Il faut qu’au dortoir le silence règne. Il y en a qui bavardent quand
même. C’est ennuyeux parce que le surveillant ne peut les surprendre. Il
se dirige à peu près au son de la voix et il arrache au hasard, sur les
portes, deux ou trois fiches.
C’est ainsi qu’une nuit, la fiche de Guénolé a été enlevée.
Le lendemain à cinq heures, sur les rangs, on fait l’appel des punis.
--Guénolé!
Guénolé ne bronche pas.
--Hé bien, Guénolé!...
Ses camarades le poussent; il s’avance vers le surveillant qui prononce
la sentence:
--Quinze jours de piquet pour avoir parlé au dortoir.
Alors Guénolé fait de grands gestes, il n’a pas entendu. Le surveillant
le reconnaît:
--Guénolé, c’est le sourd-muet!