3. Vous êtes le Saint des saints, et moi le rebut des pécheurs.

Vous vous inclinez vers moi, qui ne suis pas digne de lever les yeux sur

vous.

Vous venez à moi, vous voulez être avec moi, vous m'invitez à votre

table. Vous voulez me donner à manger un aliment céleste, le pain des

Anges, qui n'est autre que vous-même, _ô pain vivant, qui êtes descendu

du ciel, et qui donnez la vie au monde_[602]!

[602] Joann., VI, 48, 50, 54.

4. Voilà la source de l'amour et le triomphe de votre miséricorde. Que

ne vous doit-on pas d'actions de grâces et de louanges pour ce bienfait!

Ô salutaire dessein que celui que vous conçûtes d'instituer votre

Sacrement! ô doux et délicieux banquet, où vous vous donnâtes vous-même

pour nourriture!

Que vos oeuvres sont admirables, Seigneur! que votre puissance est

grande! que votre vérité est ineffable!

_Vous avez dit, et tout a été fait_[603], et rien n'a été fait que ce

que vous avez ordonné.

[603] Ps. CXLVIII, 5.

5. Chose merveilleuse, que nul homme ne saurait comprendre, mais que

tous doivent croire; que vous, Seigneur mon Dieu, vrai Dieu et vrai

homme, vous soyez contenu tout entier sous la moindre partie des espèces

du pain et du vin, et que, sans être consumé, vous soyez mangé par celui

qui vous reçoit.

Souverain maître de l'univers, vous qui, n'ayant besoin de personne,

avez cependant voulu habiter en nous par votre Sacrement: conservez sans

tache mon âme et mon corps, afin que je puisse plus souvent célébrer vos

saints mystères, avec la joie d'une conscience pure, et recevoir pour

mon salut éternel ce que vous avez institué principalement pour votre

gloire, et pour perpétuer à jamais le souvenir de votre amour.

6. Réjouis-toi, mon âme, et rends grâces à Dieu d'un don si magnifique,

d'une si ravissante consolation, qu'il t'a laissée dans cette vallée de

larmes.

Car toutes les fois qu'on célèbre ce mystère, et qu'on reçoit le corps

de Jésus-Christ, l'on consomme soi-même l'oeuvre de sa rédemption, et on

participe à tous les mérites du Christ.

Car la charité de Jésus-Christ ne s'affaiblit jamais, et jamais sa

propitiation infinie ne s'épuise.

Vous devez donc toujours vous disposer à cette action sainte par un

renouvellement d'esprit, et méditer attentivement ce grand mystère de

salut.

Lorsque vous célébrez le divin sacrifice, ou que vous y assistez, il

doit vous paraître aussi grand, aussi nouveau, aussi digne d'amour que

si, ce jour là-même, Jésus-Christ descendant pour la première fois dans

le sein de la Vierge, se faisait homme, ou que, suspendu à la croix, il

souffrît et mourût pour le salut des hommes.

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre · 第 283 / 453 题