Qu'il faut rapporter tout à Dieu comme à notre dernière fin.
1. Mon fils, je dois être votre fin suprême et dernière, si
véritablement vous désirez être heureux.
Cette vue purifiera vos affections, qui s'abaissent trop souvent jusqu'à
vous et aux créatures.
Car, si vous vous recherchez en quelque chose, aussitôt vous tombez dans
la langueur et la sécheresse.
Rapportez donc principalement tout à moi, parce que c'est moi qui vous
ai tout donné.
Considérez chaque bien comme découlant du souverain bien; et songez que,
dès lors, ils doivent tous remonter à moi comme à leur origine.
2. En moi, comme dans une source intarissable, le petit et le grand, le
pauvre et le riche, puisent l'eau vive, et ceux qui me servent
volontairement et de coeur recevront grâce sur grâce.
Mais celui qui cherchera sa gloire hors de moi, ou sa jouissance dans un
autre bien que moi, sa joie ne sera ni vraie ni solide, et son coeur
toujours à la gêne, toujours à l'étroit, ne trouvera que des angoisses.
Ne vous attribuez donc aucun bien, et n'attribuez à nul homme sa vertu;
mais rendez tout à Dieu, sans qui l'homme n'a rien.
C'est moi qui vous ai tout donné, et je veux que vous vous donniez à moi
tout entier: j'exige avec une extrême rigueur les actions de grâces qui
me sont dues.