6. LE F. Seigneur, mon Dieu, vous êtes tout mon bien: et qui suis-je
pour oser vous parler?
Je suis le plus pauvre de vos serviteurs, et un abject ver de terre,
beaucoup plus pauvre et plus méprisable que je ne sais et que je n'ose
dire.
Souvenez-vous cependant, Seigneur, que je ne suis rien, que je n'ai
rien, que je ne puis rien.
Vous êtes seul bon, juste et saint; vous pouvez tout, vous donnez tout,
vous remplissez tout, hors le pécheur que vous laissez vide.
_Souvenez-vous de vos miséricordes_[173], et remplissez mon coeur de
votre grâce, vous qui ne voulez point qu'aucun de vos ouvrages demeure
vide.
[173] Ps. XXIV, 6.
7. Comment puis-je, en cette misérable vie, porter le poids de moi-même,
si votre miséricorde et votre grâce ne me fortifient?
Ne détournez pas de moi votre visage; ne différez pas à me visiter; ne
me retirez point votre consolation, de peur que, _privée de vous, mon
âme ne devienne comme une terre sans eau_[174].
[174] Ps. CXLII, 6.
_Seigneur, apprenez-moi à faire votre volonté_[175]; apprenez-moi à
vivre d'une vie humble et digne de vous.
[175] _Ibid._, 10.
Car vous êtes ma sagesse, vous me connaissez dans la vérité, et vous
m'avez connu avant que je fusse au monde, et avant même que le monde
fût.