LOUIS FAGAN.

LETTRES

A

M. PANIZZI

I

Paris, 31 décembre 1850.

Mon cher Monsieur,

Il y a quelque temps, j'ai remis à un ami de M. Libri un mot pour vous

qui, je pense, ne vous est pas encore parvenu. Je vous demanderai la

permission de vous répéter, par la poste, mon humble requête. Voici en

quoi elle consiste:

Un de mes amis, M. Beyle, connu sous le pseudonyme de Stendhal dans la

littérature contemporaine, avait fait copier au Vatican, dans les

archives, quatorze volumes in-folio manuscrits, contenant l'analyse

d'un certain nombre de procès célèbres ou d'aventures scandaleuses de la

cour papale et d'Italie. A l'époque où cette copie fut faite, il était

difficile de pénétrer dans les archives du Vatican. M. Beyle, qui était

consul de France à Civita-Vecchia, avait obtenu, avec beaucoup de peine,

la permission de copier les susdits manuscrits. Ils forment quatorze

volumes in-folio, écrits d'une belle main italienne, et sont en italien

ou en latin.

M. Beyle est mort, et sa soeur, qui est dans la misère, cherche à vendre

ces manuscrits. Le British Museum pourrait-il, voudrait-il s'en

accommoder? Quel prix en donnerait-il? Y a-t-il à Paris quelqu'un que

vous pourriez charger de les examiner?

Voilà, mon cher Monsieur, ce que je vous ai mandé par cette occasion

infidèle. Je vous serais extrêmement obligé de me répondre un mot, si

cela vous est possible.

Agréez, mon cher Monsieur, l'expression de tous mes sentiments de haute

considération et d'amitié.

Lettres à M. Panizzi - 3eme édition, Tome I · 第 7 / 152 题