LXXVIII

Paris, 2 juillet 1861.

Mon cher Panizzi,

Je suis, depuis hier, de retour à Paris, fort las de ce long séjour à la

cour. Je n'ai pas les qualités du courtisan, et, bien que les maîtres du

château que je quitte soient les plus bienveillants et aimables de tous

les souverains, c'est avec un vif plaisir que je me suis assis devant

mon modeste dîner.

On me charge de commissions assez difficiles pour l'exposition

universelle. Croyez-vous que je trouve encore lord Granville à Londres?

car c'est avec lui surtout que j'aurai à discuter la chose.

Je vous écris à la hâte, et je garde pour nos déjeuners prochains la

relation fidèle de la grande réception des ambassadeurs siamois. Ils

ressemblent fort à des orangs-outangs, mais ils ont des étoffes de

brocart merveilleuses.

Connaissez-vous le comte Arese, qui vient ici comme ambassadeur du roi

d'Italie? On dit que M. de la Valette, aujourd'hui à Constantinople,

sera envoyé à Turin. C'est un homme d'esprit et dans les meilleures

dispositions pour l'Italie.

Adieu, mon cher Panizzi; à bientôt, j'espère. Je vous écrirai un mot

avant mon départ, pour vous dire le jour de mon arrivée.

Lettres à M. Panizzi - 3eme édition, Tome I · 第 82 / 152 题