III.

Mais au bout de quelques pas, le bidet, naturellement peu taillé pour la

course, se ralentit; l'humeur irascible de Bénédict se calma et fit place

à la honte et aux remords, et M. Lhéry s'endormit profondément.

Ils suivaient un de ces petits chemins verts qu'on appelle, en langage

villageois, _traînes_; chemin si étroit que l'étroite voiture touchait de

chaque côté les branches des arbres qui le bordaient, et qu'Athénaïs put

se cueillir un gros bouquet d'aubépine en passant son bras, couvert d'un

gant blanc, par la lucarne latérale de la carriole. Rien ne saurait

exprimer la fraîcheur et la grâce de ces petites allées sinueuses qui

s'en vont serpentant capricieusement sous leurs perpétuels berceaux de

feuillage, découvrant à chaque détour une nouvelle profondeur toujours

plus mystérieuse et plus verte. Quand le soleil de midi embrase, jusqu'à

la tige, l'herbe profonde et serrée des prairies, quand les insectes

bruissent avec force et que la caille _glousse_ avec amour dans les

sillons, la fraîcheur et le silence semblent se réfugier dans les traînes.

Vous y pouvez marcher une heure sans entendre d'autre bruit que le vol

d'un merle effarouché à votre approche, ou le saut d'une petite grenouille

verte et brillante comme une émeraude, qui dormait dans son hamac de joncs

entrelacés. Ce fossé lui-même renferme tout un monde d'habitants, toute

une forêt de végétations; son eau limpide court sans bruit en s'épurant

sur la glaise, et caresse mollement des bordures de cresson, de baume et

d'hépatiques; les fontinales, les longues herbes appelées _rubans d'eau_,

les mousses aquatiques pendantes et chevelues, tremblent incessamment dans

ses petits remous silencieux; la bergeronnette jaune y trotte sur le sable

d'un air à la fois espiègle et peureux; la clématite et le chèvrefeuille

l'ombragent de berceaux où le rossignol cache son nid. Au printemps ce ne

sont que fleurs et parfums; à l'automne, les prunelles violettes couvrent

ces rameaux qui, en avril, blanchirent les premiers; la senelle rouge,

dont les grives sont friandes, remplace la fleur d'aubépine, et les ronces,

toutes chargées des flocons de laine qu'y ont laissés les brebis en

passant, s'empourprent de petites mûres sauvages d'une agréable saveur.

Bénédict, laissant flotter les guides du paisible coursier, tomba dans une

rêverie profonde. Ce jeune homme était d'un caractère étrange; ceux qui

l'entouraient, faute de pouvoir le comparer à un autre de même trempe, le

considéraient comme absolument hors de la ligne commune. La plupart le

méprisaient comme un être incapable d'exécuter rien d'utile et de solide;

et, s'ils ne lui témoignaient pas le peu de cas qu'ils faisaient de lui,

c'est qu'ils étaient forcés de lui accorder une véritable bravoure

physique et une grande fermeté de ressentiments. En revanche, la famille

Lhéry, simple et bienveillante qu'elle était, n'hésitait pas à l'élever au

premier rang pour l'esprit et le savoir. Aveugles pour ses défauts, ces

braves gens ne voyaient dans leur neveu qu'un jeune homme trop riche

d'imagination et de connaissances pour goûter le repos de l'esprit.

Cependant Bénédict, à vingt-deux ans, n'avait point acquis ce qu'on

appelle une instruction positive. À Paris, tour à tour possédé de l'amour

des arts et des sciences, il ne s'était enrichi d'aucune spécialité. Il

avait travaillé beaucoup; mais il s'était arrêté lorsque la pratique

devenait nécessaire. Il avait senti le dégoût au moment où les autres

recueillent le fruit de leurs peines. Pour lui, l'amour de l'étude

finissait là où la nécessité du métier commençait. Les trésors de l'art

et de la science une fois conquis, il ne s'était plus senti la constance

égoïste d'en faire l'application à ses intérêts propres; et, comme il ne

savait pas être utile à lui-même, chacun disait en le voyant inoccupé:

«À quoi est-il bon?»

De tout temps sa cousine lui avait été destinée en mariage; c'était la

meilleure réponse qu'on pût faire aux envieux qui accusaient les Lhéry

d'avoir laissé corrompre leur cœur autant que leur esprit par les

richesses. Il est bien vrai que leur bon sens, ce bon sens des paysans,

ordinairement si sûr et si droit, avait reçu une rude atteinte au sein de

la prospérité. Ils avaient cessé d'estimer les vertus simples et modestes,

et, après de vains efforts pour les détruire en eux-mêmes, ils avaient

tout fait pour en étouffer le germe chez leurs enfants; mais ils n'avaient

pas cessé de les chérir presque également, et en travaillant à leur perte

ils avaient cru travailler à leur bonheur.

Cette éducation avait assez bien fructifié pour le malheur de l'un et de

l'autre. Athénaïs, comme une cire molle et flexible, avait pris dans un

pensionnat d'Orléans tous les défauts des jeunes provinciales: la vanité,

l'ambition, l'envie, la petitesse. Cependant la bonté du cœur était en

elle comme un héritage sacré transmis par sa mère, et les influences du

dehors n'avaient pu l'étouffer. Il y avait donc beaucoup à espérer pour

elle des leçons de l'expérience et de l'avenir.

Le mal était plus grand chez Bénédict. Au lieu d'engourdir les sentiments

généreux, l'éducation les avait développés outre mesure, et les avait

changés en irritation douloureuse et fébrile. Ce caractère ardent, cette

âme impressionnable, auraient eu besoin d'un ordre d'idées calmantes, de

principes répressifs. Peut-être même que le travail des champs, la fatigue

du corps, eussent avantageusement employé l'excès de force qui fermentait

dans cette organisation énergique. Les lumières de la civilisation, qui

ont développé tant de qualités précieuses, en ont vicié peut-être autant.

C'est un malheur des générations placées entre celles qui ne savent rien

et celles qui sauront assez: elles savent trop.

Lhéry et sa femme ne pouvaient comprendre le malheur de cette situation.

Ils se refusaient à le pressentir, et, n'imaginant pas d'autres félicités

que celles qu'ils pouvaient dispenser, ils se vantaient naïvement d'avoir

la puissance consolatrice des ennuis de Bénédict: c'était, selon eux, une

bonne ferme, une jolie fermière, et une dot de deux cent mille francs

comptants pour entrer en ménage. Mais Bénédict était insensible à ces

flatteries de leur affection. L'argent excitait en lui ce mépris profond,

enthousiaste exagération d'une jeunesse souvent trop prompte à changer

de principes et à plier un genou converti devant le dieu de l'univers.

Bénédict se sentait dévoré d'une ambition secrète; mais ce n'était pas

celle-là: c'était celle de son âge, celle des choses qui flattent

l'amour-propre d'une manière plus noble.

Le but particulier de cette attente vague et pénible, il l'ignorait

encore. Il avait cru deux ou trois fois la reconnaître aux vives

fantaisies qui s'étaient emparées de son imagination. Ces fantaisies

s'étaient évanouies sans lui avoir apporté de jouissances durables.

Maintenant il la sentait toujours comme un mal ennemi renfermé dans son

sein, et jamais elle ne l'avait torturé si cruellement qu'alors qu'il

savait moins à quoi la faire servir. L'ennui, ce mal horrible qui s'est

attaché à la génération présente plus qu'à toute autre époque de

l'histoire sociale, avait envahi la destinée de Bénédict dans sa fleur;

il s'étendait comme un nuage noir sur tout son avenir. Il avait déjà

flétri la plus précieuse faculté de son âge, l'espérance.

À Paris, la solitude l'avait rebuté. Toute préférable à la société qu'elle

lui semblait, il l'avait trouvée, au fond de sa petite chambre d'étudiant,

trop solennelle, trop dangereuse pour des facultés aussi actives que

l'étaient les siennes. Sa santé en avait souffert, et ses bons parents

effrayés l'avaient rappelé auprès d'eux. Il y était depuis un mois, et

déjà son teint avait repris le ton vigoureux de la santé, mais son cœur

était plus agité que jamais. La poésie des champs, à laquelle il était si

sensible, portait jusqu'au délire l'ardeur de ces besoins ignorés qui le

rongeaient. Sa vie de famille, si bienfaisante et si douce dans les

premiers jours, chaque fois qu'il venait en faire l'essai, lui était

devenue déjà plus fastidieuse que de coutume. Il ne se sentait aucun goût

pour Athénaïs. Elle était trop au-dessous des chimères de sa pensée, et

l'idée de se fixer au sein de ces habitudes extravagantes ou triviales

dont sa famille offrait le contraste et l'assemblage lui était odieuse.

Son cœur s'ouvrait bien à la tendresse et à la reconnaissance; mais ces

sentiments étaient pour lui la source de combats et de remords perpétuels.

Il ne pouvait se défendre d'une ironie intérieure, implacable et cruelle,

à la vue de toutes ces petitesses qui l'entouraient, de ce mélange de

parcimonie et de prodigalité qui rendent si ridicules les mœurs des

parvenus. M. et Mme Lhéry, à la fois paternels et despotiques, donnaient

le dimanche d'excellent vin à leurs laboureurs; dans la semaine ils leur

reprochaient le filet de vinaigre qu'ils mettaient dans leur eau. Ils

accordaient avec empressement à leur fille un superbe piano, une toilette

en bois de citronnier, des livres richement reliés; ils la grondaient pour

un fagot de trop qu'elle faisait jeter dans l'âtre. Chez eux, ils se

faisaient petits et pauvres pour inspirer à leurs serviteurs le zèle et

l'économie; au dehors, ils s'enflaient avec orgueil, et eussent regardé

comme une insulte le moindre doute sur leur opulence. Eux, si bons, si

charitables, si faciles à gagner, ils avaient réussi, à force de sottise,

à se faire détester de tous leurs voisins, encore plus sots et plus vains

qu'eux.

Voila les défauts que Bénédict ne pouvait endurer. La jeunesse est âpre et

intolérante pour la vieillesse, bien plus que celle-ci ne l'est envers

elle. Cependant, au milieu de son découragement, des mouvements vagues et

confus étaient venus jeter quelques éclairs d'espoir sur sa vie. Louise,

_madame_ ou _mademoiselle_ Louise (on l'appelait également de ces deux

noms), était venue s'installer à Grangeneuve depuis environ trois

semaines. D'abord, la différence de leurs âges avait rendu cette liaison

calme et imprévoyante; quelques préventions de Bénédict, défavorables à

Louise qu'il voyait pour la première fois depuis douze ans, s'étaient

effacées dans le charme pur et attachant de son commerce. Leurs goûts,

leur instruction, leurs sympathies, les avaient rapidement rapprochés, et

Louise, à la faveur de son âge, de ses malheurs et de ses vertus, avait

pris un ascendant complet sur l'esprit de son jeune ami. Mais les douceurs

de cette intimité furent de courte durée. Bénédict, toujours prompt

à dépasser le but, toujours avide de diviniser ses admirations et

d'empoisonner ses joies par leur excès, s'imagina qu'il était amoureux de

Louise, qu'elle était la femme selon son cœur, et qu'il ne pourrait plus

vivre là où elle ne serait pas. Ce fut l'erreur d'un jour. La froideur

avec laquelle Louise accueillit ses aveux timides lui inspira plus de

dépit que de douleur. Dans son ressentiment, il l'accusa intérieurement

d'orgueil et de sécheresse. Puis il se sentit désarmé par le souvenir des

malheurs de Louise, et s'avoua qu'elle était digne de respect autant que

de pitié. Deux ou trois fois encore il sentit se ranimer auprès d'elle ces

impétueuses aspirations d'une âme trop passionnée pour l'amitié; mais

Louise sut le calmer. Elle n'y employa point la raison qui s'égare en

transigeant; son expérience lui apprit à se méfier de la compassion; elle

ne lui en témoigna aucune, et quoique la dureté fût loin de son âme, elle

la fit servir à la guérison de ce jeune homme. L'émotion que Bénédict

avait témoignée le matin, durant leur entretien, avait été comme sa

dernière tentative de révolte. Maintenant il se repentait de sa folie,

et, enfoncé dans ses réflexions, il sentait à son inquiétude toujours

croissante, que le moment n'était pas venu pour lui d'aimer exclusivement

quelque chose ou quelqu'un.

Madame Lhéry rompit le silence par une remarque frivole:

--Tu vas tacher tes gants avec ces fleurs, dit-elle à sa fille.

Rappelle-toi donc que _madame_ disait l'autre jour devant toi: «On

reconnaît toujours une personne du commun en province à ses pieds et à ses

mains.» Elle ne faisait pas attention, la chère dame, que nous pouvions

prendre cela pour nous, au moins!

--Je crois bien, au contraire, qu'elle le disait exprès pour nous. Ma

pauvre maman, tu connais bien peu madame de Raimbault, si tu penses

qu'elle regretterait de nous avoir fait un affront.

--Un affront! reprit madame Lhéry avec aigreur. Elle aurait voulu nous

_faire affront!_ Je voudrais bien voir cela! Ah! bien oui! Est-ce que je

souffrirais un affront de la part de qui que ce fût?

--Il faudra pourtant bien nous attendre à essuyer plus d'une impertinence

tant que nous serons ses fermiers. Fermiers, toujours fermiers! quand nous

avons une propriété au moins aussi belle que celle de madame la comtesse!

Mon papa, je ne vous laisserai pas tranquille que vous n'ayez envoyé

promener cette vilaine ferme. Je m'y déplais, je ne m'y puis souffrir.

Le père Lhéry hocha la tête.

--Mille écus de profit tous les ans sont toujours bons à prendre,

répondit-il.

--Il vaudrait mieux gagner mille écus de moins et recouvrer notre liberté,

jouir de notre fortune, nous affranchir de l'espèce de domination que

cette femme orgueilleuse et dure exerce sur nous.

--Bah! dit madame Lhéry, nous n'avons presque jamais affaire à elle.

Depuis ce malheureux événement elle ne vient plus dans le pays que

tous les cinq ou six ans. Encore cette fois elle n'y est venue que par

l'occasion du mariage de sa _demoiselle_. Qui sait si ce n'est pas la

dernière! M'est avis que mademoiselle Valentine aura le château et la

ferme en dot. Alors nous aurions affaire à une si bonne maîtresse!

--Il est vrai que Valentine est une bonne enfant, dit Athénaïs fière de

pouvoir employer ce ton de familiarité eu parlant d'une personne dont elle

enviait le rang. Oh! celle-là n'est pas fière; elle n'a pas oublié que

nous avons joué ensemble étant petites. Et puis elle a le bon sens de

comprendre que la seule distinction, c'est l'argent, et que le nôtre est

aussi honorable que le sien.

--Au moins! reprit madame Lhéry; car elle n'a eu que la peine de naître,

au lieu que nous, nous l'avons gagné à nos risques et peines. Mais enfin

il n'y a pas de reproche à lui faire; c'est une bonne demoiselle, et une

jolie fille, da! Tu ne l'as jamais vue, Bénédict?

--Jamais, ma tante.

--Et puis je suis attachée à cette famille-là, moi, reprit madame Lhéry.

Le père était si bon! C'était là un homme! et beau! Un général, ma foi,

tout chamarré d'or et de croix, et qui me faisait danser aux fêtes

patronales tout comme si j'avais été une duchesse. Cela ne faisait pas

trop plaisir à madame...

--Ni à moi non plus, objecta le père Lhéry avec naïveté.

--Ce père Lhéry, reprit la femme, il a toujours le mot pour rire! Mais

enfin c'est pour vous dire qu'excepté madame, qui est un peu haute, c'est

une famille de braves gens. Peut-on voir une meilleure femme que la

grand'mère!

--Ah! celle-là, dit Athénaïs, c'est encore la meilleure de toutes. Elle a

toujours quelque chose d'agréable à vous dire; elle ne vous appelle jamais

que _mon cœur_, ma _toute belle_, mon _joli minois_.

--Et cela fait toujours plaisir! dit Bénédict d'un air moqueur. Allons,

allons, cela joint aux mille écus de profit sur la ferme, qui peuvent

payer bien des chiffons...

--Eh! ce n'est pas à dédaigner, n'est-ce pas, mon garçon? dit le père

Lhéry. Dis-lui donc cela, toi; elle t'écoutera.

--Non, non, je n'écouterai rien, s'écria la jeune fille. Je ne vous

laisserai pas tranquille que vous n'ayez laissé la ferme. Votre bail

expire dans six mois; il ne faut pas le renouveler, entends-tu, mon papa?

--Mais qu'est-ce que je ferai? dit le vieillard ébranlé par le ton à la

fois patelin et impératif de sa fille. Il faudra donc que je me croise les

bras? Je ne peux pas m'amuser comme toi à lire et à chanter, moi; l'ennui

me tuera.

--Mais, mon papa, n'avez-vous pas vos biens à faire valoir?

--Tout cela marchait si bien de front! il ne me restera pas de quoi

m'occuper. Et d'ailleurs où demeurerons-nous? Tu ne veux pas habiter avec

les métayers?

--Non certes! vous ferez bâtir; nous aurons une maison à nous; nous la

ferons décorer autrement que cette vilaine ferme; vous verrez comme je m'y

entends!

--Oui, sans doute, tu t'entends fort bien à manger de l'argent, répondit

le père.

Athénaïs prit un air boudeur.

--Au reste, dit-elle d'un ton dépité, faites comme il vous plaira; vous

vous repentirez peut-être de ne pas m'avoir écoutée; mais il ne sera plus

temps.

--Que voulez-vous dire? demanda Bénédict.

--Je veux dire, reprit-elle, que quand madame de Raimbault saura quelle

est la personne que nous avons reçue à la ferme et que nous logeons depuis

trois semaines, elle sera furieuse contre nous, et nous congédiera dès la

fin du bail avec toutes sortes de chicanes et de mauvais procédés. Ne

vaudrait-il pas mieux avoir pour nous les honneurs de la guerre et nous

retirer avant qu'on nous chasse?

Cette réflexion parut faire impression sur les Lhéry. Ils gardèrent le

silence, et Bénédict, à qui les discours d'Athénaïs déplaisaient de plus

en plus, n'hésita pas à prendre en mauvaise part sa dernière objection.

--Est-ce à dire, reprit-il, que vous faites un reproche à vos parents

d'avoir accueilli madame Louise?

Athénaïs tressaillit, regarda Bénédict avec surprise, le visage animé par

la colère et le chagrin. Puis elle pâlit et fondit en larmes.

Bénédict la comprit et lui prit la main.

--Ah! c'est affreux! s'écria-t-elle d'une voix entrecoupée par les pleurs;

interpréter ainsi mes paroles! moi qui aime madame Louise comme ma sœur!

--Allons! allons! c'est un malentendu! dit le père Lhéry; embrassez-vous,

et que tout soit dit.

Bénédict embrassa sa cousine, dont les belles couleurs

reparurent aussitôt.

--Allons, enfant! essuie tes larmes, dit madame Lhéry, voici que nous

arrivons; ne va pas te montrer avec tes yeux rouges; voilà déjà du monde

qui te cherche.

En effet le son des vielles et des cornemuses se faisait entendre, et

plusieurs jeunes gens en embuscade sur la route, attendaient l'arrivée des

demoiselles pour les inviter à danser les premiers.

Valentine(#17251) · 第 9 / 50 题