Il a ordonné:
--Monsieur le gardien-chef, ouvrez une cellule au hasard; ne cherchez
pas. Celle-ci, par exemple...
M. le gardien-chef a frappé la porte deux fois de son trousseau et il a
regardé par le judas, puis il a ouvert.
Le petit prisonnier était debout, les mains à la ceinture du pantalon,
le visage collé au mur sous la lucarne.
--Demi-tour...
--Allons, approche...
--Tiens, c’est encore Goiffier... qu’est-ce que tu as fait... tu ne
pourras donc jamais rester tranquille?...
La cellule est une pièce vide: parquet ciré, murs blancs, fenêtres à
hauteur du plafond.
--Ils n’y restent qu’aux heures des repas et pendant la nuit... Dans la
journée, ils sont au bon air... Ils font la corvée de sable. Vous voyez
que ça ne leur fait pas de mal.
En effet Goiffier a bonne mine.
--Quelle cellule voulez-vous voir?... Celle-ci? Celle-là?
Les autres prisonniers ont aussi d’excellentes joues.
--Sont-ils toujours obligés de se tenir debout contre le mur du fond?
--Non, ils peuvent se coucher par terre, mais ils doivent se mettre au
garde-à-vous, le dos tourné, lorsqu’on ouvre la porte.
--Pourquoi?
--Pour qu’ils ne vous sautent pas à la gorge.