Cannes, 6 décembre 1862.
Mon cher Panizzi,
Je suis en peine des élections. D'après ce que je vois, je crains que
les prêtres ne nous taillent des croupières. Le pouvoir de ces gens-là
est grand. Ils disposent de la moitié et de la plus belle du genre
humain, et cette moitié mène l'autre. Dans quelques départements, les
cléricaux font ménage avec les rouges, et presque partout ils exercent
une influence considérable.
Ellice m'écrit qu'il passera par Cannes vers le 25 et qu'il viendra me
demander à dîner. Il m'annonce des faisans. Faites en sorte qu'il ne les
oublie pas, si vous le voyez avant son départ.
Adieu; je suis horriblement pressé et n'ai que le temps de vous
souhaiter santé, joie et prospérité.