Que sont les épreuves qui nous viennent du dehors, comparées à celles
que nous trouvons au dedans de nous-mêmes? On résiste aux premières
avec toutes ses forces; elles sont divisées dans les secondes, et les
puissances de l'âme se combattent mutuellement: combat terrible que
saint Paul a peint en quelques traits. «_Je ne fais pas le bien que je
veux, et le mal que je ne veux pas, je le fais. Je me réjouis dans la
loi de Dieu, selon l'homme intérieur, et je vois dans mes membres une
autre loi, qui répugne à la loi de mon esprit et me captive sous la
loi du péché, qui est dans mes membres_[276].» Voilà ce qui désole les
âmes fidèles, humiliées de cette guerre honteuse; et sans cesse
tremblant de succomber; voilà ce qui faisait dire à l'Apôtre: _Qui me
délivrera du corps de cette mort?_ et aussitôt il ajoute: _La grâce de
Dieu par Jésus-Christ notre Seigneur_[277]. Jetons-nous donc entre ses
bras divins, qu'avec un amour inexprimable il étend pour nous
recevoir; approchons-nous de son coeur sacré, d'où émane
perpétuellement une vertu redoutable aux puissances du mal; ne
comptons que sur lui, n'espérons qu'en lui; écrions-nous du fond de
nos entrailles: _Délivrez-moi, Seigneur; placez-moi près de vous, et
qu'ensuite la main de qui que ce soit se lève contre moi_[278]. _Le
Seigneur est mon appui, mon refuge, mon libérateur; il est mon Dieu et
mon aide, et j'espérerai en lui; il est mon protecteur, il est la
force qui fait mon salut. Je l'invoquerai dans mes louanges, et je
serai délivré de mes ennemis_[279].
[276] Rom., VII, 19, 22, 23.
[277] Rom., VII, 24, 25.
[278] Job, XVII, 2.
[279] Ps. VII, 3, 4.