VII.

Bénédict se jette à bas de son cheval.

--Mademoiselle, s'écrie-t-il, je tombe à vos genoux. N'ayez pas peur

de moi. Vous voyez bien qu'à pied je ne puis vous poursuivre. Daignez

m'écouter un moment. Je ne suis qu'un sot; je vous ai fait une mortelle

injure en m'imaginant que vous ne vouliez pas me comprendre; et comme en

voulant vous préparer je ne ferais qu'accumuler sottise sur sottise, je

vais droit au but. N'avez-vous pas entendu parler dernièrement d'une

personne qui vous est chère?

--Ah! parlez, s'écria Valentine avec un cri parti du cœur.

--Je le savais bien, dit Bénédict avec joie; vous l'aimez, vous la

plaignez; on ne nous a pas trompés; vous désirez la revoir, vous seriez

prête à lui tendre les bras. N'est-ce pas, Mademoiselle, que tout ce qu'on

dit de vous est vrai?

Il ne vint pas à la pensée de Valentine de se méfier de la sincérité de

Bénédict. Il venait de toucher la corde la plus sensible de son âme; la

prudence ne lui eût plus paru que de la lâcheté; c'est le propre des

générosités enthousiastes.

--Si vous savez où elle est, Monsieur, s'écria-t-elle en joignant les

mains, béni soyez-vous, car vous allez me l'apprendre.

--Je ferai peut-être une chose coupable aux yeux de la société; car je

vous détournerai de l'obéissance filiale. Et pourtant je vais le faire

sans remords; l'amitié que j'ai pour cette personne m'en fait un devoir,

et l'admiration que j'ai pour vous me fait croire que vous ne me le

reprocherez jamais. Ce matin elle a fait quatre lieues à pied dans la

rosée des prés, sur les cailloux des guérets, enveloppée d'une mante de

paysanne, pour vous apercevoir à votre fenêtre ou dans votre jardin. Elle

est revenue sans y avoir réussi. Voulez-vous la dédommager ce soir, et la

payer de toutes les peines de sa vie?

--Conduisez-moi vers elle, Monsieur, je vous le demande au nom de ce que

vous avez de plus cher au monde.

--Eh bien, dit Bénédict, fiez-vous à moi. Vous ne devez pas vous montrer

à la ferme. Quoique mes parents en soient encore absents, les serviteurs

vous verraient; ils parleraient, et demain votre mère, informée de cette

visite, susciterait de nouvelles persécutions à votre sœur. Laissez-moi

attacher votre cheval avec le mien sous ces arbres et suivez-moi.

Valentine sauta légèrement à terre sans attendre que Bénédict lui offrît

la main. Mais à peine y fut-elle que l'instinct du danger, naturel aux

femmes les plus pures, se réveilla en elle; elle eut peur. Bénédict

attacha les chevaux sous un massif d'érables touffus. En revenant vers

elle, il s'écria d'un ton de franchise:

--Oh! qu'elle va être heureuse, et qu'elle s'attend peu aux joies qui

s'approchent d'elle!

Ces paroles rassurèrent Valentine. Elle suivit son guide dans un sentier

tout humide de la rosée du soir, jusqu'à l'entrée d'une chènevière dont

un fossé formait la clôture. Il fallait passer sur une planche toute

tremblante. Bénédict sauta dans le fossé et lui servit d'appui, tandis que

Valentine le franchissait.

--Ici, Perdreau! à bas! taisez-vous! dit-il à un gros chien qui s'avançait

sur eux en grondant, et qui, en reconnaissant son maître, fit autant de

bruit par ses caresses qu'il en avait fait par sa méfiance.

Bénédict le renvoya d'un coup de pied, et fit entrer sa compagne émue dans

le jardin de la ferme situé sur le derrière des bâtiments, comme dans la

plupart des habitations rustiques. Ce jardin était fort touffu. Les ronces,

es rosiers, les arbres fruitiers y croissaient pêle-mêle, et leurs

pousses vigoureuses, que ne mutilait jamais le ciseau du jardinier,

s'entre-croisaient sur les allées jusqu'à les rendre impraticables.

Valentine accrochait sa longue jupe d'amazone à toutes les épines;

l'obscurité profonde de toute cette libre végétation augmentait son

embarras, et l'émotion violente qu'elle éprouvait dans un tel moment lui

ôtait presque la force de marcher.

--Si vous voulez me donner la main, lui dit son guide, nous irons plus

vite.

Valentine avait perdu son gant dans cette agitation; elle mit sa main nue

dans celle de Bénédict. Pour une jeune fille élevée comme elle, c'était

une étrange situation. Le jeune homme marchait devant elle, l'attirait

doucement après lui, écartant les branches avec son autre bras pour

qu'elles ne vinssent pas fouetter le visage de sa belle compagne.

--Mon Dieu! comme vous tremblez! lui dit-il en lâchant sa main lorsqu'ils

eurent atteint un endroit découvert.

--Ah! Monsieur, c'est de joie et d'impatience, répondit Valentine.

Il restait encore un obstacle à franchir. Bénédict n'avait pas la clef du

jardin; il fallut, pour en sortir, sauter une haie vive. Il lui proposa de

l'aider, et il fallut bien accepter. Alors le neveu du fermier prit dans

ses bras la fiancée du comte de Lansac. Il porta des mains émues sur sa

taille charmante. Il respira de près son haleine entrecoupée; et cela dura

assez longtemps, car la haie était large, hérissée de joncs épineux, les

pierres du glacis croulaient, et Bénédict n'avait pas bien toute sa

présence d'esprit.

Cependant, telle est la pudique timidité de cet âge! son imagination alla

beaucoup moins loin que la réalité, et la peur de manquer à sa conscience

lui ôta le sentiment de son bonheur.

Arrivé à la porte de la maison, Bénédict poussa le loquet sans bruit, fit

entrer Valentine dans la salle basse, et s'approcha du foyer à tâtons. Il

eut bientôt allumé un flambeau, et, montrant à mademoiselle de Raimbault

un escalier de bois assez semblable à une échelle, il lui dit:

--C'est là.

Il se jeta sur une chaise, s'installa en sentinelle, et la pria de ne pas

rester plus d'un quart d'heure avec Louise.

Fatiguée de sa longue course de la matinée, Louise s'était endormie de

bonne heure. La petite chambre qu'elle occupait était une des plus

mauvaises de la ferme; mais comme elle passait pour une pauvre parente que

les Lhéry avaient longtemps assistée en Poitou, elle n'avait pas voulu

qu'on détruisît l'erreur des domestiques du fermier en lui faisant une

réception brillante. Elle s'était volontairement accommodée d'une sorte de

petit grenier dont la lucarne donnait sur le plus ravissant aspect de

prairies et d'îlots, coupé par les sinuosités de l'Indre et planté des

plus beaux arbres. On lui avait composé à la hâte un assez bon lit sur un

méchant grabat; des bottes de pois séchaient sur une claie, des grappes

d'oignons dorés pendaient au plancher, des pelotons de fil bis dormaient

au fond d'un dévidoir invalide. Louise, élevée dans l'opulence, trouvait

du charme dans ces attributs de la vie champêtre. À la grande surprise de

madame Lhéry, elle avait voulu laisser à sa chambrette cet air de désordre

et d'encombrement rustique qui lui rappelait les peintures flamandes de

Van-Ostade et de Gérard Dow. Mais les objets qu'elle aimait le mieux dans

ce modeste réduit, c'était un vieux rideau de perse à ramages fanés, et

deux antiques fauteuils de point dont les bois avaient été jadis dorés.

Par le plus grand hasard du monde, ces meubles avaient été retirés du

château environ dix années auparavant, et Louise les reconnut pour les

avoir vus dans son enfance. Elle versa des larmes et faillit les embrasser

comme de vieux amis, en se rappelant combien de fois, dans ces heureux

jours de calme et d'ignorance à jamais perdus, elle s'était blottie,

petite fille blonde et rieuse, dans les larges bras de ces vieux fauteuils.

Ce soir-là elle s'était endormie en regardant machinalement les fleurs du

rideau; et cette vue avait retracé à sa mémoire tous les menus détails de

sa vie passée. Après un long exil, cette vive sensation de ses anciennes

douleurs, de ses anciennes joies, se réveillait avec force. Elle se

croyait au lendemain des événements qu'elle avait expiés et pleurés dans

un triste pèlerinage de quinze années. Elle s'imaginait revoir, derrière

ce rideau que le vent agitait à travers le déjeté de la fenêtre, toute

la scène brillante et magique de ses jeunes années, la tourelle de son

vieux manoir, les chênes séculaires du grand parc, la chèvre blanche

qu'elle avait aimée, le champ où elle avait cueilli des bluets.

Quelquefois l'image de sa grand'mère, égoïste et débonnaire créature,

se dressait devant elle avec des larmes dans les yeux comme au jour de son

bannissement. Mais ce cœur, qui ne savait aimer qu'à demi, se refermait

pour elle, et cette apparition consolante s'éloignait avec indifférence et

légèreté.

La seule image pure et toujours délicieuse de ce tableau fantastique,

c'était celle de Valentine, de ce bel enfant de quatre ans, aux longs

cheveux dorés, aux joues vermeilles, que Louise avait connu. Elle la

voyait encore courir au travers des blés plus hauts qu'elle, comme une

perdrix dans un sillon; se jeter dans ses bras avec ce rire expansif et

caressant de l'enfance qui fait venir des larmes dans les yeux de la

personne aimée; passer ses mains rondelettes et blanches sur le cou de sa

sœur, et l'entretenir de ces mille riens naïfs dont se compose la vie d'un

enfant, dans ce langage primitif, rationnel et piquant qui nous charme et

nous surprend toujours. Depuis ce temps-là, Louise avait été mère; elle

avait aimé l'enfance non plus comme un amusement, mais comme un sentiment.

Cet amour d'autrefois pour sa petite sœur s'était réveillé plus intense

et plus maternel avec celui qu'elle avait eu pour son fils. Elle se la

représentait toujours telle qu'elle l'avait laissée; et quand on lui

disait qu'elle était maintenant une grande et belle personne plus robuste

et plus élancée qu'elle, Louise ne pouvait parvenir à le croire plus d'un

instant; bientôt son imagination se reportait à la petite Valentine, et

elle formait le souhait de la tenir sur ses genoux.

Cette riante et fraîche apparition se mêlait à tous ses rêves depuis que

tous ses jours étaient occupés à chercher le moyen de la voir. Au moment

où Valentine monta légèrement l'échelle et souleva la trappe qui servait

d'entrée à sa chambre, Louise croyait voir, au milieu des roseaux qui

bordent l'Indre, Valentine, sa Valentine de quatre ans, courant après

les longues demoiselles bleues qui rasent l'eau du bout de leurs ailes.

Tout à coup l'enfant tombait dans la rivière. Louise s'élançait pour la

ressaisir; mais madame de Raimbault, la fière comtesse, sa belle-mère, son

inflexible ennemie, apparaissait, et, repoussant ses efforts, laissait

périr l'enfant.

--Ma sœur! cria Louise d'une voix étouffée en se débattant contre les

chimères de son pénible sommeil.

--Ma sœur! répondit une voix inconnue et douce comme celle des anges que

nous entendons chanter dans nos songes.

Louise, en se redressant sur son chevet, perdit le mouchoir de soie qui

retenait ses longs cheveux bruns. Dans ce désordre, pâle, effrayée,

éclairée par un rayon de la lune qui perçait furtivement entre les

fentes du rideau, elle se pencha vers la voix qui l'appelait. Deux bras

l'enlacent; une bouche fraîche et jeune couvre ses joues de saintes

caresses; Louise, interdite, se sent inondée de larmes et de baisers;

Valentine, près de défaillir, se laisse tomber, épuisée d'émotion, sur le

lit de sa sœur. Quand Louise comprit que ce n'était plus un rêve, que

Valentine était dans ses bras, qu'elle y était venue, que son cœur était

rempli de tendresse et de joie comme le sien, elle ne put exprimer ce

qu'elle sentait que par des étreintes et des sanglots. Enfin, quand elles

purent se parler:

--C'est donc toi? s'écria Louise, toi que j'ai si longtemps rêvée?

--C'est donc vous? s'écria Valentine, vous qui m'aimez encore!

--Pourquoi ce _vous_? dit Louise; ne sommes-nous pas sœurs?

--Oh! c'est que vous êtes ma mère aussi! répondit Valentine. Allez, je

n'ai rien oublié! Vous êtes encore présente à ma mémoire comme si c'était

hier; je vous aurais reconnue entre mille. Oh! oui, c'est vous, c'est

bien vous! Voilà vos grands cheveux bruns dont je crois voir encore les

bandeaux sur votre front; voilà vos petites mains blanches et menues,

voilà votre teint pâle. C'est ainsi que je vous rêvais.

--Oh! Valentine! ma Valentine! écarte donc ce rideau, que je te voie

aussi. Ils m'avaient bien dit que tu étais belle! mais tu l'es cent fois

plus qu'ils n'ont pu l'exprimer. Tu es toujours blonde, toujours blanche;

voilà tes yeux bleus si doux, ton sourire si caressant! C'est moi qui t'ai

élevée, Valentine, tu t'en souviens! C'est moi qui préservais ton teint du

hâle et des gerçures; c'est moi qui prenais soin de tes cheveux et qui les

roulais chaque jour en spirales dorées; c'est à moi que tu dois d'être

restée si belle, Valentine; car ta mère ne s'occupait guère de toi; moi

seule je veillais sur tous tes instants...

--Oh! je le sais, je le sais! Je me rappelle encore les chansons avec

lesquelles vous m'endormiez; je me souviens qu'à mon réveil je trouvais

toujours votre visage penché vers le mien. Oh! comme je vous ai pleurée,

Louise! Comme j'ai été longtemps sans savoir me passer de vous! Comme je

repoussais les soins des autres femmes! Ma mère ne m'a jamais pardonné

l'espèce de haine que je lui témoignais alors, parce que ma nourrice

m'avait dit: «Ta pauvre sœur s'en va, c'est ta mère qui la chasse.»

Oh! Louise! Louise! vous m'êtes enfin rendue!

--Et nous ne nous séparerons plus, n'est-ce pas? s'écria Louise; nous

trouverons le moyen de nous voir souvent, de nous écrire. Tu ne te

laisseras pas effrayer par les menaces; nous ne redeviendrons jamais

étrangères l'une à l'autre?

--Est-ce que nous l'avons jamais été! répondit-elle; est-ce que cela est

au pouvoir de quelqu'un! Tu me connais bien mal, Louise, si tu crois

que l'on pourra te bannir de mon cœur quand on ne l'a pas pu même dès

les jours de ma faible enfance. Mais, sois tranquille, nos maux sont

finis. Dans un mois je serai mariée; j'épouse un homme doux, sensible,

raisonnable, à qui j'ai parlé de toi souvent, qui approuve ma tendresse,

et qui me permettra de vivre auprès de toi. Alors, Louise, tu n'auras plus

de chagrin, n'est-ce pas? tu oublieras tes malheurs en les répandant dans

mon sein. Tu élèveras mes enfants si j'ai le bonheur d'être mère; nous

croirons revivre en eux... Je sécherai toutes tes larmes, je consacrerai

ma vie à réparer toutes les souffrances de la tienne.

--Sublime enfant, cœur d'ange! dit Louise en pleurant de joie; ce jour les

efface toutes. Va, je ne me plaindrai pas du sort qui m'a donné un tel

instant de joie ineffable! N'as-tu pas adouci déjà pour moi les années

d'exil? Tiens, vois! dit-elle en prenant sous son chevet un petit paquet

soigneusement enveloppé d'un carré de velours, reconnais-tu ces quatre

lettres? C'est toi qui me les as écrites à diverses époques de notre

séparation. J'étais en Italie quand j'ai reçu celle-ci; tu n'avais pas dix

ans.

--Oh! je m'en souviens bien! dit Valentine; j'ai les vôtres aussi. Je les

ai tant relues, tant baignées de mes larmes! Celle-là, tenez, je vous l'ai

écrite du couvent. Comme j'ai tremblé, comme j'ai tressailli de peur et de

joie, quand une femme que je ne connaissais pas me remit la vôtre au

parloir! Elle me la glissa avec un signe d'intelligence, en me donnant des

friandises qu'elle feignait d'apporter de la part de ma grand'mère. Et

quand, deux ans après, étant aux environs de Paris, j'aperçus contre la

grille du jardin, une femme qui avait l'air de demander l'aumône, quoique

je ne l'eusse vue qu'une seule fois, qu'un seul instant, je la reconnus

tout de suite. Je lui dis: «Vous avez une lettre pour moi?--Oui, me

dit-elle, et je viendrai chercher la réponse demain.» Alors je courus

m'enfermer dans ma chambre; mais on m'appela, on me surveilla tout le

reste de la journée. Le soir, ma gouvernante resta auprès de mon lit à

travailler jusqu'à près de minuit. Il fallut que je feignisse de dormir

tout ce temps; et quand elle me laissa pour passer dans sa chambre, elle

emporta la lumière. Avec combien de peine et de précautions je parvins à

me procurer une allumette, un flambeau, et tout ce qu'il fallait pour

écrire, sans faire de bruit, sans éveiller ma surveillante! J'y réussis

cependant; mais je laissai tomber quelques gouttes d'encre sur mon drap,

et le lendemain je fus questionnée, menacée, grondée! Avec quelle

impudence je sus mentir! comme je subis de bon cœur la pénitence qui me

fût infligée! La vieille femme revint et demanda à me vendre un petit

chevreau. Je lui remis la lettre, et j'élevai la chèvre. Quoi qu'elle ne

vînt pas directement de vous, je l'aimais à cause de vous. Ô Louise!

je vous dois peut-être de n'avoir pas un mauvais cœur; on a tâché de

dessécher le mien de bonne heure; on a tout fait pour éteindre le germe de

ma sensibilité; mais votre image chérie, vos tendres caresses, votre bonté

pour moi, avaient laissé dans ma mémoire des traces ineffaçables. Vos

lettres vinrent réveiller en moi le sentiment de reconnaissance que vous y

aviez laissé; ces quatre lettres marquèrent quatre époques bien senties

dans ma vie; chacune d'elles m'inspira plus fortement la volonté d'être

bonne, la haine de l'intolérance, le mépris des préjugés, et j'ose dire

que chacune d'elles marqua un progrès dans mon existence morale. Louise,

ma sœur, c'est vous qui réellement m'avez élevée jusqu'à ce jour.

--Tu es un ange de candeur et de vertu, s'écria Louise; c'est moi qui

devrais être à tes genoux...

--Eh! vite, cria la voix de Bénédict au bas de l'escalier! séparez-vous!

Mademoiselle de Raimbault, M. de Lansac vous cherche.

Valentine(#17251) · 第 13 / 50 题