L'histoire de ce petit livre n'est plus ignorée de personne. Les

jésuites, dit M. Michelet, «étaient abattus, écrasés et aplatis en 1830;

ils se sont relevés en 1843, sans qu'on s'en doutât, et non-seulement

ils se sont relevés, mais, pendant qu'on demandait s'il y avait des

jésuites, ils ont enlevé sans difficulté nos trente ou quarante mille

prêtres, leur ont fait perdre terre et les mènent Dieu sait où! «Est-ce

qu'il y a des jésuites?» Tel fait cette question, dont ils gouvernent

déjà la femme par un confesseur à eux, la femme, la maison, la table, le

foyer, le lit... demain ils auront son enfant...

«Tout cela s'est fait très-bien, très-vite, avec un secret, une

discrétion admirables. Les jésuites ne sont pas loin d'avoir dans les

maisons de leurs dames les filles de toutes les familles influentes du

pays: résultat immense... seulement il fallait savoir attendre. Ces

petites filles, en peu d'années, seront des femmes, des mères... Qui a

les femmes est sur d'avoir les hommes à la longue...

«Une génération suffisait: ces mères auraient donné leurs fils. Les

jésuites n'ont pas eu de patience; quelques succès de chaire ou du salon

les ont étourdis. Ils ont quitté ces prudentes allures qui avaient fait

leurs succès. Les mineurs habiles, qui allaient si bien sous le sol, se

sont mis à vouloir travailler à ciel ouvert. La taupe a quitté son trou

pour marcher en plein soleil.

«Il est si difficile de s'isoler de son temps, que ceux qui avaient le

plus à craindre le bruit se sont mis eux-mêmes à crier...

«--Ah! vous êtes là... Merci, grand merci de nous avoir éveillés!...

Mais, que voulez-vous?

«--Nous avons les filles, nous voulons les fils; au nom de la liberté,

livrez vos enfants.»

«La liberté, ils l'aimaient tellement que, dans leur ardeur pour elle,

ils voulaient commencer par l'étouffer dans le haut enseignement...

Heureux présage de ce qu'ils feront dans l'enseignement secondaire!...

Dès les premiers mois de l'année 1842, ils envoyaient leurs jeunes

saints au Collège de France pour troubler les cours.»

Les premiers troubles dont parle M. Michelet furent promptement

apaisés... L'indignation du public effraya ces braves; peu organisés

encore, ils crurent devoir attendre l'effet tout-puissant du libelle _le

Monopole universitaire_, que le jésuite D... écrivait sur les notes de

ses confrères, et que M. Desgarets, chanoine de Lyon, a signé en avouant

qu'il n'en était pas l'auteur.

Cette année, au mois d'avril, les troubles ont recommencé. Deux

professeurs, MM. Michelet et Edgar Quinet, osaient se permettre de

parler des jésuites dans leurs chaires. Les jésuites accoururent en

masse, et essayèrent d'étouffer la voix des professeurs, non-seulement

par des sifflets, mais par des _bravos_. Le véritable public s'empressa

de jeter à la porte ces insolents perturbateurs; la presse entière (sauf

le journal des jésuites) prit fait et cause pour la liberté de

discussion. De nouvelles tentatives de désordre furent immédiatement

réprimées par les amis et les élèves de MM. Michelet et Quinet, les deux

éloquents professeurs purent continuer leurs leçons sur le jésuitisme,

et «ces nouveaux missionnaires de la liberté religieuse se retirèrent,

dit M. Edgar Quinet, la rage dans le coeur, honteux de s'être trahis au

grand jour, et prêts à se renier, comme en effet ils se sont reniés dès

le lendemain.»

Reproduites en partie par les journaux de toutes les opinions, les

leçons de MM. Michelet et Edgar Quinet viennent d'être réunies et

publiées en un petit volume in-18, du prix modeste de 2 francs. Trois

éditions, épuisées en moins d'un mois, prouvent quel vif désir la France

entière a d'apprendre à bien connaître les jésuites, pour être plus sûre

de pouvoir en toute occasion les démasquer et les confondre, et les

enfoncer seuls, selon les expressions de M. Michelet, dans cet enfer de

boues éternelles où ils voudraient l'entraîner avec eux.

Depuis leur dernière défaite, la situation a changé: les jésuites ont

publié à Lyon leur second pamphlet intitulé: _Simple coup d'oeil_. Ce

pamphlet, tout autre que le premier, est plein d'aveux étranges que

personne n'attendait. Il peut, dit M. Michelet, se résumer ainsi:

«Apprenez à nous connaître, et sachez d'abord que dans notre premier

livre nous avions menti... Nous parlions de _liberté d'enseignement_,

cela voulait dire que le clergé doit seul enseigner; nous parlions de

_liberté de la presse_... pour nous seuls. «C'est un levier dont le

prêtre doit s'emparer.» Quant à _la liberté industrielle_; «S'emparer

des divers genres d'industrie, c'est un devoir de l'Église.» _La liberté

des cultes_ «N'en parlons pas, c'est une invention de Julien

l'Apostat... Nous ne souffrirons plus de mariages mixtes; on faisait de

tels mariages à la cour de Catherine de Médicis, la veille de la

Saint-Barthélémy!»

«Qu'on y prenne garde: nous sommes les plus forts. Nous en donnons une

preuve surprenante, mais sans réplique: c'est que toutes les puissances

de l'Europe sont contre nous... Sauf deux ou trois petits États, le

monde entier nous condamne.»

«Chose étrange, ajoute M. Michelet, que de tels aveux leur soient

échappés! Nous n'avons rien dit de si fort. Nous remarquions bien dans

le premier pamphlet des signes d'un esprit égaré; mais de tels aveux, un

tel démenti donne par eux-mêmes aujourd'hui à leurs paroles d'hier!...

Il y a là un terrible jugement de Dieu... Humilions-nous.

«Voilà ce que c'est que d'avoir pris en vain le saint nom de la liberté;

vous avez cru que c'était un mot qu'on pouvait dire impunément quand on

ne l'a pas dans le coeur. Vous avez fait de furieux efforts pour

arracher ce nom de votre poitrine, et il vous est advenu comme au saint

prophète Balaam, qui maudit, croyant bénir; vous vouliez mentir encore,

vous vouliez dire _liberté_, comme dans le premier pamphlet, et vous

dites: _meure la liberté!_ Tout ce que vous avez nié, vous le criez

aujourd'hui devant les passants!»

_De l'organisation et des attributions des conseils-généraux de

département et des conseils d'arrondissement_; par M. J. DUMESNIL,

avocat aux Conseils du roi et à la Cour de cassation, membre du

conseil-général du département du Loiret; troisième édition, entièrement

refondue et mise en rapport avec l'état actuel de la législation, de la

jurisprudence et des instructions ministérielles. 2 vol. in-8.--Paris,

1843. _Charpentier_ (galerie d'Orléans, 7). 14 fr.

Le 22 décembre 1789, l'Assemblée constituante décréta une nouvelle

division du royaume en départements, tant pour la représentation que

pour l'administration. Chaque département fut partage en _districts_;

chaque district en _cantons_; chaque canton en _Municipalités_. Cette

nouvelle division du territoire entraîna nécessairement la création de

nouveaux agents administratifs. En fondant les départements, le même

décret établit au chef-lieu de chacun d'eux une assemblée administrative

supérieure, sous le titre d'_administration de département_; une

assemblée administrative inférieure fut également établie au chef-lieu

de chaque district, sous le titre d'_administration de district_. Telle

a été la première origine des _conseils-généraux_ et des _conseils

d'arrondissement_, dont le savant commentaire publié par M. J. Dumesnil

a pour but de nous faire connaître l'_organisation_ et les

_attributions_.

Depuis 1789 jusqu'en 1838, les assemblées administratives créées par

l'Assemblée constituante ont subi à plusieurs reprises des modifications

importantes. Avant d'exposer les règles tracées par les lois du 22 juin

1833 et du 10 mai 1838 pour l'organisation des conseils-généraux de

département et des conseils d'arrondissement, M. J. Dumesnil a donc

réuni et analyse, dans un chapitre préliminaire, les dispositions

législatives, les anciennes lois, les décrets et les arrêtés du

gouvernement, qui se rattachent à l'existence de ces assemblées; en un

mot, il a refait leur histoire théorique.

Les deux titres de l'ouvrage de M. J. Dumesnil indiquent sa division

principale: la première partie comprend l'organisation des

conseils-généraux de département et des conseils d'arrondissement; la

deuxième partie, de beaucoup la plus longue, est entièrement consacrée à

leurs attributions.

Dans la première partie, M. J. Dumesnil commente, article par article,

la loi du 22 juin 1833; il expose, discute et résout les principales

questions que son application peut faire naître; Il cherche les motifs

des décisions dans l'exposé des motifs et la discussion aux Chambres,

dans les arrêts, en forme d'ordonnances royales, du conseil d'État, dans

les arrêts ou jugements des cours et tribunaux ordinaires, et enfin dans

les circulaires ministérielles. Cette première partie se termine par le

commentaire de la loi relative à l'organisation particulière du

conseil-général et des conseils d'arrondissement du département de la

Seine.

La seconde partie se divise en cinq titres. Le titre 1er traite des

attributions des conseils de département. Or, ces attributions étant de

deux sortes, c'est-à-dire sous l'autorité du pouvoir législatif et sous

l'autorité du roi, le titre premier se subdivise lui-même en deux

sections.

La première section du titre premier de la seconde partie énumère donc

toutes les attributions que les conseils de département sont chargés

d'exercer sous l'autorité de la puissance législative, et qui se

rapportent à la répartition des contributions foncière, personnelle et

mobilière, et des portes et fenêtres; au cadastre, au recensement des

personnes et des propriétés; aux changements de circonscription des

départements, arrondissements et communes; aux impôts et emprunts dans

l'intérêt du département, etc.

La deuxième section comprend toutes les attributions placées sous

l'autorité du roi, telles que celles que le conseil exerce dans

l'intérêt du département, considéré comme personne civile; les règles

d'administration du domaine départemental; les travaux d'utilité

publique qui concernent, soit les bâtiments, soit les voûtes

départementales, soit les chemins vicinaux de grande communication, et,

en général, tous les travaux sur lesquels les conseils-généraux doivent

délibérer ou donner un avis; les attributions relatives aux prisons

départementales, aux enfants trouvés et abandonnés, aux dépôts de

mendicité, aliénés et voyageurs indigents; le vote; du budget des

diverses recettes et dépenses départementales; les règles applicables à

la comptabilité de ces dépenses; les avis sur demandes d'établissements

publics, etc.; les voeux sur l'état et les besoins du département, etc.

Après ces attributions générales, viennent celles relatives à

l'instruction primaire. Enfin, le dernier chapitre de cette importante

section du titre premier est consacré à la tenue des assemblées, aux

pouvoirs du président, aux fonctions du secrétaire, à la forme, à la

rédaction et à l'impression des procès-verbaux, à l'analyse des votes,

etc.

Le titre II explique les rapports du préfet avec le conseil-général, et

l'autorité des ministres relativement aux actes de cette assemblée.

Le titre III ne traite que des attributions des conseils

d'arrondissement.

Dans le titre IV, M. J. Dumesnil passe en revue les fonctions

individuelles inhérentes à la qualité de conseiller de département et

d'arrondissement; il se demande si ces conseillers sont fonctionnaires

publics.

Le titre V et dernier règle le rang et la préséance des conseils de

département et d'arrondissement dans les cérémonies publiques, et

détermine les prérogatives attachées par les lois à la qualité de membre

d'un conseil-général.

Cet important ouvrage, terminé par une table analytique et raisonnée des

matières, a paru pour la première fois en 1837. A cette époque, le

projet de loi sur les attributions des conseils-généraux et

d'arrondissement n'avait pas encore été adopté. Dès que la loi du 10 mai

1838 fut promulguée, M. J. Dumesnil en fit paraître un commentaire avec

la seconde édition. La troisième édition qu'il publie aujourd'hui est un

ouvrage presque entièrement nouveau. D'une part, cinq années d'épreuves

ont fixé définitivement la législation départementale; d'autre part,

depuis 1838, des lois importantes ont étendu le cercle des affaires

soumises aux conseils-généraux; enfin, une étude plus approfondie de la

matière et dix années d'expérience acquise en prenant part aux travaux

du conseil-général du Loiret, permettaient, à M. J. Dumesnil de faire à

son travail primitif de notables améliorations.

_Vies des hommes illustres de Plutarque_, Traduction nouvelle, par

ALEXIS PIERRON. 1 vol. in-18.--Paris, 1843. _Charpentier_, 3 fr. 50 c.

(L'ouvrage complet, formera quatre volumes.)

Plutarque a été souvent traduit en français. Amyot s'est immortalisé par

sa traduction; malheureusement, si naïf, si coulant, si élégant qu'il

soit, son style a un peu trop vieilli pour être facilement entendu du

vulgaire; et, d'ailleurs, Amyot, dont l'ouvrage restera comme un des

grands monuments primitifs de la langue française, a souvent substitué,

sans le vouloir, sa propre pensée à celle de Plutarque. Meziriae, qui

comptait dans sa traduction 2,000 contre-sens, essaya de la refaire;

mais il mourut au début de son travail. L'abbé François Tallemant, son

contemporain, fut plus heureux, ou, si l'on veut, plus malheureux, car

Boileau lui a fait une triste réputation. Dacier, qui lutta ensuite avec

ce rude jouteur, était un homme d'un profond savoir, qui ne laissa rien

ou presque rien à faire, pour l'interprétation du sens, à ses

successeurs, mais qui ne savait pas écrire en français. L'abbé Ricard

vint ensuite, et, bien qu'il se montrât fort inférieur à Dacier, et par

la science et par le style même, sa traduction obtint un certain succès;

elle a même eu plusieurs fois les honneurs de la réimpression. M. Alexis

Pierron, le traducteur (couronné par l'Académie) d'Eschyle et de la

métaphysique d'Aristote, a donc cru qu'une traduction nouvelle du grand

ouvrage historique de Plutarque pouvait n'être pas de trop, même après

quatre autres, surtout après celle qu'où estime le plus aujourd'hui. Le

travail qu'il offre au public n'a, du reste, nulle pretenion

scientifique; son dessein n'est pas d'inventer Plutarque, mais de le

reproduire. C'est sur la traduction proprement dite qu'a porté

principalement, presque uniquement son effort. Il n'a rien négligé «pour

retracer aux yeux, autant qu'il était en lui, une image complète et

fidèle, et qui put, non point tenir lieu de l'original, mais le rappeler

suffisamment à ceux qui le connaissent et donner à ceux qui ne l'ont pas

vu une idée vraie de son port et de sa physionomie.»

_Histoire civile, morale et monumentale de Paris_, depuis les temps les

plus reculés jusqu'à nos jours; par J.-L. BELIN ET A. PUJOL. 1 vol.

in-18 de 600 pages.--Paris, 1843. _Belin-Leprieur_. 3 fr. 50 c.

Cette histoire de Paris est beaucoup plus monumentale que civile et

morale. Peut-être serait-il à désirer que MM. J. Belin et A. Pujol

eussent donné moins de détails sur les édifices publics et se fussent

occupés plus longuement des coutumes, des moeurs et des événements

politiques. Si incomplète qu'elle nous semble à cet égard, leur

compilation pourra satisfaire, sous d'autres rapports, un grand nombre

de ses lecteurs, et elle suppléera, dans certaines bibliothèques, le

grand ouvrage de Dulaure.

Modes.

[Illustration.]

Si Paris, en ce moment, semble voué à la simplicité et presque à

l'indifférence, en revanche, à Bade, Spa, Aix en Savoie, et en quelques

autres lieux privilégiés, on mène élégante et joyeuse vie. Nous recevons

des lettres qui ne parlent que de bals, de fêtes, promenades et

toilettes.

Ces toilettes, nous avons pu les voir chez les habiles faiseuses; mais

qu'est-ce qu'un costume, si charmant qu'il soit, si on ne le voit que

dans la psyché d'un atelier? Ce n'est là qu'une apparence trompeuse,

sans réalité et sans vie. Le caprice et le goût modifient, transforment

et animent les plus heureuses intentions selon les lieux et les

circonstances.

«Dans une promenade aux ruines du vieux château de B..., madame la

comtesse de L.... portait une robe de batiste à raies bleues et

blanches; le corsage était demi-décolleté en coeur, jusqu'à la ceinture;

des pattes en étoile, bordées d'une petite passementerie, rattachaient

en échelle et s'élargissaient en montant, laissant voir à demi un fichu

de mousseline plissée à très-petit col de dentelle. Les manches, justes

à jockey, étaient ornées de sous-pattes pareilles à l'ornement du

corsage. Un chapeau de paille d'Italie avec une plume blanche couchée

sur la passe, et un châle de mousseline tarlatane complétaient ce

costume champêtre.»

Une dame russe, qui porte les modes parisiennes avec une grâce

charmante, avait une robe de taffetas d'Italie glacé, caméléon, en forme

de redingote ouverte, bordée d'un plissé en ruban, sur une robe montante

en mousseline à deux volants très-peu froncés. Les manches de la

redingote, demi-longues et bordées du même plissé, laissent passer les

manches de la robe de mousseline. Ajoutez une écharpe de barége,

imprimée à dessins de cachemire, et une fraîche capote de crêpe blanc,

ornée d'une branche de fleurs. On voit aussi des robes de barége à

grands plis, simulant deux ou trois jupes, des chapeaux de paille de riz

avec plumes, beaucoup de capotes à passes de paille et fond d'étoffes

ornées de guirlandes de fleurettes. Mais on ne porte plus de ces

chapeaux enrubannés avec tuyautés, frisés et bordures de rubans; tout

cela est passé à l'état de mode vulgaire. Les chapeaux simples en

paille, ont un ruban croisé et la voilette d'Angleterre.

Comme on le voit, la mode n'est pas délaissée, et, pour changer de place

elle n'en est pas moins brillante et moins suivie.

Ici nous avons vu à une représentation de _la Péri_ une charmante

toilette, et nous savons trop bien ce qu'on doit à l'élégance parisienne

pour la passer sous silence. La coiffure, en crêpe rose, était ornée

d'une petite plume saule qui voltigeait autour du visage et

l'accompagnait gracieusement. La robe de pékin d'été, feuille de rose,

surmontée d'un corsage décolleté, avait un revers à châle bordé de biais

en crêpe lisse; la même garniture était posée sur la jupe en tablier;

les manches courtes étaient couvertes de biais. Un gros bouquet

d'oeillets roses et blancs ornait le corsage, et venait ajouter sa

fraîcheur naturelle à cette toilette déjà si fraîche.

Aujourd'hui notre dessin représente un costume qui peut être considéré

comme type exact des modes de cette saison: c'est une robe de barége à

deux grands volants brodés en laine, à festons mats. Le chapeau est en

paille de riz, orné d'une guirlande de fleurs. C'est la toilette de

promenade du matin à la ville.

Amusements des sciences.

SOLUTION DES QUESTIONS PROPOSÉES DANS LE DERNIER NUMÉRO.

I. Faites retrancher 1 du nombre pensé, et multipliez le reste par un

nombre quelconque; faites encore retrancher 1 du produit, et ajouter au

reste le nombre pensé; enfin, demandez le nombre qui provient de cette

opération et ajoutez-y votre multiplicateur augmenté de l'unité; le

nombre cherché sera égal à la somme obtenue divisée par ce même

multiplicateur augmenté de 1.

Supposons, par exemple, que 7 soit le nombre pensé et que 5 soit le

multiplicateur dont on fait choix; 7 diminué de 1 donne 6, qui,

multiplié par 3, produit 18. En diminuant 18 de 1, ce qui donne 17, et

en augmentant le reste de 7, on a 24; 24 augmenté de 3 plus 1 donne 28,

qui, divisé par 4, donne pour quotient le nombre cherché, 7.

II. Faites prendre une carte par une personne qui la gardera après

l'avoir choisie sans vous la montrer. Ensuite, s'il s'agit d'un jeu

complet de 52 cartes, donnez à chacune de ces cartes la valeur qu'elles

marquent, en numérotant 11 le valet, 12 la dame et 13 le roi. Puis,

comptant successivement les points de toutes les cartes, vous ajouterez

les points de la seconde à ceux de la première, ceux de la troisième à

ceux de la seconde, et ainsi de suite, en retranchant toujours 13 dès

que vous arrivez à un nombre plus fort, et en gardant le reste pour

l'ajouter à la carte suivante. On voit qu'il est inutile de compter les

rois qui valent 13. S'il reste quelques points lorsque l'on a terminé,

on ôte ces points du 13, et la différence marque le nombre des points de

la carte qui a été enlevée du jeu. Ainsi, si le reste est 11, ce sera un

valet qu'on aura tiré; si le reste est 12, ce sera une dame; s'il ne

reste rien (ou 13), ce sera un roi.

Si l'on veut se servir d'un jeu composé seulement de 32 cartes, on

donnera la valeur 1 à l'as, 2 au valet, 3 à la dame, 4 au roi, et ou

opérera comme ci-dessus, sauf les modifications suivantes: d'abord on

retranchera constamment les 10 au lieu des 13; ensuite on ajoutera 6 au

dernier nombre obtenu, et cette somme étant retranchée de 10 si elle est

moindre, ou de 20 si elle surpasse 10, le reste sera le nombre de points

de la carte qu'on aura tirée; de sorte que s'il reste 2, ce sera un

valet; 3, ce sera une dame; 4, un roi, etc.

Si le jeu de cartes était incomplet, il faudrait ajouter à la dernière

somme le nombre des points de toutes les cartes manquantes, après qu'on

aurait ôté de ce nombre 10 autant de fois que possible; et on opérerait

sur le nouveau résultat comme ci-dessus.

[Illustration (caricature): Un tiroir difficile.]

NOUVELLES QUESTIONS A RÉSOUDRE.

I. Un mulet et un âne faisant voyage ensemble, l'âne se plaignait du

fardeau dont il était chargé. Le mulet lui dit: «Animal paresseux, de

quoi te plains-tu? si tu me donnais un des sacs que tu portes, j'aurais

le double de ta charge; mais si je t'en donnais un des miens, nous en

aurions seulement autant l'un que l'autre.» On demande quel était le

nombre de sacs dont l'un et l'autre étaient chargés?

II. Deviner la carte que quelqu'un aura pensée, sans la tirer, parmi 21

cartes différentes.

SOLUTION DU PROBLÈME N° 4, CONTENU DANS LA DIX-NEUVIÈME LIVRAISON.

BLANCS.

1. Le P du F du R un pas: échec.

2. Le C à la sixième case du R.

3. Le P du F du R, un pas.

4. Le C à sa septième case: échec

5. Le P de la T, un pas: échec et mat.

NOIRS.

1. Le R à la quatrième case de sa T.

2. Le P du C du R, un pas.

3. Le P du C du R, un pas.

4. Le R à la quatrième case de son C.

[Illustration.]

N° 5.

LES BLANCS FONT MAT EN TROIS COUPS.

_(La solution à vue prochaine livraison.)_

Rébus.

EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS.

La vanité des petits autorise l'orgueil des grands.

[Illustration: nouveau rébus.]

End of Project Gutenberg's L'Illustration, No. 0024, 12 Août 1843, by Various

L'Illustration, No. 0024, 12 Août 1843 · 第 7 / 7 段