M. Galoin s’assit et me dit:

--Il se peut que ce soir j’aie besoin de vous pour une confrontation.

J’ai télégraphié à Paris. Paris a télégraphié au juge d’instruction de

Toul et j’attends d’un moment à l’autre un mandat d’amener. On arrêtera

l’assassin suivant la loi anglaise, c’est-à-dire qu’on le mettra en

sûreté en attendant que les juges d’ici aient statué sur son cas et

maintenu la valabilité de l’arrestation. L’important est qu’il soit sous

clé.

Nous étions suffoqués, Blanche et moi, en l’entendant. Comment? nous

avions été chercher cet agent à Paris pour qu’il arrêtât notre ami?...

C’est nous qui nous étions substitués à la police pour faire payer à

Larcier le prix de son crime?... Je regardais M. Galoin sans

comprendre...

Il savait pourtant pourquoi nous nous étions mis à la recherche de

Larcier... J’avais bien expliqué à Rocheton, mon ami du ministère de

l’Intérieur, que je voulais un détective pour m’aider dans mes

recherches, mais qu’il ne fallait pas que ce détective eût une mission

officielle...

Je regardai M. Galoin, et ne sus que lui dire:

--Je ne veux pas qu’on arrête Larcier!

C’est alors qu’il me regarda--et cette seconde, je ne l’oublierai

jamais--et qu’il me dit simplement:

--Il n’est pas question d’arrêter votre ami Larcier. Il est question

d’arrêter un assassin... Il s’agit d’arrêter Bonnel...

--Bonnel?...

--Oui, Bonnel... l’assassin de Larcier...

L'affaire Larcier · 第 25 / 30 题