RÉFLEXION.

La doctrine de la Croix, _scandale pour les Juifs et folie pour les

Gentils_[151], est ce que les hommes comprennent le moins. Qu'un Dieu

soit mort pour les sauver, leur raison s'abaissera devant ce mystère;

mais qu'ils doivent s'associer à cet étonnant sacrifice, en mourant à

eux-mêmes, à leurs passions, à leurs volontés, à leurs désirs, voilà

ce qui les révolte, et leur fait dire comme les Capharnaïtes: _Cette

parole est dure, et qui peut l'entendre_[152]? Il faut bien pourtant

que nous l'entendions, car notre salut dépend de là. Le ciel était

séparé de la terre, la Croix les a réunis; et c'est du pied de la

Croix que part tout ce qui va jusqu'au Ciel. Pressons-nous donc contre

la Croix; qu'elle soit ici-bas notre consolation, comme elle est notre

force. Lorsque, dans sa bonté, Dieu nous envoie quelque épreuve,

disons avec saint André: _Ô douce Croix! si longtemps désirée, et

préparée maintenant pour cette âme qui la souhaitait ardemment!_ Tout

les Saints ont senti ce désir, tous ont tenu ce langage. _Souffrir ou

mourir_, répétait souvent sainte Thérèse; et, dans la souffrance, elle

trouvait plus de paix et de bonheur que n'en goûteront jamais ceux que

le monde appelle heureux. Une seule larme versée aux pieds de Jésus

est plus délicieuse mille fois que tous les plaisirs du siècle.

[151] I. Cor., I, 23.

[152] Joann., VI, 61.

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre · 第 112 / 453 题