RÉFLEXION.

C'est une grande misère que le penchant qu'ont les hommes à

s'inquiéter de mille vaines questions, tandis qu'à peine songent-ils

aux vérités les plus importantes. Ils veulent tout savoir, excepté la

seule chose indispensable. Leur orgueil se complaît dans des

spéculations presque toujours dangereuses, ou au moins stériles pour

le salut. En s'efforçant de pénétrer des mystères impénétrables, ils

s'égarent dans leurs pensées, et ne saisissent que l'erreur, au moment

même où ils croient ravir à Dieu son secret. Voilà le fruit des

travaux dont ils se consument sous le soleil. Ah! qu'il y a de

profondeur et de véritable science de l'homme, dons ce conseil du

Sage: _Ne recherchez point ce qui est au-dessus de vous, et ne scrutez

point ce qui est plus fort que vous; mais pensez sans cesse à ce que

Dieu vous prescrit, et gardez-vous de sonder curieusement toutes ses

oeuvres: car il ne vous est pas nécessaire de voir de vos yeux ce qui

est caché_[553]. Songeons à nous-mêmes, à nos devoirs, au compte

rigoureux qu'il nous faudra rendre de nos oeuvres et de nos paroles.

Il y a bien là de quoi nous occuper et remplir tout notre temps: il ne

nous est donné que pour cela.

[553] Eccles., III, 22, 23.

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre · 第 265 / 453 题