Ce n'est point en nous efforçant d'élever notre esprit à de sublimes
pensées, que nous recueillerons le fruit de la sainte Communion; mais
en adorant, pleins d'amour, Jésus-Christ en nous, en lui ouvrant notre
coeur avec une grande confiance et une grande simplicité, _comme un
ami parle à son ami_[712]. Nous avons des besoins, il faut les lui
exposer. Nous sommes couverts de plaies, il faut les lui montrer, afin
qu'il les lave dans son divin sang. Nous sommes faibles, il faut lui
demander de ranimer nos forces. Nous sommes nus, affamés, altérés; il
faut lui dire: Ayez pitié de ce pauvre mendiant. De lui découlent
toutes les grâces. Écoutez ses paroles: _Je suis la résurrection et la
vie: celui qui croit en moi, encore qu'il soit mort, il vivra: et tout
homme qui vit et qui croit en moi ne mourra point à jamais.
Croyez-vous ainsi[713]?_ «Ô chrétien! je ne te dis plus rien: c'est
Jésus-Christ qui te parle en la personne de Marthe; réponds avec elle.
_Oui, Seigneur, je crois que vous êtes le Christ, fils du Dieu vivant,
qui êtes venu en ce monde_[714]. Ajoutez avec saint Paul: _Afin de
sauver les pécheurs, desquels je suis le premier_[715]. Crois donc,
âme chrétienne, adore, espère, aime. Ô Jésus! ôtez les voiles, et que
je vous voie. Ô Jésus! parlez dans mon coeur, et faites que je vous
écoute. Parlez, parlez, parlez; Il n'y a plus qu'un moment: parlez.
Donnez-moi des larmes pour vous répondre: frappez la pierre; et que
les eaux d'un amour plein d'espérance, pénétré de reconnaissance,
coulent jusqu'à terre[716].»
[712] Levit., XXXIII, 11.
[713] Joann., XI, 25, 26.
[714] Joann., XI, 27.
[715] I. Tim., I, 15.
[716] Bossuet.