M. Hecquin sourit d’un air heureux.

--Rien de plus simple, puisque vous le voulez, dit-il. Vous n’avez qu’à

me signer par devant notaire une procuration générale qui me donnera le

droit d’agir en votre nom. Bien entendu, je n’userai de cette latitude

qu’après avoir soumis à votre approbation toutes les opérations que je

jugerai nécessaires. Et vous reprendrez cette procuration dès que votre

santé s’améliorera.

--A quoi bon? je serai toujours trop contente de ne plus m’occuper de

rien, affirma Laurence.

Le lendemain, M. Hecquin revint déjeuner et prévint sa femme que, pour

lui épargner toute fatigue, il avait, le matin même, convoqué son

notaire qui devait venir à deux heures de l’après-midi. Laurence fut un

peu étonnée de cette précipitation. Le banquier lui exposa de nouveau

les raisons qui le poussaient à réaliser au plus vite les titres russes.

Heureuse de terminer cette affaire, elle signa avec empressement la

procuration que lui présenta le notaire et qu’elle ne voulut même pas

lire, malgré l’insistance de M. Hecquin. Toute sa fortune, selon le

désir du colonel, avait été déposée en compte ouvert au Crédit

universel. Il fut convenu que, pour plus de facilité, son mari la

retirerait pour la mettre dans un coffre à la même banque. Laurence

approuva cette combinaison sans essayer d’en comprendre les avantages.

M. Hecquin parut charmé de sa docilité. Dès lors il se montra plus gai,

plus communicatif. La jeune femme se réjouit sincèrement d’avoir pu lui

accorder, à défaut d’un amour impossible, cette preuve d’estime et

d’absolue confiance.

La vivante paix · 第 28 / 57 题