NOTES

[1] Quelques historiens ont émis l'opinion qu'à Rome la propriété avait

d'abord été publique et n'était devenue privée que sous Numa. Cette erreur

vient d'une fausse interprétation de trois textes de Plutarque (_Numa_,

16), de Cicéron (_République_, II, 14) et de Denys (II, 74). Ces trois

auteurs disent, en effet, que Numa distribua des terres aux citoyens; mais

ils indiquent très clairement qu'il n'eut à faire ce partage qu'à l'égard

des terres conquises par son prédécesseur, _agri quos bello Romulus

ceperat_. Quant au sol romain lui-même, _ager Romanus_, il était propriété

privée depuis l'origine de la ville.

[2] [Grec: Hestia, hestaemi] _stare_. Voy. Plutarque, _De primo frigido_,

21; Macrobe, I, 23; Ovide, _Fast_., VI, 299.

[3] [Grec: Herchos hieron]. Sophocle, _Trachin._, 606.

[4] A l'époque où cet ancien culte fut presque effacé par la religion plus

jeune de Zeus, et où l'on associa Zeus à la divinité du foyer, le dieu

nouveau prit pour lui l'épithète de [Grec: hercheios]. Il n'en est pas

moins vrai qu'à l'origine le vrai protecteur da l'enceinte était le dieu

domestique. Denys d'Halicarnasse l'atteste (I, 67) quand il dit que les

[Grec: theoi hercheioi] sont les mêmes que les Pénates. Cela ressort,

d'ailleurs, du rapprochement d'un passage de Pausanias, (IV, 17) avec un

passage d'Euripide (_Troy_., 17) et un de Virgile (_En._, II, 514); ces

trois passages se rapportent au même fait et montrent que le [Grec: Zeus

hercheios] n'est autre que le foyer domestique.

[5] Festus, v. _Ambitus_. Varron, _L. L._, V, 22. Servius, _ad Aen._, II,

469.

[6] Diodore, V, 68.

[7] Cicéron, _Pro domo_, 41.

[8] Ovide, _Fast._, V, 141.

[9] Telle était du moins la règle antique, puisque l'on croyait que le

repas

funèbre servait d'aliment aux morts. Voy. Euripide, _Troyennes_, 381.

[10] Cicéron, _De legib._, II, 22; II, 26. Gaius, _Instit_., II, 6.

_Digeste_, liv. XLVII, tit. 12. Il faut noter que l'esclave et le client,

comme nous le verrons plus loin, faisaient partie de la famille, et

étaient enterrés dans le tombeau commun. La règle qui prescrivait que

chaque homme fût enterré dans le tombeau de la famille souffrait une

exception dans le cas où la cité elle-même accordait les funérailles

publiques.

[11] Lycurgue, _contre Léocrate_, 25. A Rome, pour qu'une sépulture fût

déplacée, il fallait l'autorisation des pontifes. Pline, _Lettres_, X, 73.

[12] Cicéron, _De legib._, II, 24. _Digeste_, liv. XVIII, tit. 1, 6.

[13] _Loi de Solon_, citée par Gaius au _Digeste_, liv. X, tit. 1, 13.

_Démosthènes, _contre Calliclès_. Plutarque, _Aristide_, 1.

[14] Siculus Flaccus, édit. Goez, p. 4, 5. Voy. _Fragm. terminalia_, édit.

Goez, p. 147. Pomponius, _au Digeste_, liv. XLVII, tit. 12, 5. Paul, _au

Digeste_, VIII, 1, 14.

[15] Même tradition chez les Étrusques: « _Quum Jupiter terram Etruriae

sibi vindicavit, constituit jussitque metiri campos signarique agros. »

Auctores rei agrariae_, au fragment qui a pour titre: _Idem Vegoiae

Arrunti_, édit. Goez.

[16] _Lares agri custodes_, Tibulle, I, 1, 23. _Religio Larum posita in

fundi villaeque conspectu_. Cicéron, _De legib_., II, 11.

[17] Cicéron, _De legib._, I, 21.

[18] Caton, _De re rust_., 141. _Script. rei agrar._, édit. Goez, p. 808.

Denys d'Halicarnasse, II, 74. Ovide, _Fast_., II, 639. Strabon, V, 3.

[19] Siculus Flaccus, édit. Goez, p. 5.

[20] _Lois de Manou_, VIII, 245. Vrihaspati, cité par Sicé, _Législat.

hindoue_, p. 159.

[21] Varron, _L. L._, V, 74.

[22] Pollux, IX, 9. Hesychins, [Grec: oros]. Platon, _Lois_, VIII, p. 842.

[23] Ovide, _Fast._, II, 677.

[24] Festus, v° _Terminus_.

[25] _Script. rei agrar._, édit. Goez, p. 258.

[26] Platon, _Lois_, VIII, p. 842.

[27] Plutarque, _Lycurgue, Agis_. Aristote, _Polit._, II, 6, 10 (II, 7).

[28] Aristote, _Polit._, II, 4, 4 (II, 5).

[29] Id., _ibid._, II, 3, 7.

[30] Eschine, _contre Timarque_. Diogène Laërce, I, 55.

[31] Aristote, _Polit_., VII, 2.

[32] _Mitakchara_, trad. Orianne, p. 50. Cette règle disparut peu à peu

quand le brahmanisme devint dominant.

[33] Ce prêtre était appelé _agrimensor_. Voy. _Scriptores rei agrariae_.

[34] Stobée, 42.

[35] Cette règle disparut dans l'âge démocratique des cités.

[36] Une loi des Éléens défendait de mettre hypothèque sur la terre,

Aristote, _Polit._, VII, 2. L'hypothèque était inconnue dans l'ancien

droit de Rome. Ce qu'on dit de l'hypothèque dans le droit athénien avant

Solon s'appuie sur un mot mal compris de Plutarque.

[37] Dans l'article de la loi des Douze Tables qui concerne le débiteur

insolvable, nous lisons: _Si volet suo vivito_; donc le débiteur, devenu

presque esclave, conserve encore quelque chose à lui; sa propriété, s'il

en a, ne lui est pas enlevée. Les arrangements connus en droit romain sous

les noms de _mancipation avec fiducie_ et de _pignus_ étaient, avant

l'action Servienne, des moyens détournés pour assurer au créancier le

payement de la dette; ils prouvent indirectement que l'expropriation pour

dettes n'existait pas. Plus tard, quand on supprima la servitude

corporelle, il fallut trouver moyen d'avoir prise sur les biens du

débiteur. Cela n'était pas facile; mais la distinction que l'on faisait

entre la _propriété_ et la _possession_, offrit une ressource. Le

créancier obtint du préteur le droit de faire vendre, non pas la

propriété, _dominium_, mais les biens du débiteur, _bona_. Alors

seulement, par une expropriation déguisée, le débiteur perdit la

jouissance de sa propriété.

La Cité Antique Étude sur Le Culte, Le Droit, Les Institutions de la Grèce et de Rome · 第 34 / 170 题