Qu'il faut souffrir avec constance les misères de cette vie, à l'exemple
de Jésus-Christ.
1. J.-C. Mon fils, je suis descendu du ciel pour votre salut; je me suis
chargé de vos misères, afin de vous former, par mon exemple, à la
patience, et de vous apprendre à supporter les maux de cette vie sans
murmurer.
Car, depuis l'heure de ma naissance jusqu'à ma mort sur la croix, je
n'ai jamais été sans douleur.
J'ai vécu dans une extrême indigence des choses de ce monde; j'ai
entendu souvent bien des plaintes de moi; j'ai souffert avec douceur les
affronts et les outrages: je n'ai recueilli sur la terre, pour mes
bienfaits, que de l'ingratitude; pour mes miracles, que des blasphèmes;
pour ma doctrine, que des censures.
2. LE F. Puisque vous avez montré, Seigneur, tant de patience durant
votre vie, accomplissant par là, d'une manière parfaite, ce que votre
Père demandait de vous, il est bien juste que moi, pauvre pécheur, je
souffre patiemment ma misère pour votre volonté, et que je porte selon
mon salut, aussi longtemps que vous le voudrez, le poids de cette vie
corruptible.
Car, bien que la vie présente soit pleine de douleurs, elle devient
cependant, par votre grâce, une source abondante de mérites, et votre
exemple, suivi par vos Saints, la rend supportable et précieuse, même
aux faibles.
Elle est aussi beaucoup plus remplie de consolation que dans l'ancienne
loi, quand les portes du ciel étaient encore fermées, que la voie du
ciel semblait plus obscure, et que si peu s'occupaient de chercher le
royaume de Dieu.
Les justes même à qui le salut était réservé, ne pouvaient entrer dans
le royaume céleste qu'après la consommation de vos souffrances et le
tribut sacré de votre mort.
3. Ô quelles grâces ne dois-je pas vous rendre, de ce que vous avez
daigné me montrer, et à tous les fidèles, la voie droite et sûre qui
conduit à votre royaume éternel.
Car votre vie est notre voie; et par une sainte patience, nous marchons
vers vous, qui êtes notre couronne.
Si vous ne nous aviez précédés et instruits, qui songerait à vous
suivre?
Hélas! combien resteraient en arrière, et bien loin, s'ils n'avaient
sous les yeux vos sacrés exemples!
Après tant de miracles et d'instructions, nous sommes encore tièdes! que
serait-ce si tant de lumière ne nous guidait sur vos traces?