La plupart des hommes, dominés par les premières impressions, agissent
sans consulter Dieu, et passent leur vie à se repentir le soir de ce
qu'ils ont fait le matin. On doit travailler continuellement à vaincre
une faiblesse si déplorable, en s'efforçant de résister aux mouvements
soudains qui s'élèvent en nous. Celui qui n'est pas maître de soi
court un grand péril; il est à chaque instant près de tomber. Il faut
s'exercer à vouloir, à dompter l'imagination qui emporte l'âme, à
soumettre le coeur et ses désirs à une règle inflexible. Mais que
ferons-nous, pauvres infirmes, si nous ne sommes aidés, secourus? De
nous-mêmes nous ne pouvons rien. _Le Seigneur est notre seule
force_[389]: implorons-le donc avec confiance, implorons-le sans
cesse: _la prière de l'humble pénètre le Ciel_[390]. _Levons les yeux
sur la montagne d'où nous viendra le secours_[391]. _Seigneur, Dieu de
mon salut, j'ai crié devant vous le jour et la nuit_[392]: _ce pauvre
a crié, et le Seigneur l'a exaucé, et il l'a sauvé de toutes ses
tribulations_[393]. _Béni soit le Seigneur parce qu'il a entendu la
voix de ma prière! le Seigneur est mon aide et mon protecteur; mon
coeur a espéré en lui, et il m'a secouru, et ma chair a refleuri, et
du fond de ma volonté je le louerai_[394]. _Tous mes os diront:
Seigneur, qui est semblable à vous_[395]?
[388] Josué, IX, 14.
[389] Ps. XVII, 2.
[390] Eccl., XXXV, 21.
[391] Ps. CXX, 1.
[392] Ps. LXXX, 7, 2.
[393] Ps. XXXIII, 7.
[394] Ps. XXVII, 6-7.
[395] Ps. XXXIV, 10.