RÉFLEXION.

Presque toutes les actions des hommes partent d'un principe vicié, de

cette triple concupiscence dont parle saint Jean[54], et contre

laquelle la vie chrétienne n'est qu'un perpétuel combat. L'amour

déréglé de soi, si difficile à vaincre entièrement, corrompt trop

souvent les oeuvres mêmes en apparence les plus pures. Que de travaux,

que d'aumônes, que de pénitences, dans lesquelles on se confie

peut-être, seront stériles pour le ciel! Dieu ne se donne qu'à ceux

qui l'aiment; il est le prix de la charité, de cet amour inénarrable,

sans bornes et sans mesure, qui, tandis que tout le reste passe,

demeure éternellement, dit saint Paul[55]. Amour, qui seul faites les

saints, amour _qui êtes Dieu même_[56], pénétrez, possédez,

transformez en vous toutes les puissances de mon âme, soyez ma vie,

mon unique vie, et maintenant, et à jamais dans les siècles des

siècles. Ainsi soit-il!

[54] I. Joan., II, 16.

[55] I. Cor., XIII, 8.

[56] I. Joan., IV, 16.

L'imitation de Jésus-Christ Traduction nouvelle avec des réflexions à la fin de chaque chapitre · 第 52 / 453 题