RÉFLEXION.

«Je m'abandonne à vous, ô mon Dieu: à votre unité pour être fait un

avec vous; à votre infinité et à votre immensité incompréhensible,

pour m'y perdre et m'y oublier moi-même; à votre sagesse infinie, pour

être gouverné selon vos desseins, et non pas selon mes pensées; à vos

décrets éternels, connus et inconnus, pour m'y conformer, parce qu'ils

sont tous également justes; à votre éternité, pour en faire mon

bonheur; à votre toute-puissance, pour être toujours sous votre main;

à votre bonté paternelle, afin que, dans le temps que vous m'avez

marqué, vous receviez mon esprit entre vos bras; à votre justice,

autant qu'elle justifie l'impie et le pécheur, afin que, d'impie et de

pécheur, vous le fassiez juste et saint. Il n'y a qu'à cette justice

qui punit les crimes que je ne veux pas m'abandonner; car ce serait

m'abandonner à la damnation que je mérite; et néanmoins, Seigneur,

elle est sainte, cette justice, comme tous vos autres attributs; elle

est sainte et ne doit pas être privée de son sacrifice. Il faut donc

aussi m'y abandonner, et voici que Jésus-Christ se présente, afin que

je m'y abandonne en lui et par lui[696].»

[696] Bossuet.

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre · 第 318 / 453 题