Je cherche un coeur pur, et là est le lieu de mon repos.
_Préparez-moi un grand Cénacle, et je célébrerai chez vous la Pâque avec
mes disciples_[683].
[683] Marc., XIV, 15. Luc., XXII, 12.
Si vous voulez que je vienne à vous, et que je demeure en vous,
_purifiez-vous du vieux levain_[684], et nettoyez la maison de votre
coeur.
[684] I. Cor., V, 7.
Bannissez-en les pensées du siècle, et le tumulte des vices.
_Comme le passereau qui gémit sous un toit solitaire_[685],
rappelez-vous vos péchés dans l'amertume de votre âme.
[685] Ps. CI, 8.
Car un ami prépare toujours à son ami le lieu le meilleur et le plus
beau; et c'est ainsi qu'il lui fait connaître avec quelle affection il
le reçoit.
2. Sachez cependant que vous ne pouvez, quels que soient vos propres
efforts, vous préparer dignement, quand vous y emploieriez une année
entière, sans vous occuper d'autre chose.
Mais c'est par ma grâce et ma seule bonté qu'il vous est permis
d'approcher de ma table, comme un mendiant invité au festin du riche, et
qui n'a, pour reconnaître ce bienfait, que d'humbles actions de grâces.
Faites ce qui est en vous, et faites-le avec un grand soin. Recevez, non
pour suivre la coutume ou pour remplir un devoir rigoureux, mais avec
crainte, avec respect, avec amour, le corps du Seigneur bien-aimé, de
votre Dieu, qui daigne venir à vous.
C'est moi qui vous appelle, qui vous commande de venir: je suppléerai à
ce qui vous manque; venez et recevez-moi.
3. Lorsque je vous accorde le don de la ferveur, remerciez-en votre
Dieu: car ce n'est pas que vous en soyez digne, mais parce que j'ai eu
pitié de vous.
Si vous vous sentez, au contraire, aride, priez avec instance, gémissez
et ne cessez point de frapper à la porte, jusqu'à ce que vous obteniez
quelque miette de ma table, ou une goutte des eaux salutaires de la
grâce.
Vous avez besoin de moi, et je n'ai pas besoin de vous. Vous ne venez
pas à moi pour me sanctifier; mais c'est moi qui viens à vous pour vous
rendre meilleur et plus saint.
Vous venez pour que je vous sanctifie, et pour vous unir à moi, pour
recevoir une grâce nouvelle, et vous enflammer d'une nouvelle ardeur
d'avancer dans la vertu.
Ne négligez point cette grâce; mais préparez votre coeur avec un soin
extrême, et recevez-y votre bien-aimé.
4. Mais il ne faut pas seulement vous exciter à la ferveur avant la
Communion, il faut encore travailler à vous y conserver après; et la
vigilance qui la doit suivre n'est pas moins nécessaire que la
préparation qui la précède: car cette vigilance est elle-même la
meilleure préparation pour obtenir une grâce plus grande.
Rien, au contraire, n'éloigne davantage des dispositions où l'on doit
être pour communier, que de se trop répandre au dehors en sortant de la
Table sainte.
Parlez peu, retirez-vous dans un lieu secret, et jouissez de votre Dieu.
Car vous possédez celui que le monde entier ne peut vous ravir.
Je suis celui à qui vous vous devez donner sans réserve; de sorte que,
dégagé de toute inquiétude, vous ne viviez plus en vous, mais en moi.