A PHILIPPES. LE TÉMOIGNAGE DU SANG

Il avait passé chez les Galates avec l’intention de fonder une église en

Bithynie. L’Esprit l’en détourna; Dieu avait désigné d’autres

missionnaires pour cette province; car, soixante ans plus tard, Pline,

dans son rapport à Trajan, se voyait forcé de reconnaître: «Cette

superstition (la foi chrétienne) a gagné non seulement les villes, mais

encore les bourgades et les campagnes.»

Paul infléchit sa marche vers l’Occident, par la Mysie, suivit la vallée

du Scamandre, longeant les pentes touffues du majestueux Ida, et

descendit jusqu’à la mer.

Il fit halte à Troas, Alexandrie de Troade, port où Jules César, si nous

en croyons Suétone[252], aurait voulu transférer la capitale de

l’Empire, et le ramener ainsi à ses origines orientales. César ne se

doutait point que l’Empire spirituel et indestructible de Rome

partirait, en vérité, du vieil Orient.

[252] _Vie de César._

Pendant son séjour à Troas, Paul fut peut-être l’hôte de Carpos, ce Grec

généreux, chez qui, dans un troisième voyage, il laissa son

manteau[253].

[253] II _Tim._ IV, 13. «Le manteau que j’ai laissé à Troas chez

Carpos, apporte-le.»

Au point de sa course qu’il venait d’atteindre, il pouvait choisir entre

deux voies: ou remonter vers les villes d’Asie, vers Éphèse et Milet, ou

faire voile pour l’Hellade. Il pria le Seigneur de lui montrer son

chemin. Une vision lui répondit. Dans un songe un homme lui apparut,

enveloppé d’une chlamyde et portant un haut chapeau à larges bords. Paul

reconnut un Macédonien, et cet étranger lui disait d’un ton suppliant:

«Passe en Macédoine; viens à notre secours.» Au réveil, Paul raconta le

songe qu’il avait eu; ses compagnons furent unanimes: le Christ les

appelait à évangéliser les Macédoniens.

Ainsi, Paul, au cours de ses missions, n’exécutait pas un plan

rigoureux. Il allait ici ou là selon les possibilités de la route, les

chances de succès, attentif surtout à l’invisible Guide qui marchait

devant lui.

C’est à Troas que surgit, pour la première fois, dans son entourage,

avec le «nous» du récit, un compagnon qu’il avait emmené

d’Antioche[254]: Luc «le médecin bien-aimé[255]», qu’on retrouvera, même

à Rome, auprès de lui. Témoin des gestes de Paul, Luc était qualifié

pour devenir son historien. Il serait vain de certifier quelles raisons

le déterminèrent à s’effacer dans la plus grande partie de sa relation

et à mettre parfois sa personne en évidence. Le «nous» apparaît au

moment où Paul va quitter Troas; mais la manière dont il est introduit

fait entendre que l’auteur, déjà auparavant, voyageait avec l’Apôtre. Il

disparaît une page plus loin, puis revient au chapitre XX, quand Paul,

de nouveau, se rend à Troas; il persiste jusqu’à ce qu’on atteigne

Jérusalem; il reparaît dans le récit de la traversée et du naufrage

devant Malte. On dirait que l’auteur utilise, par instants, un journal

_du bord_, un mémorandum, ses notes immédiates, n’ayant pas eu le loisir

de les fondre avec ses autres documents.

[254] Selon une hypothèse très vraisemblable, car Luc était natif de

cette ville.

[255] _Coloss._ IV, 14.

Du quai de Troas, au bas des portiques où des escaliers sont encore

visibles, Paul leva l’ancre pour commencer la conquête de l’Europe. A

tous égards, il avait le vent en poupe.

Une seule journée de navigation porta le vaisseau près de Samothrace, là

où tombe sur la mer l’ombre du mont fatidique[256]. Au nord-ouest de

l’île, le long des torrents, se cachaient les temples des Cabires,

asiles d’initiations terribles, dont l’idée seule dut suggérer à Paul et

à ses disciples l’aversion d’une présence démoniaque.

[256] La montagne de Samothrace a dix lieues de tour à sa base et

seize cents mètres de hauteur (voir LE CAMUS, _l’Œuvre des Apôtres_,

t. II, p. 210).

Ils abordèrent le lendemain dans la rade de Néapolis (aujourd’hui

Cavalla). A cette ville aboutissait la puissante voie romaine, la via

Egnatia, qui, depuis Dyrrachium, fendait comme un dur sillon l’Illyrie,

la Thrace, la Macédoine.

Paul se dirigea vers Philippes, à trois lieues et demie, derrière le

mont Pangée. Il put faire connaissance avec les paysans macédoniens,

hommes droits, primitifs, dévots. Chez eux, insinue Renan, «un certain

goût de simplicité enfantine préparait les voies à l’Évangile[257]». En

réalité, des gens âpres au travail, tenaces en leurs traditions,

devaient, au contraire, fermer leur porte à une religion qui

déconcertait leurs coutumes et leur imposait un idéal surhumain. La

croissance prompte de l’Évangile n’eut rien d’un fait «humainement

inévitable». Il est prodigieux que le principe chrétien n’ait pas échoué

contre la persistance des vieux cultes, et, plus encore, contre l’esprit

des Mystères. Ceux-ci, offrant un mirage de supériorité morale, de

salut, l’_attrait des réunions secrètes_, ne pouvaient être, en face du

dogme nouveau, qu’une puissance ennemie ou une cause, pour la foi,

d’altération. Parce que les Macédoniens avaient des centres orphiques et

adoraient le dieu Sabazios, Jésus crucifié, chassant tous les autres

dieux, arrivait-il moins comme un intrus, digne de mépris ou exécrable?

[257] _Saint Paul_, p. 140.

Philippes était, depuis Auguste, une colonie de vétérans. Paul aurait

pu, au milieu de gens qui parlaient latin, faire valoir son _jus

civile_. Mais, selon son invariable fidélité, il chercha d’abord un

auditoire israélite.

Les Juifs, en vue de leurs ablutions rituelles, choisissaient des

endroits calmes, à proximité d’une eau courante ou de la mer; ils

faisaient là, d’un simple enclos, un lieu de réunion pour y prier. Cet

oratoire en plein air s’appelait une proseuché.

Le jour du sabbat, Paul, avec Silas et Luc, sortit hors de la ville, et

longea le bord d’une rivière, le Gangitès, «pensant[258]» découvrir

quelque part sur ses berges une pieuse assemblée. Ils trouvèrent, en

effet, dans un parvis rustique, des «craignant Dieu», surtout des

femmes, qui psalmodiaient. Ils s’assirent auprès d’elles et leur

parlèrent du _Royaume_. L’une d’elles avait nom Lydia, car elle venait

de Thyatires, en Lydie; elle était une riche commerçante qui vendait des

étoffes de pourpre. Transportée, elle écouta Paul, et «son cœur s’ouvrit

aux choses qu’il disait». Ce fut d’une simple et merveilleuse douceur.

Elle voulut être baptisée, elle et «sa maison», ses ouvriers, ses

esclaves. Puis elle dit aux missionnaires:

[258] Ce détail suffit à prouver que Luc n’habitait point Philippes et

qu’il connaissait mal la ville et ses environs. Autrement il eût

conduit sans incertitude Paul au lieu de prière.

«Si vous m’avez jugée croyante au Seigneur, entrez dans ma maison et

demeurez-y.»

Ils résistèrent d’abord; elle leur fit une violence suppliante; ils

devinrent les hôtes de Lydia.

Dans le logis d’une marchande de pourpre le christianisme occidental eut

sa première église. La couleur du sang glorieux allait être ainsi

magnifiée; et, à Philippes, sur le sol européen, Paul et Silas allaient

offrir au Christ, en libation, les premières gouttes de leur sang.

Quelques jours après, comme ils retournaient à l’oratoire, une toute

jeune fille vint, sur la route, à leur rencontre, et, tendant ses mains

frénétiques, elle vociférait:

«Ces hommes-là, ils sont les esclaves du Dieu très haut; ils nous

annoncent la voie du salut.»

Ils pressèrent le pas, gênés par la fureur de cet hommage. Elle les

poursuivit, répéta, comme une folle, sa profession de foi. Ils apprirent

qu’elle était une devineresse; elle voyait à distance, expliquait

l’avenir; ses prédictions se vérifiaient. On disait qu’elle avait «un

Esprit python»; elle parlait avec une double voix, comme si une seconde

personne habitait en elle. On lui donnait de l’argent; plusieurs

compères, s’étant associés, exploitaient les prestiges de ce «médium».

Chaque fois que Paul et Silas revenaient, elle recommençait à crier.

Paul comprit que les démons la possédaient; ils reconnaissaient la

mission des Apôtres, de même qu’ils avaient confessé au passage de

Jésus: «Je le sais, tu es le Saint de Dieu[259].»

[259] _Luc_ IV, 34.

Fatigué de ses clameurs, indigné de s’entendre glorifier par les Esprits

impurs, et voulant sauver la malheureuse qui, peut-être, implorait sa

délivrance, Paul s’arrêta, considéra la jeune fille, et, d’une voix

terrible, enjoignit au démon: «Je te l’ordonne au nom de Jésus-Christ;

sors d’elle.»

Le Démon, à l’instant, sortit. Mais, aussitôt, elle perdit ses dons

prophétiques. Ses maîtres s’en aperçurent; elle raconta ce qui lui était

arrivé. Furieux, ils attendirent dans la rue Paul et Silas. Ils les

insultèrent, se jetèrent sur eux, les entraînèrent au palais de justice,

devant les duumvirs ou «stratèges». Ils n’eurent garde d’énoncer leur

vrai grief; la loi romaine était sévère à l’endroit des sorciers. Leur

violence, pour se justifier, allégua un délit d’ordre public:

--Ces Juifs troublent la ville; ils propagent des mœurs que nous,

Romains, nous ne pouvons accepter.

Ils confondaient ou feignaient de confondre ces chrétiens avec les

Juifs. Les Romains octroyaient aux Juifs le libre exercice de leur

culte; mais ils voyaient d’un mauvais œil le prosélytisme des religions

orientales. Les empereurs, et Claude en particulier, se targuaient d’une

fidélité rigide aux dieux nationaux.

Le délit fut prouvé sans peine; la foule se massait autour du tribunal;

des témoins affirmèrent que des étrangers prêchaient une superstition

nouvelle. Les magistrats n’interrogèrent même pas les accusés; Paul et

son disciple gardèrent, semble-t-il, le silence. Ils auraient pu dire:

«Nous sommes citoyens romains»,--car Silas[260] l’était comme Paul. Ils

aimèrent mieux souffrir, contents de ressembler au Christ Jésus.

[260] Son nom avait aussi une forme latine: _Silvanus_.

On les livra aux licteurs qui déchirèrent leurs habits, les fouettèrent

jusqu’au sang. Roués de coups, presque nus, ils furent menés à la

prison. Ils se virent précipités dans une geôle profonde; on serra leurs

jambes meurtries, liées avec des cordes, dans les deux trous d’un bloc

de bois.

Ce cachot était, selon la coutume romaine, une cave suintante, au

plafond bas, sans fenêtre, nauséabonde. Paul et Silas y furent laissés

comme des condamnés à mort; les araignées, les rats et d’autres bêtes

hideuses leur tenaient compagnie. Il y avait pourtant, à l’étage

au-dessus ou à côté, d’autres prisonniers; et ceux-ci, vers minuit,

entendirent des choses étranges.

Les deux hommes enfermés dans la basse fosse chantaient; leurs voix

s’élevaient comme un hymne grave, suppliant et fort; une joie

inexplicable enflait leur psaume. Quel Dieu appelaient-ils du profond

des ténèbres? Soudain, la terre trembla violemment, au point que les

fondations furent secouées. Toutes les portes s’ouvrirent, et tous les

captifs sentirent que leurs chaînes tombaient. Paul et Silas se

trouvèrent debout, les jambes hors des ceps, sans savoir comment. Ils

sortirent dans l’escalier. Le gardien qui dormait en sa loge, sur la foi

des portes verrouillées, s’éveilla au grondement de la secousse; il vit

les cachots ouverts; il crut que les prisonniers avaient fui. Désespéré,

il tira du fourreau son coutelas, et il allait se tuer, quand Paul,

surgissant près de lui, cria d’un ton joyeux, impérieux: «Ne te fais

point de mal; nous sommes tous ici.»

Alors cet homme demanda des torches, et bondit à l’intérieur du cachot.

Il vit les captifs libérés, en prière, les mains étendues; comprenant

qu’un prodige venait de s’accomplir, tremblant, il s’abattit à leurs

pieds, comme s’ils étaient des dieux. L’éclair d’une illumination divine

le foudroya; il obéit à un mouvement dont il ne savait pas encore le

sens. Il les emmena hors de la geôle et leur dit:

«Seigneurs, que dois-je faire pour être sauvé?»

Les Apôtres répondirent: «Crois au Seigneur Jésus-Christ, et tu seras

sauvé, toi et les tiens.» Et ils lui dirent la parole de Dieu, à lui et

à tous ceux qui étaient dans sa maison.

Le geôlier, dans la cour de la prison, lava leurs membres où s’était

collé le sang des plaies. Paul et Silas versèrent sur son front, sur

celui de sa femme et de ses enfants l’eau qui lave toutes les

souillures. Puis ils montèrent à la chambre haute; là, il leur servit à

manger; ils rompirent sans doute ensemble le pain vivant; et il

exultait, avec les siens, d’avoir foi au vrai Dieu.

Cependant, de crainte qu’il ne fût inquiété, les Saints redescendirent

en leur cachot. Mais, dans la soirée, des amis de Paul avaient dû

intervenir auprès des magistrats. Ceux-ci, dès l’aurore, envoyèrent au

gardien les licteurs porter cet ordre:

«Délivre les prisonniers d’hier.»

Le gardien courut annoncer aux deux captifs la bonne nouvelle: «Sortez,

leur dit-il, allez en paix.» Paul voulut parler aux licteurs et ce fut,

après le miracle de la nuit, un autre coup de théâtre:

«Vous nous avez, en public, écorchés, déchirés de coups! Sans jugement

on nous a jetés en prison, nous, _citoyens romains_! Cela ne se passera

pas ainsi. Que les préteurs viennent eux-mêmes et qu’ils nous fassent

sortir d’ici.»

Les préteurs, en apprenant qu’ils avaient traité comme des misérables

deux citoyens romains, s’effrayèrent; ils encouraient, d’après la loi

Porcia, la peine de mort. En hâte, ils allèrent, humblement, s’excuser;

ils libérèrent Paul et Silas, non sans les prier de quitter la ville;

ils avaient trop peur d’un nouvel incident!

Paul et son compagnon refusèrent d’obtempérer aussitôt; ils se rendirent

chez Lydia, virent là tous les frères, les exhortèrent, puis partirent.

Nul historien n’a mis en doute les tribulations de Paul à Philippes.

L’Apôtre, écrivant aux Philippiens, évoque «le combat pour le Christ

qu’ils ont vu jadis en sa personne[261]»; il en parle comme un vétéran

d’un fait d’armes honorable et connu de tous.

[261] I, 30. Voir aussi I _Thessalon._ II, 2.

Mais l’épisode du tremblement de terre, des chaînes qui se délient par

miracle, devait exciter les sarcasmes de l’exégèse incroyante.

Wellhausen a plaisanté sans élégance sur ce fait anormal: vers minuit,

Paul et Silas veillaient; les autres prisonniers veillaient; seul, le

gardien dormait. Le détail, quand on y réfléchit, n’a pourtant rien

d’invraisemblable. Pour des captifs affreusement entravés, étendus sur

des dalles humides ou dans la fange, parmi les vermines, le sommeil

venait lent, inquiet, rompu au moindre bruit. Plus loin, M. Loisy[262],

comme s’il oubliait que la cour de la prison possédait une fontaine, se

demande pourquoi la même eau sert «au gardien pour laver les cicatrices

des missionnaires et au missionnaire pour baptiser le gardien avec sa

famille».

[262] _Op. cit._, p. 643.

Tout esprit de bonne foi éclaircit aisément ces objections puériles.

Deux autres circonstances sont moins nettes. Quand les prisonniers ont

senti se dénouer leurs chaînes, une fois la stupeur passée, que

font-ils? Ne s’élancent-ils pas au dehors, affolés, ou dans l’espoir de

fuir? Le gardien ne paraît aucunement se préoccuper d’eux. Paul, en

pleine obscurité, entend le gardien qui se désespère et veut se percer

de son coutelas. Mais au nom de quelle certitude lui donne-t-il cette

assurance: «Nous sommes tous ici»?

Le narrateur abrège l’essentiel et néglige le reste. Supposer un clair

de lune qui tombait d’un soupirail autour des cachots, ce n’est pas une

solution. Un élément de mystère, une présence de l’Invisible impose sa

nécessité, pour que tout soit explicable. Des Anges sont là. Ils

n’interviennent pas, comme dans l’évasion de Pierre, en conduisant Paul

et Silas hors de la prison. Ils frappent de stupeur les prisonniers, en

sorte que personne ne songe à prendre la fuite. L’Esprit le révèle à

Paul. Le miracle semble surtout d’ordre moral et symbolique. Les chaînes

dénouées figurent la libération des âmes par la foi; et la conversion

brusque du gardien démontre l’efficacité surnaturelle des tourments

qu’ont endurés les serviteurs de Dieu. Le baptême et ce qui suit atteste

la même simplicité ingénue que la scène avec Lydia et l’invitation de

cette bonne âme aux messagers du Christ.

Faut-il s’étonner ensuite si Paul accueille fièrement les licteurs, si,

après s’être tu la veille, il déclare sa qualité de citoyen romain? Paul

agit surtout en vue du plus grand bien; il est tout l’opposé d’un homme

à système. Les mœurs de l’Orient moderne, comme celles des préteurs de

Rome, peuvent ici nous élucider sa conduite. Rien n’est plus normal que

la brutalité des magistrats envers deux étrangers sans défense; dès que

ces fonctionnaires apprendront à quoi ils s’exposaient, leur platitude

égalera leur insolence. Paul et Silas pourraient porter plainte contre

eux; des excuses leur suffiront. Mais Paul y tient; il les veut, pour la

jeune église des gentils qu’une injustice non corrigée scandaliserait,

et, plus encore, pour la suite de sa mission.

Il connaît maintenant, par expérience, la dureté romaine; il va

s’avancer en pays hostile; il exhibe un sauf-conduit dont il ne fera

usage, ailleurs, qu’en des cas extrêmes. Sa véritable identité restera

toujours d’être Hébreu, fils d’Hébreu. Mais, partout, on saura qu’il est

citoyen romain.

En attendant, à Philippes, il a goûté, sous les verges des licteurs, les

prémices du martyre. «J’ai été flagellé trois fois», dira-t-il aux

Corinthiens. La flagellation de Philippes est la seule des trois

mentionnée dans les _Actes_. Il en est une autre pourtant que la

tradition devait consacrer. A Rome, avant qu’on lui tranche la tête,

Paul sera encore déchiré par les verges. Dernière ironie dont son titre

de citoyen se verra flagellé lui-même.

Saint Paul · 第 32 / 56 题