Fortifiez-moi intérieurement de votre vertu, afin que je bannisse de mon
coeur toutes les sollicitudes vaines qui le tourmentent, et que je ne
sois emporté par le désir d'aucune chose ou précieuse ou méprisable;
mais plutôt qu'appréciant toutes choses ce qu'elles sont, je voie
qu'elles passent, et que je passerai aussi avec elles.
_Car il n'y a rien de stable sous le soleil; et tout est vanité et
affliction d'esprit_[311]. Oh! qu'il est sage, celui qui juge ainsi!
[311] Eccl., I, 17.
5. Donnez-moi, Seigneur, la sagesse céleste, afin que j'apprenne à vous
chercher et à vous trouver, à vous goûter et à vous aimer par-dessus
tout, et à ne compter tout le reste que pour ce qu'il est, selon l'ordre
de votre sagesse.
Donnez-moi la prudence pour m'éloigner de ceux qui me flattent, et la
patience pour supporter ceux qui s'élèvent contre moi.
Car c'est une grande sagesse de ne se point laisser agiter à tout vent
de paroles, et de ne point prêter l'oreille aux perfides discours des
flatteurs. C'est ainsi qu'on avance sûrement dans la voie où l'on est
entré.