Engagé dans les affaires publiques, uniquement par ma passion pour la
liberté, je n'ai consenti à accepter la première magistrature de
l'état que pour la soutenir dans les périls par mon dévouement; pour
préserver des atteintes de ses ennemis les patriotes compromis dans sa
cause, et pour assurer aux défenseurs de la patrie ces soins
particuliers qui ne pouvaient leur être plus constamment donnés que
par un citoyen anciennement témoin de leurs vertus héroïques, et
toujours touché de leurs besoins.
La gloire qui accompagne le retour du guerrier illustre à qui j'ai eu
le bonheur d'ouvrir le chemin de la gloire, les marques éclatantes de
confiance que lui donne le corps législatif, et le décret de la
représentation nationale, m'ont convaincu que quelque soit le poste où
m'appelle désormais l'intérêt public, les périls de la liberté sont
surmontés et les intérêts des armées garantis. Je rentre avec joie
dans les rangs de simple citoyen; heureux, après tant d'orages, de
remettre entiers et plus respectables que jamais les destins de la
république, dont j'ai partagé le dépôt!
Salut et respect, BARRAS.
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