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_Bonaparte, premier consul de la république_,
_Aux Français._
Rendre la république chère aux citoyens, respectable aux étrangers,
formidable aux ennemis, telles sont les obligations que nous avons
contractées en acceptant la première magistrature.
Elle sera chère aux citoyens, si les lois, si les actes de l'autorité
sont toujours empreints de l'esprit d'ordre, de justice, de
modération.
Sans l'ordre, l'administration n'est qu'un chaos; point de finances,
point de crédit public; et avec la fortune de l'état s'écroulent les
fortunes particulières. Sans justice, il n'y a que des partis, des
oppresseurs et des victimes.
La modération imprime un caractère auguste aux gouvernements comme aux
nations. Elle est toujours la compagne de la force et de la durée des
institutions sociales.
La république sera imposante aux étrangers, si elle sait respecter
dans leur indépendance le titre de sa propre indépendance; si ses
engagements préparés par la sagesse, formés par la franchise, sont
gardés par la fidélité.
Elle sera enfin formidable aux ennemis, si ses armées de terre et de
mer sont fortement constituées, si chacun de ses défenseurs trouve une
famille dans le corps auquel il appartient, et dans cette famille un
héritage de vertus et de gloire; si l'officier formé par de longues
études, obtient par un avancement régulier la récompense due à ses
talents et à ses services.
A ces principes tiennent la stabilité du gouvernement, les succès du
commerce et de l'agriculture, la grandeur et la prospérité des
nations.
En les développant, nous avons tracé la règle qui doit nous juger.
Français, nous avons dit nos devoirs; ce sera vous qui nous direz si
nous les avons remplis.