAFF.--Oh! pour cela oui, et si bien usé, que, s'il n'était pas si
clair que tu es l'héritier présomptif....--Mais dis-moi donc, je t'en
prie, mon cher enfant, verra-t-on encore en Angleterre des gibets sur
pied, quand tu seras roi? Et cette grotesque figure, la mère la Loi,
avec son frein rouillé, pourra-t-elle toujours jouer de mauvais tours
aux gens de coeur? Je t'en prie, quand tu seras roi, ne pends point les
voleurs.
HENRI.--Non, ce sera toi.
FALSTAFF.--Moi, oh! bravo. Pardieu je serai un excellent juge.
HENRI.--Et voilà comme tu juges déjà mal; car je veux dire que c'est toi
qui auras l'emploi de pendre les voleurs, et que tu deviendras ainsi un
merveilleux bourreau.
FALSTAFF.--Fort bien, Hal, fort bien: je puis vous dire qu'en quelque
façon ce métier-là s'accorderait avec mon humeur tout aussi bien que
celui de faire ma cour.
HENRI.--Pour être revêtu de quelque emploi.
FALSTAFF.--Certainement pour être vêtu[9]. Le bourreau a une garde-robe
qui n'est pas mince.--Je suis aussi triste qu'un vieux matou, ou qu'un
ours emmuselé.
HENRI.--Ou qu'un lion décrépit, ou bien que le luth d'un amant.
FALSTAFF.--Oui, ou le bourdonnement d'une musette du comté de Lincoln.
HENRI.--Pourquoi pas comme un lièvre, ou comme les vapeurs de
Moorditch[10]?
FALSTAFF.--Tu as toujours les comparaisons les plus désagréables, et tu
es le comparatif en personne le plus maudit... aimable jeune
prince!...--Mais, Hal, je t'en prie, ne me tourmente plus davantage de
ces folies. Je voudrais de tout mon coeur que nous fussions toi et moi
là où l'on achète une provision de bonne renommée. Un vieux lord du
conseil m'a diablement bourré l'autre jour dans la rue à votre sujet,
mon cher monsieur, mais je n'y ai pas fait attention; et cependant il
parlait fort sagement, mais je n'y ai pas pris garde, et pourtant il
parlait sagement, et dans la rue encore.
HENRI.--Tu as bien fait: car la sagesse crie dans les rues, et personne
n'y prend garde[11].
[Note 9: Le Prince. _For obtaining of suits?_ Fals. _Yea, for obtaining
of suits._
Jeu de mots sur le mot _suits_, qui signifie une _requête_ et un
_vêtement complet_.]
[Note 10: _The melancholy of moor-ditch._ _Moor-ditch_ était un fossé
bourbeux qui environnait une partie des murs de Londres, et dont les
exhalaisons occasionnaient, à ce qu'il paraît, une maladie appelée _the
melancholy of moor-ditch_.]
[Note 11: Paroles de l'Écriture.]
FALSTAFF.--Oh! tu as de damnables applications; en vérité, tu serais
capable de corrompre un saint.--Tu m'as fait bien du tort, Hal! Dieu te
le pardonne; mais avant de te connaître, Hal, je ne savais rien de rien;
et aujourd'hui, pour dire la vérité, je ne vaux rien de mieux que ce
qu'il y a de pis. Il faut que je quitte cette vie-là, et je la
quitterai; si je ne le fais pas, dis que je suis un misérable. Il n'y a
pas un fils de roi dans la chrétienté pour qui je veuille me faire
damner.
HENRI.--Jack, où irons-nous demain escamoter une bourse?
FALSTAFF.--Où tu voudras, mon garçon; je suis de la partie. Si je n'y
vas pas, appelle-moi un misérable, et fais moi quelque affront.
HENRI.--Je vois que tu t'amendes bien. Tu passes de la prière au
guet-apens.
(Poins paraît dans le fond du théâtre.)
FALSTAFF.--Que veux-tu, Hal, c'est ma vocation, mon ami; et ce n'est pas
péché pour un homme que de suivre sa vocation.--Poins! Nous allons
savoir tout à l'heure si Gadshill a lié une partie. Oh! si les hommes
étaient sauvés selon leur mérite, quel trou dans l'enfer serait assez
chaud pour lui? C'est peut-être le plus universel coquin qui ait jamais
crié _arrête_ à un honnête homme.
HENRI.--Bonjour, Ned[12].
[Note 12: _Ned_, diminutif d'Edward.]
POINS.--Bonjour, cher Hal.--Que dit M. Remords? que dit sir
Jean-vin-sucré? Jack, comment le diable et toi vous arrangez-vous au
sujet de ton âme, après la lui avoir vendue, le vendredi saint dernier,
pour un verre de vin de Madère et une cuisse de chapon froid?
HENRI.--Sir Jean ne s'en dédit pas; il tiendra son marché avec le
diable, car de sa vie encore il n'a fait mentir de proverbes. Il donnera
au diable ce qui lui appartient.
POINS.--Eh bien, te voilà donc damné pour tenir ta parole au diable?
HENRI.--Il l'aurait été aussi pour avoir friponné le diable.
POINS.--Mais, mes enfants, mes enfants, c'est demain qu'il faut se
rendre dès quatre heures du matin chez Gadshill. Il y a des pèlerins qui
s'en vont à Cantorbéry, chargés de riches offrandes, et des marchands
qui chevauchent vers Londres avec des bourses bien grasses. J'ai des
masques pour vous tous, et vous avez vos chevaux; Gadshill couche ce
soir à Rochester; j'ai commandé le souper pour cette nuit à Eastcheap.
Il n'y a pas plus de danger là qu'à dormir dans vos lits. Si vous voulez
venir, je vous garnis vos bourses de couronnes jusqu'au bord: si vous ne
voulez pas, restez à la maison, et allez vous faire pendre.
FALSTAFF.--Ecoute, Edouard; si je reste ici et n'y vais point, je vous
ferai tous pendre pour y avoir été.
POINS.--En vérité, Côtelettes.
FALSTAFF.--Veux-tu en être, Hal?
HENRI.--Qui! moi, voler! Moi, aller faire le brigand? Non pas moi, sur
ma foi!
FALSTAFF.--Tiens, tu n'as en toi rien d'un honnête homme, d'un homme de
coeur, d'un bon camarade; tu n'es pas sorti du sang royal; tiens, si tu
n'oses pas tenir pour dix schellings[13].
[Note 13: _Thou camest not of the blood royal, if thou darest not stand
for ten shillings._ Jeu de mots sur _royal_ ou _reale_, qui signifiait
aussi une monnaie de la valeur de dix schellings.]
HENRI.--A la bonne heure, je ferai donc, une fois dans ma vie, un coup
de tête.
FALSTAFF.--Voilà ce qui s'appelle parler.
HENRI.--Eh bien, arrive ce qui voudra, je garde la maison.
FALSTAFF.--Sur mon Dieu, s'il en est ainsi, je conspire quand tu seras
roi.
HENRI.--Je ne m'en soucie guère.
POINS.--Sir John, je t'en prie, laisse-nous seuls un moment le prince et
moi; je lui donnerai de si bonnes raisons pour cette expédition, qu'il y
viendra.
FALSTAFF.--A la bonne heure: puisses-tu avoir l'esprit de persuasion, et
lui l'intelligence du profit! afin que ce que tu diras puisse le
toucher, et que ce qu'il entendra, il puisse le croire, et afin que le
prince véritable puisse (par récréation) devenir un faux voleur; car les
pauvres abus de ce siècle ont bien besoin de protection. Adieu, vous me
retrouverez à Eastcheap.
HENRI.--Adieu, printemps passé; adieu, été de la Toussaint.
(Falstaff sort.)
POINS.--Allons, mon bon, doux et gracieux seigneur, montez à cheval
demain avec nous. J'ai une farce à jouer que je ne saurais arranger tout
seul. Falstaff, Bardolph, Peto et Gadshill dévaliseront ces hommes que
nous sommes à guetter. Ni vous, ni moi, n'y serons; et quand ils auront
leur butin, si entre vous et moi nous ne les volons pas à notre tour, je
veux que vous m'abattiez la tête de dessus les épaules.
HENRI.--Mais comment ferons-nous pour nous séparer d'eux au moment du
départ?
POINS.--Quoi! nous ne partirons qu'avant ou après eux, et nous leur
fixerons un rendez-vous, auquel nous serons les maîtres de manquer.
Alors ils s'aventureront tout seuls à faire cet exploit, et ils ne
l'auront pas plutôt accompli, que nous tomberons sur eux.
HENRI.--Oui, mais il est probable qu'ils nous reconnaîtront à nos
chevaux, à nos habits, enfin à toutes sortes d'indices.
POINS.--Bah! d'abord ils ne verront pas nos chevaux, je les attacherai
dans le bois; nous changerons de masques dès que nous les aurons
quittés; et de plus, mon cher, j'ai pour l'occasion, des fourreaux de
bougran dont nous couvrirons nos vêtements qu'en effet ils connaissent.
HENRI.--Mais j'ai peur aussi qu'ils ne soient trop forte partie pour
nous.
POINS.--Oh! pour cela, il y en a deux dont je réponds comme des plus
fieffés poltrons qui aient jamais tourné le dos; et pour le troisième,
s'il se bat plus longtemps que de raison, je renonce au métier des
armes.--Le bon de cette plaisanterie sera d'entendre après les
inconcevables mensonges que nous débitera ce gros coquin, lorsque nous
nous retrouverons à souper: comme quoi il s'est battu avec une trentaine
au moins, quelles parades il a faites, quels coups il a allongés, quels
dangers il a courus; notre divertissement sera de le mettre en défaut.
HENRI.--En bien, j'irai avec toi; va nous préparer tout ce qui est
nécessaire, et puis retrouve-toi ce soir à Eastcheap; j'y souperai,
adieu.
POINS.--Adieu, mon prince.
(Il sort.)
HENRI.--Je vous connais tous; et veux bien pour un temps favoriser les
caprices déréglés de votre oisiveté. En cela je continuerai à imiter le
soleil qui permet quelquefois aux nuages impurs et contagieux de dérober
sa beauté à l'univers, afin que lorsqu'il lui plaira de redevenir
lui-même, le monde, après en avoir été privé, le voie avec plus
d'admiration reparaître tout à coup à travers les noires et hideuses
vapeurs qui avaient paru le suffoquer. Si l'année entière se passait en
jours de congé, les jeux seraient bientôt aussi ennuyeux que le travail.
Mais quand ils ne viennent que de temps à autre, ils reviennent toujours
désirés; rien ne plaît que ce qui n'arrive pas communément. Ainsi quand
je rejetterai ces habitudes déréglées, et que je payerai la dette que je
n'ai jamais reconnue, autant mes promesses auront été au-dessous de ma
conduite, autant je tromperai l'attente des hommes; et telle qu'un métal
brillant sur un fond obscur, ma réforme, dont l'éclat sera rehaussé par
mes fautes, paraîtra plus méritoire, et attirera plus de regards que le
mérite qu'aucune tache ne fait ressortir. Ainsi je veux faillir de
manière à me servir habilement de mes fautes, lorsque ensuite je
regagnerai le temps perdu au moment où on y comptera le moins.
(Il sort.)