Il est étrange que, connaissant Dieu, toute notre âme ne soit pas
absorbée dans son amour; qu'elle s'arrête encore aux créatures, au
lieu de se plonger et de se perdre dans la source de tout bien.
Qu'est-ce que le bonheur, sinon l'amour? et qu'est-ce que le bonheur
infini, sinon un amour sans bornes? Il faut donc à notre coeur un
objet infini, il faut Dieu: rien de créé ne saurait le satisfaire
jamais. Que me veut le monde? Qu'ai-je besoin de lui? Que peut-il me
donner? Mon coeur est plus grand que tous ses biens, et _Dieu seul est
plus grand que mon coeur_[364]. Dieu seul donc, Dieu seul, maintenant
et toujours: éternellement Dieu seul!
[364] Joann., III, 20.