ROGER-DUCOS, BONAPARTE, SIÉYES.

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_Bonaparte, premier consul de la république_,

_Aux Français._

Rendre la république chère aux citoyens, respectable aux étrangers,

formidable aux ennemis, telles sont les obligations que nous avons

contractées en acceptant la première magistrature.

Elle sera chère aux citoyens, si les lois, si les actes de l'autorité

sont toujours empreints de l'esprit d'ordre, de justice, de

modération.

Sans l'ordre, l'administration n'est qu'un chaos; point de finances,

point de crédit public; et avec la fortune de l'état s'écroulent les

fortunes particulières. Sans justice, il n'y a que des partis, des

oppresseurs et des victimes.

La modération imprime un caractère auguste aux gouvernements comme aux

nations. Elle est toujours la compagne de la force et de la durée des

institutions sociales.

La république sera imposante aux étrangers, si elle sait respecter

dans leur indépendance le titre de sa propre indépendance; si ses

engagements préparés par la sagesse, formés par la franchise, sont

gardés par la fidélité.

Elle sera enfin formidable aux ennemis, si ses armées de terre et de

mer sont fortement constituées, si chacun de ses défenseurs trouve une

famille dans le corps auquel il appartient, et dans cette famille un

héritage de vertus et de gloire; si l'officier formé par de longues

études, obtient par un avancement régulier la récompense due à ses

talents et à ses services.

A ces principes tiennent la stabilité du gouvernement, les succès du

commerce et de l'agriculture, la grandeur et la prospérité des

nations.

En les développant, nous avons tracé la règle qui doit nous juger.

Français, nous avons dit nos devoirs; ce sera vous qui nous direz si

nous les avons remplis.

Mémoires pour servir à l'Histoire de France sous Napoléon, Tome 1/2 écrits à Sainte-Hélène par les généraux qui ont partagé sa captivité · 第 62 / 109 题