«Fine aube de séminariste,
Dis à celui qui te mettra
Qu’en te lavant Jeanne était triste,
Qu’en te lavant Jeanne pleura.
«Dis-lui que l’ajonc, dans la lande,
En séchant persiste à fleurir;
Dis-lui qu’une amour forte et grande
Peut saigner longtemps sans mourir.
«Quand par-dessus toi, pour la messe,
Il mettra la chasuble d’or,
Dis-lui qu’en sa jeune promesse
Mon amour trompé croit encor.
«Jean Garel, du pays de Vannes,
Voudrait mon cœur avec ma main;
Mais l’eau s’écoule où sont les vannes;
Le cœur aussi n’a qu’un chemin.
«Mon cœur, mon triste cœur chemine
Obstinément, par le sentier
Où mon doux clerc à fière mine
M’aima pendant un soir entier;
«Et de ce soir mon âme est pleine;
Mon âme est comme un champ vermeil
Où s’exhale en plaintive haleine
Le dernier souffle du soleil!»