Compiègne, 22 novembre 1863.
Mon cher Panizzi,
Nous vivons ici en grandes occupations. Votre serviteur est directeur de
théâtre, auteur et acteur. Il fait de plus des révolutions dans les
beaux-arts et de la polémique avec l'institut. Dans ses moments de
loisir, on lui donne des recherches à faire sur l'histoire romaine. Il
est, d'ailleurs, libre de faire ce qui lui plaît depuis une heure du
matin jusqu'à huit heures. Heureusement que, mercredi, je redeviens
homme libre.
La réponse de l'Autriche est arrivée, très amicale; acceptant en
principe, mais demandant des renseignements. M. de Goltz, qui est ici, a
apporté, je crois, une lettre semblable du roi de Prusse. En somme, je
pense qu'il y aura bien des protocoles, mais qu'il y aura un congrès. Je
doute qu'il fasse grand'chose, mais il aura empêché la guerre, ce qui
est un grand point.
Adieu; portez-vous bien et donnez de vos nouvelles.