CHAPITRE V.

Des merveilleux effets de l'amour divin.

1. LE F. Je vous bénis, Père céleste, Père de Jésus-Christ, mon

Seigneur, parce que vous avez daigné vous souvenir de moi, pauvre

créature.

_Ô Père des miséricordes, et Dieu de toute consolation_[184], je vous

rends grâces de ce que, tout indigne que j'en suis, vous voulez bien

cependant quelquefois me consoler!

[184] _Ibid._

Je vous bénis à jamais, et je vous glorifie avec votre Fils unique et

Esprit consolateur, dans les siècles des siècles.

Ô Seigneur, mon Dieu, saint objet de mon amour! quand vous descendrez

dans mon coeur, toutes mes entrailles tressailliront de joie.

Vous êtes ma gloire et la joie de mon coeur.

Vous êtes mon espérance et mon refuge au jour de la tribulation.

2. Mais, parce que mon amour est encore faible et ma vertu chancelante,

j'ai besoin d'être fortifié et consolé par vous: visitez-moi donc

souvent, et dirigez-moi par vos divines instructions.

Délivrez-moi des passions mauvaises, et retranchez de mon coeur toutes

ses affections déréglées, afin que, guéri et purifié intérieurement, je

devienne propre à vous aimer, fort pour souffrir, ferme pour persévérer.

3. C'est quelque chose de grand que l'amour, et un bien au-dessus de

tous les biens. Seul, il rend léger ce qui est pesant, et fait qu'on

supporte avec une âme égale toutes les vicissitudes de la vie.

Il porte son fardeau sans en sentir le poids, et rend doux ce qu'il y a

de plus amer.

L'amour de Jésus est généreux; il fait entreprendre de grandes choses,

et il excite toujours à ce qu'il y a de plus parfait.

L'amour aspire à s'élever, et ne se laisse arrêter par rien de

terrestre.

L'amour veut être libre et dégagé de toute affection du monde, afin que

ses regards pénètrent jusqu'à Dieu sans obstacle, afin qu'il ne soit ni

retardé par les biens, ni abattu par les maux du temps.

Rien n'est plus doux que l'amour, rien n'est plus fort, plus élevé, plus

étendu, plus délicieux; il n'est rien de plus parfait ni de meilleur au

ciel et sur la terre, parce que l'amour est né de Dieu, et qu'il ne peut

se reposer qu'en Dieu, au-dessus de toutes les créatures.

4. Celui qui aime, court, vole; il est dans la joie, il est libre, et

rien ne l'arrête.

Il donne tout pour posséder tout; et il possède tout en toutes choses,

parce qu'au-dessus de toutes choses il se repose dans le seul Être

souverain, de qui tout bien procède et découle.

Il ne regarde pas aux dons, mais il s'élève au-dessus de tous les biens,

jusqu'à celui qui donne.

L'amour souvent ne connaît point de mesure; mais, comme l'eau qui

bouillonne, il déborde de toutes parts.

Rien ne lui pèse, rien ne lui coûte; il tente plus qu'il ne peut; jamais

il ne prétexte l'impossibilité, parce qu'il se croit tout possible et

tout permis.

Et à cause de cela il peut tout, et il accomplit beaucoup de choses qui

fatiguent et qui épuisent vainement celui qui n'aime point.

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre · 第 132 / 453 题