CHAPITRE PREMIER.

Voyage dans le Midi.--Lyon, le Rhône, Marseille.

Talma, ainsi que je crois l'avoir dit, était beaucoup moins âgé que sa

femme, ou, si l'on aime mieux, Julie était tant soit peu moins jeune que

son mari. Ni l'un ni l'autre ne s'en était aperçu d'abord; mais petit à

petit leurs yeux se dessillèrent. Julie remarqua que Talma ne rentrait

guère à la maison que pour dormir, long-temps même avant l'heure où l'on

dort: cela lui donna des soupçons; elle le fit épier, surprit des

secrets; on se brouilla, puis on se raccommoda pour se brouiller encore.

Bref, on commençait de part et d'autre à sentir qu'une union dans

laquelle l'un exigeait trop et l'autre n'accordait pas assez, n'était

qu'un supplice; et des deux parts on pensait, sans se le dire, à se

débarrasser d'une chaîne qui devenait de jour en jour plus lourde; Julie

pensait même à une séparation, quand Lenoir, espérant qu'un voyage

pourrait apporter quelque changement dans cette détermination, lui

proposa de venir avec lui à Marseille, où il ne comptait rester que peu

de jours: «Vous verrez, lui disait-il, par l'effet de cette courte

absence, s'il vous est possible de vous passer de lui.»

Dans son dépit, Julie avait accepté la proposition; mais quand il fut

question d'en venir au fait, la résolution l'abandonna: «Me voilà donc

obligé de partir seul, dit Lenoir.--Et pourquoi? répliqua Julie. S'il

vous faut absolument un camarade de voyage, que n'emmenez-vous Arnault?

Il vous tiendra aussi bonne compagnie que moi.--Quelle idée!

m'écriai-je.--Pas si mauvaise, reprit Lenoir, puisque Madame ne veut pas

tenir sa parole. Tout est prêt: j'ai dans ma cour une bonne chaise de

poste; voilà un passeport pour deux personnes, un ordre du général

Bonaparte pour avoir des chevaux. À six heures ils seront à la voiture,

et nous partons.--Mais je n'ai fait aucun préparatif: il est onze heures

passées.--Nous avons plus de temps qu'il ne nous en faut. Écris deux

mots chez toi; dis qu'on ne t'attende pas de quelques jours; que tu vas

à la campagne, que tu vas à Marseille. Demande ce qu'il te faut pour ce

temps-là. Mon domestique, qui va porter ton billet, rapportera ton

bagage; et en attendant tu dormiras ici sans t'inquiéter de rien.»

Tout le monde trouvant cet arrangement fort sensé, j'écrivis le billet,

et après avoir souhaité le bonsoir à nos amis, qui me souhaitèrent un

bon voyage, j'attendis en dormant le moment du départ.

Au fait, aucune affaire n'exigeait pour le moment ma présence à Paris;

ma tragédie d'_Oscar_ était terminée et reçue, mais la représentation ne

pouvait pas avoir lieu avant quelques mois. J'avais besoin, sinon de

repos, du moins de distraction; je ne connaissais pas le midi de la

France; je n'aurais rien pu faire de mieux avec réflexion que ce que je

fis sans trop réfléchir.

Je n'aurais rien pu faire de mieux par spéculation que ce que je fis

sans calcul. Ce voyage, qui me procura tant d'agrément, ne fut pas sans

influence sur ma destinée; il fut pour moi l'occasion d'une rencontre

dont je ressentirai à jamais les honorables conséquences: j'allais sans

m'en douter au-devant de Bonaparte.

Rien de remarquable dans notre voyage de Paris à Lyon. Je le fis

très-gaiement, car il n'est pas possible de se choisir un camarade plus

amusant que celui que m'avait donné le hasard. Nous roulions aussi

lestement que le permettait le déplorable état des postes. Un petit

incident qui ne pouvait être imputé qu'à nous-mêmes retarda pourtant

notre marche, que nous ne pouvions trop accélérer, vu la nature de notre

opération et l'intérêt que nous avions à ne pas être devancés. Nous

étions arrivés à Mâcon dès la seconde nuit, à trois heures du matin.

Lenoir, en payant le postillon, et en le payant en argent, monnaie

presque inconnue depuis trois ans, lui recommande de faire atteler

sur-le-champ, et s'endort. Je m'endors aussi. Au bout d'un certain temps

nous sommes réveillés par je ne sais quel bruit de voix qui murmuraient

autour de nous; il nous semble même entendre des éclats de rire. «Où

sommes-nous? dit Lenoir en ouvrant les yeux.--À Lyon», répondis-je. Nous

n'y étions pas encore: le grand jour nous permit de nous en convaincre.

Depuis trois heures du matin, notre chaise était restée appuyée sur un

tréteau au milieu de la rue, et il était huit heures passées. On riait

de nous: nous fîmes comme tout le monde.

Le maître de poste s'excusa par le respect qu'on avait cru devoir garder

pour notre sommeil, et nous promit de nous faire regagner le temps

perdu. Nous arrivâmes en effet assez promptement à Lyon pour que les

intérêts de mon camarade n'en souffrissent pas.

Cette grande ville était alors dans l'état le plus déplorable. De toute

part on y retrouvait les traces de la fureur des partis; les quartiers

les plus beaux n'étaient plus que des amas de ruines, des monceaux de

décombres, monumens que la Convention s'était élevés à elle-même avec

les débris de tous les monumens; symboles d'un pouvoir infernal qui,

traitant les édifices comme les institutions, et les institutions comme

les générations, détruisait sous prétexte de régénérer.

L'aspect de la place de Bellecourt me remplissait d'indignation. Celui

de la promenade dite les Brotteaux me pénétrait de douleur. Là des

monumens dispersés sous l'ombrage, et décorés d'inscriptions touchantes,

me rappelaient que moissonnée, soit par les boulets de l'armée

révolutionnaire, soit par la mitraille des commissaires de la

Convention, l'élite de la population lyonnaise reposait sous les gazons

de cette promenade, qui néanmoins était toujours ouverte aux plaisirs du

peuple. Le contraste de cette foule qui se livrait à la joie au milieu

de tant de sujets de tristesse, et qui dansait sur des tombes,

m'affligea vivement; aussi ne fis-je que traverser cette promenade.

Je compris là toutefois, en la déplorant, la fureur avec laquelle tant

de familles ont réagi après la chute du régime de la terreur contre les

agens de la faction qui les avait décimées. En révolution les crimes

sont toujours doubles au moins, et la société n'a pas moins à se garder

de la vengeance que de l'offense.

J'eus occasion de remarquer à Lyon, comme je l'avais déjà fait à Paris,

que dans les réactions les gens les plus terribles ne sont pas ceux qui

pendant l'oppression s'étaient montrés les plus courageux, et que les

ressentimens des lâches sont plus implacables que ceux des braves. Cela

ne tiendrait-il pas à ce que le lâche a un mal de plus que le brave à

venger, le mal que fait la peur?

Rien ne me fatiguait, ne m'impatientait comme je ne sais quel bourgeois,

clerc de notaire aussi, je crois, qui n'ouvrait jamais la bouche que

pour vanter la fureur qui ensanglantait de nouveau cette ville déjà trop

ensanglantée. À l'entendre, personne mieux que lui n'avait fait son

devoir en dépit des bombes. Il ne commençait jamais une phrase que par

ces mots, _dans le temps du siége_. «Et que faisiez-vous dans le temps

du siége? lui dis-je une fois; combattiez-vous?--Je ne quittais pas ma

section, qui était en permanence.--Et où tenait-elle ses séances?--Dans

la cave de mon patron», répondit aussi fièrement que naïvement ce brave

homme. C'était vrai.

La vengeance prend trop souvent le caractère du crime qu'elle punit.

Bénie soit donc la mémoire de l'homme qui a mis un terme à toutes les

réactions, et qui, étranger à tous les partis, les a comprimés tous.

Celui-là est venu véritablement au nom du Seigneur.

Nous nous arrêtâmes à Lyon quatre jours, pendant lesquels Lenoir, qui

est Lyonnais, me fit voir ce qu'il y avait de plus curieux dans la ville

et dans les environs. Ce n'est pas sans un vif plaisir que je retrouvai,

près du faubourg de la Guillotière, deux amis dans un même ménage.

Buffaut, frère aîné de Mme de La Tour, lequel avait tout récemment

épousé l'aînée des filles de Mme de Bonneuil, venait de s'établir non

loin de là dans une manufacture sur le bord du Rhône. J'y passai avec

eux vingt-quatre heures, pendant lesquelles je me crus à Paris. Comme

ils me témoignèrent le désir d'entendre en entier mon nouvel ouvrage,

dont ils ne connaissaient que des fragmens, cédant à leurs instances,

quoique j'eusse laissé mon manuscrit chez moi, je le leur récitai tout

entier sans hésiter. C'est un de ces tours de force qu'il ne m'est plus

permis de tenter.

Notre trajet de Lyon à Avignon ne se fit pas sans aventure, sans péril

même. On peut le faire en bateau par le Rhône sur lequel on embarque sa

voiture, et qui vous porte en moins de trente heures dans cette ville où

des chevaux ne vous mèneraient pas en moins de deux jours. On trouve à

cette manière de voyager économie de temps et d'argent, pourvu toutefois

qu'on ne soit pas contrarié par le vent; car s'il passe au midi, pour

peu qu'il soit violent, il oppose à votre marche un obstacle que la

rapidité du courant ne saurait vaincre. Force vous est de descendre à

terre, et d'attendre dans une auberge qu'il souffle dans une direction

plus favorable.

Nous arrivâmes assez rapidement devant Valence; mais à la hauteur de

cette ville le vent contraire s'éleva soudain. Comme il était accompagné

de pluie, le patron de la barque pensa qu'il s'apaiserait bientôt, et

nous engagea à descendre et à dîner pendant la durée de ce court orage.

Nous suivîmes son conseil. Laissant à sa garde notre chaise de poste,

nous montâmes à la ville, où nous dînâmes à la première auberge qui se

rencontra sur notre chemin.

Le dîner fini, le vent nous paraissant moins fort, nous nous décidâmes à

repartir. Ce n'est pas sans difficulté que le patron y consentit.

L'attrait d'une récompense ayant triomphé de sa répugnance, nous nous

rembarquons, mais en vain. L'opposition du vent fut si violente qu'elle

ne put être vaincue ni par la force du fleuve, ni par l'impulsion des

rames, et l'effet d'une résistance égale à la puissance qui nous

poussait nous fit courir d'une rive à l'autre sans avancer ni reculer.

Cependant les secousses que recevait de ces deux forces combinées notre

bateau, dont la construction était des plus légères, en altéraient

évidemment la solidité. De plus, les vagues entraient à bord avec assez

d'abondance pour que le chien du pilote s'y désaltérât largement. Il

fallut en conséquence, après une heure et demie de fatigue, revenir au

point d'où nous étions partis; ce à quoi nous ne réussîmes pas sans

peine. «Nous l'avons échappé belle, dit le patron en sautant à terre.

Vous me donneriez tout ce qu'il y a dans votre cabriolet, que je ne me

remettrais pas en route tant que soufflera ce maudit _mistral_.» Il

ignorait, à la vérité, qu'il y avait une cinquantaine de mille francs en

or dans ce cabriolet.

Cédant à la nécessité, nous retournâmes à notre auberge, laissant dans

le bateau, que son propriétaire amarra au rivage, notre voiture toute

chargée, mais d'où Lenoir retira cette fois un havresac qu'il avait

quelque peine à porter. «Je couche ici, nous dit le patron en

s'établissant dans la voiture. Soyez tranquille: dès que le temps sera

meilleur, mon camarade ira vous avertir, et nous partons, quand ce

serait au milieu de la nuit.»

Pendant une heure et demie, nous avions couru le danger auquel le grand

Condé fut exposé sur le même fleuve, et nous ne nous montrâmes pas moins

imperturbables que lui. J'avouerai pourtant, quant à moi, que je ne fus

pas tout-à-fait aussi brave; car je n'avais aucune conscience du danger

que j'affrontais; je n'avais pas non plus, j'en conviens, la même raison

que lui pour être tranquille[13].

Il nous fallut attendre trois jours un temps meilleur, dans une ville

qui n'est rien moins que belle et que le mauvais temps n'embellissait

pas: heureusement est-elle voisine du clos de l'Ermitage. Des truffes et

du vin délicieux nous firent prendre patience.

Au milieu de la troisième nuit, vers deux heures du matin, le vent

changea enfin. Fidèle à sa parole, le patron vint nous réveiller. Un

quart d'heure après, nous étions à flot.

Il ne nous arriva rien de remarquable de Valence à Avignon, pas même au

Pont-Saint-Esprit. Nous le passâmes sans encombre, bien que nous ne

fussions pas descendus de bateau. Nous soupâmes fort gaiement à Avignon,

grâce surtout à un incident dont je ne me souviens pas sans rire. On

nous avait réunis à d'autres voyageurs. Ces messieurs étant d'humeur

aussi facile que nous, nous nous trouvâmes bientôt à l'aise comme entre

vieilles connaissances. Mon camarade, qui est fort adroit quand il y

songe, s'amusait, en recevant les assiettes, à les faire voltiger

jusqu'au plafond, où elles s'élevaient en faisant plusieurs révolutions

sur elles-mêmes, comme Paillasse quand il fait le saut périlleux; et aux

grands applaudissemens des convives, il les rattrapait dans leur chute

avec assez de dextérité pour n'en pas casser une. «Ce tour est fort

joli, dit un des spectateurs, mais il n'est pas difficile à

faire.--Difficile! répliqua l'escamoteur, dites qu'il est des plus

faciles. Tous les talens se trouvent dans tous les hommes.

Essayez.--Voilà qui est bien dit, reprend notre homme en s'essayant avec

une assiette, qu'il casse.--Pas mal, pour un premier coup: essayez

encore.» Nouvel essai, nouvelle assiette cassée. «Une seconde fois ne

compte pas. Je n'ai réussi, moi, qu'à la troisième fois», reprend le

professeur en recommençant son tour avec plus de facilité que jamais.

L'écolier de recommencer, et de casser une troisième assiette plus

gauchement qu'auparavant. «Courage, vous y viendrez. Voyez comme c'est

aisé.» Affriolé par les encouragemens que lui donnait son perfide

maître, l'apprenti recommença vingt fois sa tentative sans plus de

succès; ce qui nous divertissait d'autant plus, qu'il ne manquait pas, à

chaque assiette cassée, de demander papier, plume et encre, et de donner

un bon sur sa maison en disant: «Qu'est-ce que cela me fait à moi? ne

suis-je pas fabricant en terre de pipe?» Si on l'eût poussé davantage,

il eût renouvelé toute la vaisselle de l'auberge. Le plancher était tout

couvert de débris. Comme il y avait long-temps que le jeu durait: «En

voilà assez pour une première leçon, lui dit Lenoir. Dans quinze jours

je reviendrai ici, et je vous en donnerai une seconde, si cela vous

amuse. En attendant, essayez-vous dans votre magasin.» Et disant cela,

oubliant qu'il tenait à sa main un compotier, il le laissait tomber sur

son voisin; c'est qu'il n'est adroit que quand il plaisante.

Le lendemain nous allâmes coucher à Aix, où nous arrivâmes long-temps

après la chute du jour. Nous avions éprouvé un retard considérable au

passage de la Durance.

Que l'aspect de ses rives désolées m'affligea! que celui de la Provence

répondit peu d'abord à l'idée que je m'en étais faite! Je m'imaginais

entrer dans le printemps: au lieu de la verdure et des fleurs, je ne

rencontrais que l'olivier poudreux, dont le feuillage n'est guère moins

triste que la nudité de nos arbres forestiers.

La tiédeur de la température était, à mon sens, le seul avantage que

nous eût procuré jusques alors la longue course que nous achevions sur

la terre aride qui recouvre les roches depuis Lambesc jusqu'à Septem.

Ces roches, à travers lesquelles la grande route est creusée, et qui

s'étendent au loin à droite et à gauche dans des forêts de pins, servent

souvent de retraite aux voleurs. Nous ne l'ignorions pas, grâce à

l'attention qu'on avait à chaque poste de nous en avertir, pour nous

déterminer à prendre des escortes que les voleurs peut-être nous

auraient fournies.

Lenoir s'y refusait constamment, moins par économie que par suite d'un

système trop singulier pour que je ne croie pas devoir le développer.

«Si nous prenons une escorte, me disait-il, nous donnerons à penser que

nous avons un grand intérêt à le faire, et ce serait un avertissement

pour les voleurs, s'il y en a qui nous épient pendant que nous changeons

de chevaux. On croira au contraire que des gens qui ne prennent aucune

précaution n'ont rien à perdre; et puis, si nous étions attaqués dans

ces rochers, deux hommes suffiraient-ils à nous défendre? Il vaut mieux

s'en fier au hasard. Je crois d'ailleurs que tant de gens n'ont été

dépouillés par les voleurs que pour s'y être mal pris avec eux. Au lieu

de leur montrer le pistolet, que ne leur parlaient-ils raison? Il n'y a

pas d'homme qui n'entende raison. Je suis persuadé qu'en pareille

rencontre j'amènerais ces gens-là, en leur parlant principes, à un

partage amiable, et à recevoir leur part, au lieu de la prendre.»

Telle était en bref la théorie que lui, propriétaire, me développait sur

la propriété, et cela le long du bois de la Taillade, vrai coupe-gorge,

où nous étions engagés à la nuit noire. Heureusement gagnâmes-nous la

couchée sans avoir occasion d'en faire l'essai avec les philosophes de

grands chemins. Ce pauvre Lenoir croyait alors les bonnes gens eux-mêmes

meilleurs qu'ils ne sont; il les croyait bons comme lui.

D'Aix à Marseille, le sol change de nature; plus on avance vers cette

dernière ville, plus il se couvre de verdure. Point de vue toutefois,

tant que vous n'êtes pas parvenu au sommet d'une côte que les chevaux ne

gravissent qu'avec peine, et qu'on appelle _la Viste_. Mais de là quel

coup d'oeil ravissant! Le spectacle le plus inattendu se déroule tout à

coup à vos yeux. Les prestiges s'opèrent à l'aide des machines avec

moins de rapidité sur le plus merveilleux de nos théâtres. Devant vous

une perspective sans autres bornes que le ciel et la mer; à vos pieds

Marseille et d'innombrables _bastides_ dispersées autour d'elle comme

des satellites autour d'une planète. Je n'ai pas vu de paysage plus

enchanteur en Italie, même sous le ciel de Naples, même du sommet du

Vésuve, ou plutôt aucun paysage, si magnifique qu'il soit, n'a produit

sur moi la même impression.

Pour compléter ce tableau, ajoutons que sur les points où la mer est

cachée il est encadré dans des montagnes qui se dessinent sur le ciel

dans les formes les plus bizarres. Il en est même dont la réunion offre

l'aspect d'un géant couché. Puget avait demandé aux États de Provence

une somme assez modique pour régulariser cette ébauche de la nature, ce

Titan qui couvre de son corps autant de lieues peut-être que du sien

couvrait d'arpens cet Encelade de gigantesque mémoire. Puget prétendait

réaliser là le prodige de ce Grec qui voulait tailler en statue le mont

Athos.

Souvenirs d'un sexagénaire, Tome II · 第 22 / 62 题