direction presque comme le chef du mouvement révolutionnaire parmi les
étudiants. J'ai publié, dans le journal _Rouss_, une lettre, dans
laquelle je reprochais à la direction son manque de perspicacité et
démontrais la nécessité d'accorder l'autonomie au Conservatoire. A la
réunion du conseil, Bernhard condamna les termes de ma lettre. On lui
opposa des raisons contraires; mais il leva la séance sans laisser
prendre de résolution.
La plus grande partie des professeurs, dont j'étais, l'invita alors par
écrit à se démettre. Tout cela eut pour résultat la fermeture du
Conservatoire, l'exclusion de plus d'une centaine d'élèves, la démission
de Bernhard et ma révocation comme professeur au Conservatoire, mesure
prise par la direction principale de la Société Musicale, à l'insu du
conseil artistique.
Ayant reçu l'avis de ma révocation, je l'ai annoncée par une lettre
publique, dans la _Rouss_, et j'ai donné en même temps ma démission de
membre d'honneur de la section pétersbourgeoise de la Société Musicale.
Il se passa alors une chose bien singulière. Des deux capitales, de tous
les points de la Russie, affluèrent à mon nom des adresses collectives,
des lettres des différentes institutions et d'un grand nombre de
personnes, appartenant au monde musical, et où de chaudes sympathies
m'étaient exprimées, ainsi que l'indignation contre la direction de la
Société Russe Musicale. Des délégations des diverses sociétés et
corporations vinrent me voir pour me faire les mêmes déclarations. Les
journaux étaient remplis d'articles traitant mon cas. Le comité de
direction était fort malmené. Quelques-uns de ses membres, notamment
Persiani et Taneïev donnèrent leur démission. Les élèves du
Conservatoire organisèrent une représentation de mon _Kastcheï_ et de
mes morceaux séparés au théâtre de Mme Kommissarjevsky. _Kastcheï_ fut
assez bien répété, sous la direction de Glazounov. A la fin de l'opéra,
on m'appela à plusieurs reprises sur la scène, on lut des adresses de
toutes sortes de corporations et on prononça des discours très
violents. Un bruit indescriptible éclatait après chaque lecture
d'adresse ou chaque discours. Finalement, la police ordonna de faire
descendre le rideau de fer et la manifestation se termina. La partie
concertrale ne put, par suite, avoir lieu.
Une pareille exagération de mes mérites et de mon soi-disant courage
civique ne saurait être expliquée que par l'agitation qui s'est emparée
de toute la société russe et qui voulait, en s'adressant à moi, exprimer
hautement l'indignation accumulée chez elle contre le régime en général.
M'en rendant bien compte, je n'en ressentis aucune satisfaction
d'amour-propre. J'attendis seulement que cela finisse. Mais cela ne
finit pas de sitôt, car cela dura encore deux mois entiers. Ma situation
n'était pas tenable. La police donna l'ordre d'empêcher toute exécution
de mes oeuvres à Saint-Pétersbourg.
Certains satrapes de province donnèrent les mêmes ordres dans leur
ressort. En vertu de cette interdiction, le troisième concert
symphonique, dont le programme portait l'ouverture de la _Pskovitaine_,
n'eut pas lieu. Vers le commencement de l'été, la force de cette
absurde interdiction faiblit peu à peu, et mes oeuvres apparurent en
grande quantité sur le programme des orchestres en plein air,
précisément à cause de l'attention dont je fus l'objet. Seuls, les zélés
gouverneurs de province continuèrent à considérer, pendant quelque temps
encore, mes oeuvres comme révolutionnaires.
Les études du Conservatoire ne reprenaient point. Glazounov et Liadov
démissionnèrent. Quant à mes autres collègues, après quelques palabres
bruyants, ils restèrent tous, sauf Verjbilovitch, celui-ci sans raison
explicable. Mme Essipov partit pour l'étranger, et Blumenfeld, qui
saisit ce prétexte qu'il cherchait depuis longtemps, quitta à son tour
le Conservatoire. Les professeurs, assemblés en des réunions privées
chez Sacha Glazounov, élurent celui-ci directeur du Conservatoire
autonome. Mais cette élection resta pour l'instant toute platonique.
Les événements du printemps de 1905 qui eurent lieu au Conservatoire et
toute l'histoire me concernant sont décrits ici fort brièvement; mais
les matériaux s'y rapportant: articles, lettres, avis officiels
m'annonçant ma révocation, etc., sont conservés par moi en ordre
parfait. Quiconque s'y intéresse pourrait utiliser ces matériaux; quant
à moi, je n'ai aucune envie de décrire en détail ce long intermède dans
ma vie musicale.
Nous avons passé l'été de 1905 de nouveau à Vetchascha. Mon fils André,
souffrant de rhumatismes, partit avec sa mère pour une cure à l'étranger
et revint à Vetchascha vers la fin de l'été seulement.
Fort troublé par les événements du Conservatoire, je fus longtemps avant
de me remettre au travail. Après divers essais d'une étude contenant
l'examen de ma _Snegourotchka_, je me suis mis enfin à la réalisation
d'une idée, déjà ancienne, d'écrire un traité d'orchestration, en
l'appuyant sur des exemples pris exclusivement dans mes oeuvres. Ce
travail dura pendant tout l'été. De plus, j'ai eu à récrire au net et à
parachever la partition de _Kitej_ en vue de sa publication. L'édition
en fut cette fois assurée par la firme de Belaïev.
A mon retour à Saint-Pétersbourg, tout mon temps fut pris par le choix
des exemples pour mon traité d'orchestration et l'élaboration de la
forme du traité même. Le Conservatoire demeurait toujours fermé. Les
élèves venaient prendre leurs leçons chez moi.
Au début de l'automne, je fus appelé à Moscou pour la représentation de
_Pan Voyevode_ au Grand Théâtre Impérial. C'est le talentueux
Rakhmaninov qui dirigea l'orchestre. La musique avait été très bien
étudiée, mais quelques-uns des chanteurs furent un peu faibles.
L'orchestre et le choeur furent excellents.
Je me suis rendu compte avec satisfaction que mes conceptions musicales
se réalisaient parfaitement dans la pratique, tant dans la partie vocale
que dans la partie orchestrale. La musique, qui donnait déjà une
impression satisfaisante sur la scène d'un opéra privé, gagnait
énormément dans l'exécution d'un grand orchestre. Les voix résonnaient
d'une façon parfaite. Et toute l'orchestration était aussi bonne. Le
commencement de l'opéra, le nocturne, la scène d'envoûtement, la
mazurka, la cracovienne, la polonaise pianissimo, pendant la scène de
Jadviga avec le pan Dzuba, ne laissaient rien à désirer. Le chant sur le
cygne mourant, qui a beaucoup plu à Saint-Pétersbourg, parut ici plus
pâle, chanté par Polozova, et l'air du Voyevode fut exécuté par Pétrov
sans relief.
Le temps ne fut pas moins troublé à Moscou pendant les représentations
de _Pan Voyevode_. Une grève éclata dans les imprimeries quelques jours
avant la première représentation; sauf les affiches du théâtre, aucune
annonce ne put paraître dans les journaux, et la première soirée, la
salle fut loin d'être comble.
L'opéra eut un «succès d'estime»; cependant, la fréquence des grèves,
l'agitation politique, et enfin, la révolte de décembre qui eut lieu à
Moscou, eurent pour résultat de faire disparaître mon oeuvre du
répertoire de l'Opéra, après quelques représentations.
Teliakovsky n'avait assisté qu'à la première représentation. Ayant
appris par Rakhmaninov que j'ai achevé ma _Légende sur le Kitej_, il
m'exprima le désir de le monter à Pétersbourg durant la saison
prochaine. Je lui ai répondu que j'ai pris la résolution de ne plus
présenter jamais mes opéras à la direction: qu'elle choisisse elle-même
parmi mes oeuvres éditées; mais puisque le directeur s'intéressait à
mon _Kitej_, je lui en adresserai un exemplaire dès l'impression de
l'opéra, avec une dédicace; quant à le monter ou à ne pas le monter,
c'était à lui de décider; s'il le fait, j'en serais très heureux; sinon,
je ne lui adresserai aucun reproche.
Après avoir entendu mon _Sadko_ au théâtre Solodovnikov, dans une
détestable exécution, je revins à Saint-Pétersbourg.
Pendant cet automne, la mort emporta Arensky. Après la fin de ses études
au Conservatoire de Saint-Pétersbourg, mon ancien élève devint
professeur au Conservatoire de Moscou et vécut plusieurs années dans la
vieille capitale. D'après tous les témoignages, sa vie s'était écoulée
d'une façon désordonnée, dans les buveries et les jeux de cartes, ce qui
pourtant n'entrava pas sa fécondité de compositeur. A un moment donné,
il eut même une crise de folie qui passa, toutefois, sans laisser de
trace. Ayant abandonné le professorat au Conservatoire de Moscou, il
alla habiter Saint-Pétersbourg et fut pendant quelque temps le
successeur de Balakirev à la tête de la chapelle de la Cour. Dans cette
fonction, il continua de même à mener sa vie désordonnée, quoique à un
degré moindre. Il quitta également la chapelle de la Cour et prit la
direction du choeur du comte Scheremetiev. Dès lors sa situation
devint bien plus enviable. Ayant le titre d'un fonctionnaire pour
mission spéciale au ministère de la Cour, Arensky recevait 6.000 roubles
de traitement, tout en jouissant de loisir pour s'occuper de ses
oeuvres. Aussi composait-il beaucoup; mais en même temps, ses orgies
et le jeu reprirent de plus belle et minèrent sa santé. Finalement, il
contracta la tuberculose. Parti déjà très bas pour Nice, il revint
mourir en Finlande.
Depuis qu'il vint habiter Saint-Pétersbourg, Arensky entretenait des
relations amicales avec le cercle Belaïev; mais en tant que compositeur,
il se tenait à l'écart, rappelant sous ce rapport Tchaïkovsky. Quant à
ses tendances musicales, il se rapprochait le plus de celles d'Antoine
Rubinstein, sans en avoir au même degré la force créatrice, bien qu'au
point de vue instrumental, il le dépassait, parce que enfant de son
temps. Dans sa jeunesse, Arensky ne fut pas sans subir mon influence et,
plus tard, celle de Tchaïkovsky. Mais son souvenir ne lui survivra pas
longtemps.
<tb>
La grande grève éclata à ce moment. Arriva la journée du 30 octobre,
avec les manifestations populaires du lendemain[33]. Pendant quelque
temps, une liberté complète de la presse régna; puis elle fut de nouveau
abolie et les répressions leur succédèrent. Aussi, n'avais-je point
l'état d'esprit nécessaire pour continuer mon travail de rédaction du
traité d'orchestration.
Cependant, au milieu de ce trouble, un règlement temporaire fut
promulgué, par lequel une certaine autonomie était accordée au
Conservatoire. Le Conseil artistique acquérait le droit de nommer les
professeurs en dehors de la compétence de la direction, et choisir dans
son sein le directeur du Conservatoire pour un temps défini. En vertu de
ces nouveaux principes, le Conseil m'invita, ainsi que les autres
professeurs qui ont quitté le Conservatoire à cause de moi, à reprendre
nos fonctions. Le Conseil reconstitué, élut, dès sa première séance,
Glazounov comme directeur du Conservatoire. Les élèves exclus furent
réadmis. Mais il fut impossible de recommencer les études, car la
réunion des élèves décida de ne pas les reprendre tant que ne seront
pas reprises les études dans les autres établissements de
l'enseignement supérieur. Il fut donc décidé de procéder seulement aux
examens au mois de mai.
Je continuais à enseigner à mes élèves chez moi. Pendant ce temps, les
réunions du Conseil artistique étaient orageuses à l'extrême. Certains
de ses membres préconisaient la continuation des cours, dénigrant les
élèves de toutes les façons et se querellant avec Glazounov, qui tenait
à respecter la décision des élèves; d'autres membres, d'abord partisans
du nouveau directeur, lui tournèrent le dos, sous l'influence de la
réaction qui s'était produite dans une partie de la société russe. La
situation de Glazounov, adoré par les élèves, était difficile. La partie
conservatrice du Conseil lui faisait une opposition acharnée à toutes
les séances. Pendant l'une d'elles, je perdis patience et quittai la
salle, déclarant que je ne saurais plus rester au Conservatoire. On
courut après moi et on essaya de me calmer. J'écrivis au Conseil une
lettre d'explication où j'avouai que je n'aurais pas dû m'emporter, mais
je donnai le motif de mon indignation.
J'ai décidé de rester encore au Conservatoire jusqu'à l'été et de
l'abandonner à l'automne, parce que la direction pétersbourgeoise de la
Société Musicale, qui s'était d'abord effacée, reprit de l'assurance et
entrava toutes les initiatives de Glazounov au point de vue pécunier. Je
dis à Glazounov mon intention de m'en aller et cherchai à le persuader
de faire de même. Il fut au désespoir et vit dans mon abandon du
Conservatoire le prélude d'une nouvelle difficulté, mais refusa de
démissionner lui-même, espérant être encore utile à l'établissement.
Vint le mois de mai et l'époque des examens. Glazounov les conduisit
avec énergie. Les esprits des étudiants se calmèrent pendant les
examens, et l'année scolaire se termina sans incidents. Par affection
pour mon cher Sacha et aussi pour nombre de mes élèves, je résolus de ne
pas démissionner pour l'instant, car les intentions de Glazounov étaient
les meilleures, et il m'était pénible de déranger ses projets.
<tb>
Pendant la deuxième moitié de la saison, _Snegourotchka_ fut reprise au
théâtre Marie, et donnée onze fois, sous la direction de Blumenfeld.
Malgré le temps de trouble, les recettes furent très bonnes. _La Fiancée
du Tzar_, donnée au commencement de l'automne, ne fut pas reprise, et
au printemps recommencèrent les répétitions de la _Légende sur la cité
invisible de Kitej_, sur la propre initiative de Teliakovsky, qui avait
reçu de moi un exemplaire de la partition.
Au printemps, j'ai repris mon travail de rédaction des oeuvres de
Moussorgsky. Les reproches que j'ai entendus me faire à maintes reprises
pour avoir supprimé quelques pages de _Boris Godounov_, finirent par
m'inciter de revenir à cette oeuvre et de procéder à la rédaction et à
l'orchestration de ces pages supprimées et de les publier sous forme de
supplément à la partition. J'ai orchestré ainsi le récit de Pimen
concernant les tzars Ivan et Féodor, le récit sur le pope, l'horloge au
coucou, la scène de l'Imposteur avec Rangoni à la fontaine, et le
monologue de l'Imposteur, après la polonaise.
Le tour vint également du fameux _Mariage_[34]. D'un commun accord avec
Stassov, qui cachait jusqu'alors, à la Bibliothèque Impériale, le
manuscrit de l'opéra à tous les regards indiscrets, cette oeuvre fut
exécutée un soir chez moi par Sigismond Blumenfeld, ma fille Sonia, le
ténor Sandoulenko et le jeune Stravinsky. Ma femme accompagnait. Mise
ainsi au jour, cette oeuvre frappa tout le monde par son esprit autant
que par son manque de musicalité préconçue. Après réflexion, je me suis
décidé, au grand plaisir de Stassov, de faire éditer cet opéra par
Bessel, en le révisant et en le corrigeant préalablement, avec la pensée
de l'orchestrer un jour pour sa représentation sur la scène[35].
<tb>
J'ai déjà fait allusion à la nécessité pour mon fils André d'aller
compléter sa cure à l'étranger. Il partit au début de mai avec sa mère.
Mon fils Volodia devint libre aussi après les derniers examens de
l'Université, où il terminait ses études cette année. Il fut donc
convenu que nous passerions tous l'été à l'étranger.
Je suis parti avec Volodia et ma fille Nadia, au début de juin, en
passant par Vienne, pour me rendre à Riva, sur le lac de Garde. Ma femme
et André devaient venir nous rejoindre. Nous passâmes dans la charmante
Riva près de cinq semaines. Je m'occupais de l'orchestration de mes
romances: le _Songe d'une nuit d'été_ et _Antchar_. J'ai orchestré
également trois romances de Moussorgsky, développé ma trop courte
_Doubinouschka_[36] et _Kastcheï_, qui ne me satisfaisait point, en y
ajoutant un choeur dans les coulisses.
En revanche, le mystère _Terre et Ciel_ avançait difficilement, de même
que _Stegnka Razine_. Aussi, la pensée d'arrêter ma carrière de
compositeur, qui me poursuivait depuis l'achèvement de _Kitej_,
continua-t-elle à me poursuivre ici encore.
Les nouvelles de Russie me maintenaient dans un état d'inquiétude, mais
je résolus de ne pas abandonner le Conservatoire, si les circonstances
ne me l'imposaient point, d'autant plus que les lettres de Glazounov,
qui s'était mis à la partition de sa huitième symphonie, m'apportaient
quelque consolation. J'ai résolu de ne pas l'abandonner; quant à mes
compositions, l'avenir en décidera. En tout cas, je tâcherai d'éviter de
me mettre dans la situation d'un chanteur qui a perdu sa voix. On verra
bien...
Après avoir passé cinq semaines tranquilles à Riva, nous avons accompli
un voyage à travers l'Italie et sommes revenus à Riva pour quinze jours
encore. Demain nous quittons ce charmant endroit et partons, par Munich
et Vienne, pour la Russie.
Le récit de ma vie musicale est conduit jusqu'à sa fin. Il est
désordonné, il n'est pas également détaillé partout, il est écrit en
mauvais style, il est souvent assez sec; en revanche, il ne contient
_que la vérité_, et c'est là son intérêt.
A mon arrivée à Saint-Pétersbourg, se réalisera peut-être ma très
ancienne idée d'écrire un journal intime. Mais qui sait si j'aurai
longtemps à l'écrire?...
Riva sul lago di Garda, 22 août (vieux style) 1906.
TABLE DES MATIÈRES
INTRODUCTION DE E. HALPÉRINE-KAMINSKY
CHAPITRE I.--Balakirev et son groupe.--César Cui,
Moussorgsky, Borodine.--Mon entrée dans ce groupe I
CHAPITRE II.--Borodine et Moussorgsky.--Exécution
de ma première oeuvre 25
CHAPITRE III.--L'amitié de Moussorgsky.--_Sadko._--Tchaïkovsky 33
CHAPITRE IV.--Berlioz à Saint-Pétersbourg.--Ses concerts
et l'indifférence qu'il montra pour la musique russe.--_Boris
Godounov._--Le _Lohengrin_ de Wagner 36
CHAPITRE V.--Ma nomination comme professeur au Conservatoire 41
CHAPITRE VI.--La _Pskovitaine_ et la Censure.--La première
représentation de la _Pskovitaine_ 47
CHAPITRE VII.--Moussorgsky.--La chute de ses facultés.--Analyse
de ses oeuvres 56
CHAPITRE VIII.--Rédaction des partitions de Glinka.--Deuxième
version de la _Pskovitaine_.--Comparaison
des deux versions 62
CHAPITRE IX.--Borodine: chimiste, professeur et musicien.--La
_Nuit de Mai_.--Analyse musicale.--Sa
tendance païenne.--Le _Prince Igor_ de Borodine 70
CHAPITRE X.--La représentation de la _Nuit de Mai_.--Les
concerts de l'École musicale Gratuite.--Moussorgsky
pianiste.--_Snegourotchka._--Glazounov 85
CHAPITRE XI.--La composition de _Snegourotchka_.--La
fin du _Conte_.--L'analyse de _Snegourotchka_ 102
CHAPITRE XII.--La mort de Moussorgsky.--J'abandonne la
direction de l'École musicale Gratuite.--Les représentations
de _Snegourotchka_.--L'accueil que lui fait la critique.--Balakirev
reprend la direction de l'École Gratuite.--La
première oeuvre de Glazounov.--Mon arrangement
de _Khovanstchina_ et des autres oeuvres de Moussorgsky 119
CHAPITRE XIII.--«Les Concerts Russes Symphoniques.»--La
mort de Borodine.--Le cercle de Balakirev et
le cercle de Belaïev.-- L'orchestration du _Prince
Igor_.--Le _Capriccio Espagnol_.--_Shéhérazade_ et
l'_Ouverture dominicale_ 137
CHAPITRE XIV.--La représentation de l'_Anneau des
Nibelungen_.--Voyage à Paris.--Mon opéra-ballet
_Mlada_.--Voyage à Bruxelles.--Le 25e anniversaire
de ma vie musicale.--La représentation du _Prince
Igor_ 155
CHAPITRE XV.--Occupations esthétiques et philosophiques.--Représentation
de _Mlada_ 170
CHAPITRE XVI.--La mort de Tchaïkovsky.--La mort de
Rubinstein.--La censure et la _Nuit de Noël_.--_Sadko_ 178
CHAPITRE XVII.--La représentation de la _Nuit de Noël_.--Rédaction
de _Boris Godounov_.--Glazounov.--Comparaison
entre mes opéras _Mlada_, la _Nuit de Noël_
et _Sadko_.--Composition de romances 191
CHAPITRE XVIII.--_Sadko_ au théâtre Mamontov de Moscou.--_Vera
Scheloga_ et la _Fiancée du tsar_.--_Snegourotchka_
à l'Opéra Impérial de Saint-Pétersbourg.--Les
nouveaux compositeurs moscovites.--_Le tsar
Saltan_ 206
CHAPITRE XIX.--_Servilie._--La _Nuit de Mai_ à Francfort.--_Sadko_
à l'Opéra Impérial.--La représentation du
_Tsar Sultan_ à Moscou.--Divers projets d'opéras 222
CHAPITRE XX.--Composition de la cantate-prélude _D'après
Homère_ et de _Kastcheï l'Immortel_.--_Vera Scheloga_
et la _Pskovitaine_ au Grand Théâtre Impérial de Moscou.--Composition
du _Pan Voyevode_.--Nouvelle
orchestration de la _Statue du Commandeur_.--_Servilie_
au Théâtre Impérial Marie.--_Kastcheï l'Immortel_ à
l'Opéra privé de Moscou.--Composition de la _Légende
sur la Cité invisible de Kitej_.--_Scheloga_ et la _Pskovitaine_
au Théâtre Impérial Marie.--La mort de Belaïev
et son testament.--_Boris Godounov_ au Théâtre Impérial
Marie 232
CHAPITRE XXI.--Agitation parmi les élèves du Conservatoire.--Représentation
de _Kastcheï_ à Saint-Pétersbourg.--Mon
traité d'instrumentation.--_Pan Voyevode_
à Moscou.--La mort de Arensky.--Reprise de
_Snegourotchka_.--Les concerts.--Additions à la partition
de _Boris Godounov_.--_Le Mariage_ de Moussorgsky.--L'été
de 1906 243
ÉVREUX, IMPRIMERIE CH. HÉRISSEY
NOTES:
[1] Lettre citée par le critique musical V. Baskine dans son étude sur
Rimsky-Korsakov (Supplément littéraire de la _Niva_, juin 1909).
[2] Maître de piano de Rimsky-Korsakov et qui l'avait mis en contact
avec Balakirev (_Note du trad._).
[3] Célèbre critique d'art qui, avec César Cui, s'était fait, dans la
presse, le puissant défenseur de la «Nouvelle École». (_Note du trad._).
[4] _Rousslan et Ludmila_, opéra de Glinka. (_Note du traducteur._)
[5] L'auteur de l'hymne russe. (_Note du trad._).
[6] Sur lequel le jeune marin avait fait son voyage de circumnavigation
(_Note du trad._).
[7] L'auteur parle ensuite de l'exécution de sa première oeuvre aux
concerts de l'École Gratuite de Musique (_Note du trad._)
[8] L'Assemblée populaire de l'ancienne république de Pskov. (_Note du
traducteur._)
[9] Le censeur. (_Note du trad._)
[10] Le grand-duc Constantin Nicolaïevitch, frère d'Alexandre II, alors
grand amiral de la flotte russe. (_Note du traducteur._)
[11] Le chef d'orchestre influent du théâtre impérial Marie et auteur,
lui-même, de compositions musicales. (_Note du trad._)
[12] La soeur de la future Mme Rimsky-Korsakov (_Note du trad._)
[13] Le 21 janvier 1874, fut représenté au Théâtre Marie, l'opéra de
Moussorgsky: _Boris Godounov_. Le succès fut grand. «Nous triomphions»,
dit Rimsky-Korsakov en faisant allusion au groupe des «cinq». (_Note du
trad._)
[14] Contes de Gogol. (_Note du trad._)
[15] Célèbre critique musical.
[16] Le prélude fut par la suite mis au point par A.-K. Liadov. (_Note
de l'auteur._)
[17] En 1876, Rimsky-Korsakov avait été chargé de reviser et de rédiger,
pour une nouvelle édition, les éditions précédentes, fort défectueuses,
des partitions de Glinka. (_Note du trad._)
[18] D'après lequel Rimsky-Korsakov a écrit son livret de la
_Pskovitaine_. (_Note du trad._).
[19] Violon à trois cordes avec archet. (_Note du trad._)
[20] L'auteur de la nouvelle _La Nuit de Mai_, d'où le compositeur a
tiré le livret de l'opéra (_Note du trad._).
[21] Considéré en Russie comme le plus grand dramaturge russe. (_Note du
trad._).
[22] Deux familles bien connues, dont plusieurs membres se sont
distingués dans divers arts. (_Note du trad._).
[23] Critique musical bien connu du journal _Novoïe Vremia_. (_Note du
trad._)
[24] Le terme «chapelle»,--en russe «capella», tirant son origine de
l'italien,--comprend le choeur et l'orchestre.
[25] B-la-F (si-bém.-la-fa), ces trois notes forment le nom Belaïev
(_Note de Adam de Wienawski_).
[26] Critique musical fameux (_Note du traducteur_).
[27] Célèbre poète russe. (_Note du traducteur._)
[28] Ancienne coutume de chanter à Noël ou au Nouvel An pour souhaiter
la bonne fête devant les portes ou les fenêtres des habitants. (_Note du
traducteur._)
[29] Cet intermezzo s'est conservé dans les papiers de Rimsky-Korsakov,
sous forme de partition et de transposition à 4 mains. (_Note de Mme
Rimsky-Korsakov._)
[30] Riche négociant de Moscou qui patronnait volontiers diverses
entreprises d'art. (_Note du traducteur._)
[31] Critique musical de Moscou. (_Note du traducteur._)