Mon Directeur,
J’ai l’honneur de vous écrire pour vous dire combien mes compagnes et
moi, nous avons de peine à penser, que certaines d’entre nous, vous ont
fait du chagrin. Mais maintenant elles le regrette bien. Car ce qui
avait été dit, n’avais pas été pris en mal. Elles savent aussi, combien
c’est dure de ne plus avoir votre visite, qui nous est si chère.
Si par hasard nous vous rencontrons, c’est avec peine que l’on s’arrête
et vous salue, on préférerais avant, pouvoir courir au-devant de vous,
et, vous dire: «Bonjour mon Directeur!» Nous avons aussi remarqué que
vous étiez triste, et, tout cela à cause de nous.
Oh! mon Directeur, accordez-nous votre pardon. Nous nous repentons bien.
Nous vous demandons de ne pas nous abandonner. Que ferions-nous sans
vous, presque toutes et pour mieux dire, toutes, nous ne pouvons pas
compter sur nos parents, et notre père c’est vous.
Mon Directeur, nous faisons tout ce qui peut racheter notre faute, et,
nous continurons après avoir eu votre pardon. A l’atelier nous ne
parlons plus, nous travaillons de notre mieux, et partout où nous allons
nous sommes disciplinées. Oh! mon Directeur, revenez-nous! Ne nous
abandonnez pas. Nous ne vous demandons pas d’enlever la discipline, mais
seulement de revenir parmi nous. Ah! quelle joie le jour où vous nous
aurez accordé votre pardon, et nous vous en serons reconnaissantes, car
nous saurons que vous ne souffrez plus à cause de nous. Nous ferons
notre possible, et nous y arriverons, pour devenir de bonnes filles qui
ne savent pas faire de peine à leur Directeur qu’elles aiment plus qu’un
père.
Recevez, mon Directeur, nos remerciements anticipés et nos salutations
respectueuses.
_Vos pupilles_,
Les Petites.