P. M. V.

* * * * *

Sais-tu ma petite mauviette chérie, que je suis remise avec ma Maria.

Fais bien attention à elle avec T.

Je n’ai pas longtemps à faire et j’aurai bien de la peine le jour de

partir en te laissant dans cette maison à souffrir.

Bonne et heureuse année, ma fille aimée. Malgré toutes les peines

endurées pour toi, je viens en ce jour t’offrir mes plus doux vœux de

bonne et heureuse année. Oh oui, mauviette, reçois de ta petite mère qui

t’aime toujours mille vœux de bonheur.

Je pense que bientôt nous serons dehors, que nous ne souffrirons plus

dans cette maudite maison. Toi, ma gosse, tu peux le dire que tu en

avais ici... mais ta Vomette te rendra heureuse et te donnera le bonheur

car, crois-moi, mignonne, je tiendrai ma promesse pour tout ce que je

t’ai dit, car pour cela, moi je t’aime de trop. Après avoir fait ce que

nous avons fait toutes deux.

Oui, tu as été ma première femme que jamais je n’oublierai. Avant je ne

savais pas ce que c’était qu’une femme, et maintenant je le sais. La

preuve, car je t’aime.

Vomette.

* * * * *

Je ne sais si Madame vient te donner ton petit œuf que je lui ai donné

pour toi. Je l’ai pris et je lui ai dit: cela sera pour mon petit Totor

qui est bien malade.

Tu vois que ta Riri pense à toi souvent.

Je te remercie de ton petit bif que j’ai reçu et qui me fait grand

plaisir petite môme que tu es. Comme une sainte, pauvre mignonne, tu en

auras vu de la souffrance dans ta vie. Moi j’ai souffert. C’était la

misère, quand j’étais jeune, qu’il fallait la nuit, aller coucher dans

les couloirs et qu’il ne faisait pas trop chaud.

Enfin, ma jolie petite femme, à notre sortie, on sera toutes deux bien

heureuses, surtout avec toi que nous avons souffert ensemble et je serai

avec toi sans rien qui nous sépare comme dans cette maudite maison.

Dire qu’il a fallu venir ici pour être ensemble, passer une bonne nuit

enlacées. Pourtant on était bien fatiguées de notre voyage, et là, je me

suis donnée par une nuit d’amour ainsi que toi. C’est une chose que

jamais je ne pourrai oublier car pour moi, c’est mon seul grand

souvenir.

Je serais si heureuse ainsi que maman à qui j’ai fait tant de peine.

Pauvre femme, si elle savait à ma sortie que je la quitterai encore une

fois. Quel chagrin ce serait pour elle!

Riri.

Les enfants de Caïn · 第 62 / 64 题