faire assaut de paroles avec vous, car votre persistance
inexplicable dans une résolution qui nous afflige tous deux, me
paraît être une sorte de monomanie inquiétante. J'en attribue la
cause aux épreuves que vous avez subies, aux défaillances de votre
organisation trop impressionnable. Mais je ne puis supporter en
silence de vous voir ainsi sacrifiée à une fausse et maladive
interprétation de vos devoirs: il n'est pas un homme de coeur,
Alice, qui ne pensât et n'agît comme moi: permettez-moi de vous le
dire, si la noblesse et la pureté angélique de vos pensées excite
mon admiration, votre résignation aveugle, fatale, excite ma pitié
et me désole! Pardonnez-moi, Alice, je n'ai pu me taire! Ce que je
viens de dire vous a-t-il paru excessif?
--Non, M. Allen, répondit tristement Alice, vous ne m'avez ni
surprise ni offensée. Je suis très-sensible à l'opinion d'autrui, et
c'est là une de mes plus dures épreuves. Il ne me paraît pas étrange
qu'on ne me comprenne pas.--Non, on ne me comprend pas.
--Vous croyez donc que je ne vous comprends pas, moi? demanda Allen
avec une certaine émotion.
--Cher M. Allen il vous est impossible de savoir toutes les pensées
d'une pauvre enfant comme moi: j'ai mes idées, mes opinions qui
restent incomprises, ignorées par tout le monde, même par vous.
--Dites-moi donc, jeune lady, les motifs du refus que vous opposez à
ce gentleman, interrompit une voix grave mais bienveillante.
Les deux amoureux eurent un tressaillement de surprise et de
confusion, en apercevant Mallet et un autre gentleman qu'Allen
reconnut sur-le-champ quoiqu'il ne l'eût vu qu'une fois.
--Pardonnez ma brusque arrivée, miss Newcome, continua le nouveau
venu. Excusez-moi M. Allen--c'est votre nom, je crois;--mais je
remplis, à cette heure, une mission qui ne souffre aucun retard. M.
Mallet pourra vous expliquer plus au long ce dont il s'agit; quant à
moi, je me bornerai à vous dire que je viens prendre en main la
tutelle de cette jeune personne et le débarrasser de cette charge.
Ici M. Mallet ne put réprimer une grimace de dépit.
--Ma nièce veut-elle accepter la protection de son oncle? poursuivit
l'étranger en prenant affectueusement la main de la jeune fille.
--Oh! oui, je le déclare! dit vivement mistress Wyman qui, au bruit
de ces voix nouvelles, intervenait avec une lampe.
--Comment allez-vous, madame? lui demanda l'étranger. Vous ne m'avez
pas oubliée ce que je vois, bien que je vous aie apparu, puis, que
j'aie disparu d'une façon mystérieuse pour laquelle je vous offre
toutes mes excuses. Mais, comme dit mademoiselle ma nièce, on a
quelquefois des raisons que tout le monde ne connaît point, ha! ha!
--Veuillez vous asseoir, gentlemen, reprit mistress Wyman: j'ignore
votre nom, sir; mais je suis ravie de vous voir, puisque vous êtes
un ami d'Alice.
--Mon nom est Carleton, madame,--sir Deming Carleton dans mon
pays,--Carleton tout court, aux États-Unis. Je vous remercie, je
m'asseoirai volontiers.
--Bonsoir, dit Allen, du seuil de la porte.
--Non, je vous demande pardon, je ne suis point encore prêt à vous
dire bonsoir, M. Allen, répliqua vivement sir Deming en se levant et
retenant le jeune homme: Veuillez rester, sir, vous ne devez
nullement craindre d'être de trop, en un lieu où votre présence est
si désirable, ajouta-t-il en lançant un regard à Alice près de
laquelle il plaça une chaise.--Maintenant M. Mallet, veuillez
expliquer à cette jeune lady, la mission que nous venions remplir.
Mallet fit une grimace lamentable et regarda son interlocuteur d'un
air éploré: mais ce dernier lui répondit par un coup d'oeil
impérieux et hautain auquel le trafiquant ne pût résister. Après
donc s'être mouché humblement et avoir composé son visage en
préparation à ce qu'il allait dire, il bégaya le petit discours
suivant, ou plutôt le récita comme un écolier fait d'une leçon sous
l'oeil du maître:
--Ce gentleman, fit-il en s'adressant à Alice, malgré mes
protestations et ma résistance, a réussi à me convaincre que ses
droits à votre tutelle étaient mieux fondés que les miens. En tout
cas, je le reconnais, ils ont une base légale, tandis que rien de
semblable n'existe de mon côté. Indubitablement il est votre oncle
maternel, et très-capable de vous procurer tout le bien-être que
j'aurais été si heureux de vous fournir.
Ici le sieur Mallet crut devoir s'arrêter pour simuler une larme; il
regarda timidement sir Deming et rencontra le même coup d'oeil
toujours sévère et disant d'une façon éloquente quoique muette:
«Allez!... mais allez donc!»
Il continua avec un soupir grotesque:
--Toutefois, miss, je résigne mes pouvoirs et vous remets en ses
mains: il pourra vous dire que j'avais préparé son esprit à trouver
en vous ce qu'il y a de plus charmant et de plus aimable: je vous
souhaite, chère miss Alice, tout le bonheur que vous méritez si
bien!
Le speech terminé, Mallet donna jour à un nouveau soupir dont la
signification complexe indiquait à la fois le soulagement d'avoir
accompli une corvée, et le dépit d'essuyer une défaite qu'il
proclamait lui-même.
--Malgré toutes les bontés de mon oncle pour moi, répondit
simplement Alice, je n'oublierai point les vôtres, M. Mallet, et
j'en garderai toute la reconnaissance qu'elles méritent... Croyez-le
bien, vous n'avez pas eu affaire à une ingrate.
--Je sais que vous êtes aussi bonne que belle, miss! repartit
galamment le Français.
Puis, se tournant vers sir Deming d'un air gêné et craintif:
--Excusez-moi, sir: ma mission est remplie, votre nièce est entre
vos mains; il ne me reste plus qu'à prendre congé de vous. J'ai hâte
de contremander les préparatifs d'un voyage que je devais faire
demain sur la rivière.
--Nous serions très-aises de vous revoir ensuite, dit sir Deming
avec une intonation indiquant qu'il ne pensait pas un mot de cette
phrase.
--Mille grâces, Monsieur, riposta Mallet piqué au vif; je suis fort
occupé et ne peux me déranger ainsi tous les jours. Bonne nuit.
Et il partit furieux.
Tout le monde se mit à rire; surtout les deux jeunes gens:
--Mon Dieu! merci! fit Allen avec une ferveur comique.
--De quoi remerciez-vous Dieu, monsieur Allen? demanda sir Deming
avec un redoublement d'hilarité.
--De ce qu'il exauce le voeu le plus cher de mon coeur, en replaçant
miss Alice sous une tutelle honorable et sûre.
Sir Deming se renversa sur sa chaise en riant toujours:
--J'entends, vous teniez énormément à la voir changer de
_propriétaire_. Et,... continua le bon oncle en regardant
curieusement la jeune fille,... miss Alice ne vous a pas encore fait
connaître «ses motifs» peur refuser tout échange. Peut-être cette
chère nièce est ambitieuse, et préférerait le vieux richard
Français?
Alice devint rouge comme une cerise et baissa les yeux en silence.
Mistress Wyman vint à son secours.
--Oh! que nenni, sir, elle n'avait pour lui aucune préférence, j'en
réponds; ce n'était guère le chemin qu'elle aurait voulu prendre.
Mais elle regardait l'obéissance aux ordres de son père comme une
chose sacrée; elle a voulu s'y soumettre même après sa mort: Oui,
sir, voilà la vérité.
--Chère et douce enfant! s'écria sir Deming en embrassant tendrement
sa nièce, c'est bien! très-bien! ce que vous avez fait là. Votre
sagesse et votre soumission vous ont gagné toute mon amitié,--car
j'étais au courant de toutes vos petites affaires;--vous avez ainsi
mérité de rentrer dans les bonnes grâces de votre famille et de
partager le haut rang qu'elle occupe dans le monde.
Après quelques instants de silence le baronnet continua:
--Je vais vous dire, M. Allen, quels ont été les motifs, entièrement
raisonnables et dignes d'éloges, pour lesquels cette jeune fille
refusait de suivre vos conseils et de se rendre à vos instances,
quoique ses propres désirs en fussent contrariés. Elle connaissait
l'existence malheureuse de sa mère, et savait que toutes ses
infortunes provenaient d'une première désobéissance aux voeux de ses
parents. Sa mère (ma soeur) était la plus aimable et la plus
charmante des femmes; mais un amour insensé la fit déchoir de sa
haute position, en la poussant à une mésalliance secrète avec un
_jardinier_! Une vie de misère et d'angoisses fut le fruit de cette
faute qui désespéra sa famille et ses amis. Avant sa mort, elle
donna à sa fille ses conseils suprêmes pour la mettre en garde
contre les cruelles erreurs qui l'avaient perdue. De son lit de
mort, ma soeur m'écrivit une longue lettre contenant sa douloureuse
histoire, et me léguant le soin de l'orpheline. Depuis lors j'ai
surveillé Alice inostensiblement; sa conduite sage et prudente m'a
convaincu que si elle avait la beauté de sa mère elle, n'en avait
pas les défauts. Oui, je suis content d'elle.--Dans mes bras! chère
enfant; vous êtes ma fille d'adoption, et, comme je l'ai promis à
votre pauvre mère, Dieu aidant, je vous rendrai heureuse comme vous
le méritez!
Alice embrassa son oncle qui l'attirait à lui par un geste paternel:
moins forte pour supporter le poids du bonheur qu'elle ne l'avait
été pour soutenir celui de l'infortune, elle cacha sa tête dans les
mains de cet excellent ami envoyé par la Providence, et pleura
longuement en silence.
Lorsqu'elle fut remise de son émotion, le baronnet s'adressa à
Allen:
--Sir, dit-il, je vais vous faire une question bien intéressante
pour vous, si je m'en rapporte à votre visage. Je lis, sur votre
figure bouleversée, une inquiétude bien vive; j'y lis même la cause
de cette anxiété: vous voyez en moi un farouche ravisseur qui va
enlever cette intéressante fleur de la prairie pour la transplanter
au sein du monde civilisé? Répondez-moi!
--Sir Deming, balbutia Allen, mon coeur est tranquille, car je le
sens, miss Alice est maintenant en mains sûres. Quant à son départ
avec vous,--ici la voix du jeune homme s'altéra,--que pourrais-je
vous dire?... Je lui souhaite, du meilleur de mon âme, dans le monde
civilisé où elle ira vivre, oui, je lui souhaite des amitiés
profondes, aussi loyales, aussi sincères que celles de _quelques
habitants_ de ce désert.
Le baronnet se détourna pour dissimuler son émotion; il regarda
Alice, puis Allen; tous deux étaient plus pâles que des statues de
marbre; les mains d'Alice étaient devenues glacées.
--Allen! mon fils! s'écria-t-il tout-à-coup; Alice! ma fille! Quand
célébrerons-nous votre mariage?
Tous deux restèrent muets; Allen rougit comme une jeune fille.
--Seigneur! murmura mistress Wyman stupéfaite.
--Bien! bien! très-bien! reprit le baronnet; si je vous avais
annoncé une séparation éternelle, vous auriez bien su m'adresser des
discours déchirants. J'émets un avis qui est parfaitement le vôtre,
vous vous taisez! c'est tout naturel: Qui ne dit rien consent.
--Pardon, sir, dit Allen d'un ton grave; je ne voudrais pas placer
miss dans une alternative embarrassante: le sentiment de mon
infériorité m'impose le silence.
--Allons, bon! vous êtes donc bien subitement devenu un plébéien
bien infime, vous qui, il y a une heure à peine, teniez de si beaux
discours à ma nièce?
--Sir Deming, tout est changé depuis votre arrivée; les apparences
d'égalité qui existaient entre nous ont disparu. Or, vous blâmez les
mésalliances... puis-je penser autrement que vous?
--De mieux en mieux! vraiment! Entendez-vous, Alice, ce jeune
républicain qui rejette toute alliance avec l'aristocratie anglaise!
Je vous vois obligée de renoncer à tous vos avantages de position et
de fortune pour redevenir digne de lui!
--Le ciel m'est témoin, reprit Allen, que tous mes voeux les plus
chers, mon amour le plus pur et le plus sincère s'adressaient à miss
Newcome: mais j'en saurai faire le sacrifice, en songeant que c'est
pour son bonheur. Si j'étais riche et grand seigneur, le cas serait
bien différent; mais, humble et pauvre comme je suis, je ne dois pas
lui demander la charité d'une union semblable.
--Par Jupiter! jeune Yankee, j'aime votre esprit rude et droit! On y
trouve un parfum de cette terre sauvage, mais pleine de trésors.
Cependant, il faut en finir: Alice voulez-vous que j'essaie auprès
de cet héroïque obstiné une nouvelle demande; ou bien vous
considérez-vous comme bien et dûment refusée?
--Vous avez le droit de me donner à celui que vous aurez choisi,
cher oncle, répondit Alice toute rougissante, mais qui, néanmoins,
avait fort adroitement souligné le mot donner.
--O artifice du coeur féminin! s'écria le baronnet; qui, aussi bien
qu'une femme, aurait réussi à trancher ainsi la difficulté? Vous
donner!... faut-il vous donner? Pour punir ce républicain
orgueilleux, j'aurais bien envie de n'en rien faire. Mais, d'autre
part, si je vous emmène avec moi, je crains fort que vous ne soyiez
pas une société fort gaie, pendant la traversée. Bah! je me décide!
Tenez M. Allen, je vous en fait cadeau; refusez si vous osez! Je
vous adresse en même temps mes félicitations. Mistress Wyman se
joint à moi, j'en suis sûr.
--Oh! Dieu puissant et béni! s'écria la bonne femme, pendant
qu'Allen recevait dans ses mains tremblantes celles de la jeune
fille; ah Seigneur! si jamais j'ai désiré passionnément une chose,
c'est bien celle-ci!
--Mistress Wyman, reprit le baronnet, il faut que ce mariage soit
célébré cette semaine. Plus tard, je ne pourrais assister à la
cérémonie.
En ce moment entra Wyman.
--Ah! voici mon complice! s'écria sir Deming en prenant amicalement
la main du nouveau venu; il y a longtemps que nous préparions
ensemble cette grande affaire; nous nous en sommes tirés, je
l'espère, à notre honneur et à la satisfaction générale?
--De par tous les diables! Je veux dire, n'ayez pas peur! ce n'a pas
été sans peine, répliqua l'honnête constable avec son gros rire;
mais, voyez-vous, le proverbe dit vrai: «Tout est bien qui finit
bien.»
ÉPILOGUE
Quatre ou cinq ans s'étaient écoulés depuis la joyeuse noce célébrés
chez mistress Wyman.
Fairview était devenu une ville: le désert avait fui devant la
civilisation; plus de claires sauvages; plus de désert; plus de
prairies; les TERRES D'OR avaient produit leur opulente moisson.
Flag était devenu un _congressman_, un des hauts personnages de
Washington; il avait épousé une des plus belles et des plus riches
héritières du comté.
Par une belle soirée d'automne il se promenait avec sa femme dans
«Pensylvania Avenue»:
--Voilà un couple charmant, observa lady Flag à son mari, en lui
indiquant deux jeunes promeneurs.
Flag jeta un regard dans la direction indiquée, et poussa une
exclamation:
--Allen! mon vieux camarade! quelle joie de vous revoir.
--Flag! est-ce vous mon excellent ami?
Et les deux jeunes gens s'embrassèrent avec chaleur:
--Je vous présente ma femme, reprit Flag.
--Lady Alicia Allen, ma bien-aimée compagne, dit Allen en saluant et
présentant sa femme.
--De quel continent arrivez-vous donc, mes charmants oiseaux de
passage? demanda Flag après ces premiers échanges de politesses.
--Nous avons passé le printemps à Paris, l'été à Londres, et nous
voilà!
--Sir, demanda Alice, vous qui êtes resté Américain fidèle,
dites-moi, je vous prie, ce qu'est devenu le Claim Newcome?
--Je l'ai acheté, milady: c'est maintenant une belle et riche ferme,
une des plus délicieuses résidences du haut Missouri.
--Et Wyman?... et sa digne femme?...
--Ils sont, je crois, dans une médiocrité voisine de la misère: ces
braves gens s'étaient portés cautions pour un jeune homme qu'on leur
avait recommandé, et qui les a ruinés en se ruinant aussi.
Alice dit vivement quelques mots à l'oreille de son mari:
--Le Claim Newcome est-il à vendre? demanda celui-ci.
--Voudriez-vous l'acheter...? En ce cas il est à votre disposition.
--Une vraie réponse d'Yankee! répliqua Allen en riant. Eh bien oui!
j'en ai envie.
--Pour l'habiter?
--Peut-être... l'été prochain... Lady Allen voudrait y avoir une
maison montée en forme de pied-à-terre, sous la direction des Wyman.
--Toujours bonne! dit Flag en regardant Alice.
Des larmes tremblaient aux longs cils de la douce et charmante jeune
femme.
Après un court silence, Flag amena la conversation sur un autre
terrain.
--Ah! que je vous dise une rencontre bizarre que j'ai faite il y a
quelques mois dans le Kansas. Je traversais Leavenworth, lorsqu'au
milieu d'un meeting méthodiste j'ai aperçu... devinez qui...?
--Je ne saurais...
--L'un des deux compagnons de Carnes! le plus jeune, qui apparemment
s'est converti, et qui est entré en religion. Il est ministre je me
suis arrêté quelques minutes pour l'écouter prêcher. Il parlait, ma
foi! avec une éloquence persuasive. Tout à coup il s'est interrompu,
fixant les yeux sur la foule, et s'est écrié: «--Jim! je vous
reconnais! ne voulez-vous pas faire comme moi, vous repentir, et
songer à votre salut?»--«Oui! oui! a répondu une voix que je
reconnaîtrai toujours; je me suis repenti, mais je ne suis pas
encore sauvé. J'ai grand besoin de vos prières.»--Là-dessus, le
pauvre ministre s'est mis à genoux et a adressé au ciel les plus
touchantes prières... en même temps, la congrégation réunie autour
de lui s'est agenouillée et a prié de tout son coeur! N'était-ce pas
un étrange spectacle...?
--C'est vrai, répondit Allen; mais je doute que les meilleures
prières puissent sauver Jim.
--Ah! encore autre chose: savez-vous ce qu'est devenu Mallet...?
--Dites.
--On l'a trouvé, à demi rongé par les fourmis, au coin d'un bois,
sur la Platte; il avait le corps traversé par une flèche Omaha.
--La tribu de Ka-shaw?
--Oui.
--Ah! il ne fait pas bon encourir une _vendetta_ Indienne.
--Sir, demanda vivement Alice pour détourner la conversation,
voulez-vous me faire un grand plaisir?
--Si je pouvais le deviner, milady, ce serait déjà fait! répliqua
courtoisement Flag.
--Nous partirons demain pour Newcome-Claim, j'ai hâte d'y installer
ma bonne mistress Wyman.
--Il sera fait comme vous le désirez, lady Alice; et, je vous le
prédis, vos jours seront longs et heureux sur cette TERRE D'OR; car
votre arrivée y est précédée d'une bonne action.
FIN
TABLE DES MATIÈRES
Chapitres. Pages.
I.--Deux solitaires 5
II.--Une joyeuse veillée 17
III.--Une tragédie dans les bois 33
IV.--L'information 48
V.--Un revenant 68
VI.--Le juge Lynch 79
VII.--Un anniversaire du bon vieux temps 99
VIII.--Tempêtes intérieures 119
IX.--Sacrifice 140
X.--Éclaircissements du mystère 151
XI.--L'histoire d'une nuit 161
XII.--Un repaire de bandits 178
XIII.--Justice de Dieu; justice des hommes 188
XIV.--Réapparitions 210
Épilogue 226
FIN DE LA TABLE.