II

«Fine aube de séminariste,

Dis à celui qui te mettra

Qu’en te lavant Jeanne était triste,

Qu’en te lavant Jeanne pleura.

«Dis-lui que l’ajonc, dans la lande,

En séchant persiste à fleurir;

Dis-lui qu’une amour forte et grande

Peut saigner longtemps sans mourir.

«Quand par-dessus toi, pour la messe,

Il mettra la chasuble d’or,

Dis-lui qu’en sa jeune promesse

Mon amour trompé croit encor.

«Jean Garel, du pays de Vannes,

Voudrait mon cœur avec ma main;

Mais l’eau s’écoule où sont les vannes;

Le cœur aussi n’a qu’un chemin.

«Mon cœur, mon triste cœur chemine

Obstinément, par le sentier

Où mon doux clerc à fière mine

M’aima pendant un soir entier;

«Et de ce soir mon âme est pleine;

Mon âme est comme un champ vermeil

Où s’exhale en plaintive haleine

Le dernier souffle du soleil!»

La chanson de la Bretagne · 第 41 / 95 题