Les colères de madame de Montespan n'étaient pas faites pour ramener le

roi. Ces transports produisaient un effet tout contraire à celui qu'en

attendait peut-être une femme dont la passion troublait l'esprit, si

clairvoyant autrefois. Madame de Caylus, bien au courant de cet intérieur

troublé, a dit avec raison: «L'esprit qui ne nous apprend pas à vaincre

notre humeur devient inutile, quand il faut ramener les mêmes gens

qu'elle a écartés, et si les caractères doux souffrent plus longtemps que

les autres, leur fuite est sans retour[818].» Pendant qu'à la vue de son

empire croulant, madame de Montespan s'abandonnait aux désagréables

éclats de sa colère, la supériorité de sa rivale s'établissait par le

contraste de sa douceur, de son égalité d'âme, qualités inestimables pour

un homme lassé des passions orageuses, et cherchant le port au sein d'une

affection paisible et solide. La nièce de madame de Maintenon a

parfaitement mis en relief cette différence des deux caractères, donnant

à sa tante les mêmes louanges que l'histoire a consacrées: «Le roi trouva

une grande différence dans l'humeur de madame de Maintenon; il trouva une

femme toujours modeste, toujours maîtresse d'elle-même, toujours

raisonnable, et qui joignoit encore à des qualités si rares les agréments

de l'esprit et de la conversation.»

[818] _Souvenirs de madame de Caylus_. (Coll. Michaud, t. XXXIII,

p. 487.)

C'est sans doute à un temps voisin du mariage du Dauphin qu'il faut

placer cette sorte de ligue formée par Louvois et le prince de Marsillac,

de concert avec madame de Montespan, pour perdre madame de Maintenon dans

l'esprit du roi, ligue dont parle seulement madame de Caylus. Mêlant

ensemble leurs intérêts et leurs passions, ils voulurent, dit-elle[819],

dégoûter le roi, «mais ils s'y prirent trop tard; l'estime et l'amitié

qu'il avoit pour elle avoient déjà pris de trop fortes racines. Sa

conduite étoit d'ailleurs trop bonne et ses sentiments trop purs pour

donner le moindre prétexte à l'envie et à la calomnie. J'ignore les

détails de cette cabale, dont madame de Maintenon ne m'a parlé que

très-légèrement, et seulement en personne qui sait oublier les injures,

mais qui ne les ignore pas[820].»

[819] _Souvenirs de madame de Caylus_. (Coll. Michaud, t. XXXIII,

p. 487.)

[820] _Id._, p. 490.

Voulant distinguer, même au déclin de son amour, dans madame de

Montespan, la mère des enfants qu'il se proposait de reconnaître, Louis

XIV lui avait donné, quelque temps auparavant, la grande place de

Surintendante de la maison de la reine, dont la comtesse de Soissons

avait été forcée de se démettre. Par une sorte de balance égale entre la

femme qu'il ménageait encore avant de l'abandonner, et celle qu'il

estimait de plus en plus, il désira que madame de Maintenon trouvât, dans

la maison de la Dauphine, un état indépendant, car jusque là elle n'avait

eu à la cour d'autre position que celle de gouvernante des enfants du roi

et de madame de Montespan. Elle eût pu prétendre à la première place,

celle de dame d'honneur; elle aima mieux y faire nommer une ancienne

amie, la duchesse de Richelieu, alors dame d'honneur de la reine. Le même

emploi auprès de l'épouse jeune et inexpérimentée de l'héritier de la

couronne, était d'une importance supérieure à cause de l'influence qui

devait s'y attacher.

La veuve de Scarron, et ce lui fut un honneur dans sa mauvaise fortune,

avait été fort bien accueillie à l'_hôtel Richelieu_, sorte de doublure

et d'héritier de l'_hôtel Rambouillet_, dont l'abbé Testu était le

Voiture, où elle avait rencontré madame de Sévigné, et où brillait madame

de Coulanges, ce qui fut l'origine de leur intimité[821]. «Sans bien,

sans beauté, sans jeunesse, et même sans beaucoup d'esprit, madame de

Richelieu avait épousé par son savoir-faire, au grand étonnement de toute

la Cour et de la reine-mère, qui s'y opposa, l'héritier du cardinal de

Richelieu, un homme revêtu des plus grandes dignités de l'État,

parfaitement bien fait, et qui, par son âge, auroit pu être son fils;

mais il étoit aisé de s'emparer de M. de Richelieu: avec de la douceur,

et des louanges sur sa figure, son esprit et son caractère, il n'y avoit

rien qu'on ne pût obtenir de lui[822].» Le duc de Richelieu fut fait

chevalier d'honneur de la Dauphine en même temps que sa femme était mise

à la tête de la maison de la nouvelle princesse. La bonne renommée de la

duchesse de Richelieu fut aussi l'une des raisons de l'appui de madame de

Maintenon, comme la vertu reconnue de la marquise de Montchevreuil, une

autre amie, fut cause qu'elle la fit nommer gouvernante des filles

d'honneur formant _la Chambre_ de la Dauphine, bien aise de se parer

devant la Cour de ses honorables et anciennes amitiés[823]. Les filles de

la reine furent mesdemoiselles de Laval, depuis duchesse de Roquelaure;

de Biron et de Gontaud, deux sœurs, mariées, la première au marquis de

Nogaret, et la seconde au marquis d'Urfé; de Tonnerre, devenue madame de

Musy; de Rambure, qui épousa M. de Polignac, et mademoiselle de Jarnac,

morte jeune sans être mariée: «Toutes de grande naissance et sans nulle

beauté extraordinaire,» dit madame de Sévigné[824]; Louis XIV n'avait pas

voulu mettre à côté de son fils les séductions qui avaient entraîné sa

jeunesse.

[821] MADAME DE CAYLUS, p. 492.

[822] MADAME DE CAYLUS, p. 492.

[823] _Id._, p. 494.

[824] MADAME DE SÉVIGNÉ, _Lettres_ (2 février 1680), t. VI, p.

147. MADAME DE CAYLUS, _Mémoires_, p. 495.

La marquise de Sévigné entretient sa fille de tout un épisode se

rattachant à la formation de la maison de la Dauphine et relatif à la

duchesse de Soubise. Ce nom semble venir là pour compléter le nombre des

femmes, des sultanes qui se disputaient la faveur du maître. Avide

d'honneur et surtout d'argent, l'ambition rangée de madame de Soubise

avait prétendu à la place de dame d'honneur de la reine, laissée vacante

par la duchesse de Richelieu. Mais Louis XIV, désireux sans doute de

rompre tous ses anciens liens, n'avait pas voulu donner les mains à un

arrangement qui eût placé chaque jour devant ses yeux, avec tous les

priviléges et les facilités de l'intimité, madame de Soubise. Celle-ci

jouissait depuis longtemps de la confiance de la reine, qui, dans sa

simplicité et sa crédulité, insistait vivement afin de l'avoir pour dame

d'honneur: mademoiselle de Montpensier dit «qu'elle la préféroit à tout

le monde[825].» Le roi fut inflexible. Madame de Soubise se plaignit;

MADEMOISELLE ajoute même qu'elle écrivit à Louis XIV une lettre «fort

emportée,» ce qui lui valut un exil momentané dans ses terres.

Naturellement la duchesse évincée dut s'en prendre à celle dont

l'influence avait fait préférer madame de Richelieu, et que les

courtisans commençaient à appeler madame de _Maintenant_, et peut-être

est-ce à elle qu'elle en avait dans cette lettre qui la fit éloigner de

la Cour, où elle ne reparut plus dans cet état de faveur demi-voilée qui

servait à la fois ses intérêts et sa réputation[826].

[825] _Mémoires_. (Coll. Michaud, t. XXXIII.)

[826] Sur cet épisode de la duchesse de Soubise, conf. SÉVIGNÉ,

_Lettres_ des 29 décembre 1679, 3, 5, 10, 17, 19 et 28 janvier,

et 2 février 1680, t. VI, p. 82, 88, 94, 99, 108, 117, 130 et

145.

FIN DU TOME SIXIÈME.

NOTE DE LA P. 117.

Sainte Chantal écrivait à Marie de Coulanges: «O ma très-chère fille, je

ne doute point que votre pauvre cœur ne soit en peine de sentir votre

mari dans les hasards de la guerre... Je supplie Dieu vous conserver avec

votre petite bien-aimée.» C'était Marie de Rabutin-Chantal.

Après la mort du baron de Chantal, sainte Chantal écrivait à sa

belle-fille Marie de Coulanges: «Conservez-vous, ma très-chère fille,

pour élever en la crainte du Seigneur ce cher gage qu'il nous a donné de

ce saint mariage, et le tenez seulement comme un dépôt, sans y attacher

par trop votre affection, afin que la divine bonté en prenne un plus

grand soin, et soit elle-même toute chose à ce cher petit enfant.»

(Lettres publiées par M. Ed. Barthélemy.)

Sainte Chantal écrit encore à Philippe de Coulanges et à sa femme qui

avaient recueilli leur fille et leur petite-fille après la mort du baron

de Chantal et les remercie «de l'incomparable amour» qu'ils avoient eu

pour lui, mais aussi «des soins qu'ils donnent si paternellement et si

maternellement à cette pauvre petite orpheline.»

Mme de Chantal écrivait à la mère de Puylaurens: «Je vous remercie de

tout mon cœur, des prières que vous avez offertes à Dieu pour feu ma

très-chère fille, le départ de laquelle je pense que j'ai rassenti, aussi

vivement que sauroit faire une mère, le trépas de sa fille qu'elle aimoit

uniquement. Mais qu'y a-t-il à dire quand Dieu parle?... Espérons que sa

douce bonté sera père, mère, et toutes choses, à la petite que cette

chère défunte a laissée.»

A Mme de Coulanges, sainte Chantal écrivait: «Pour notre petite

orpheline, je ne la plains pas, tandis qu'il plaira à Dieu de conserver

mon très-honoré frère, et vous, ma très-chère sœur, car je sais que

plus que jamais vous lui serez vrais père et mère, et que messieurs vos

enfants la chériront toujours.»

«Le cœur m'attendrit fort quand je la regarde dans ce dépouillement de

père et de mère; mais je la remets de bon cœur entre les mains de Dieu

et de sa sainte Mère.»

Dans une autre lettre à Philippe de Coulanges, elle le remercie «de sa

singulière amitié et de sa tendresse d'amour pour la pauvre petite

orpheline.»

Finissons ces citations par ce fragment d'une lettre de sainte Chantal à

M. de Coulanges:

«D'une façon ou d'autre avant le trépas de notre très-chère fille, vous

eûtes beaucoup de plaisir et de contentement, et voilà que Dieu a fait

retourner les afflictions... Les larmes me sont venues aux yeux voyant la

grande affliction où est ma pauvre très-chère sœur. Si par mon sang et

martyre je le pouvois soulager en son mal et vous en vos douleurs de

cœur, croyez, mon très-cher frère, que j'en fournirois d'un grand cœur

ce qui en seroit requis et en mon pouvoir. Nous commençâmes, dès le

lendemain que nous eûmes reçu vos lettres, une neuvaine qui finira

demain... Je communie journellement à cette intention, car j'ai un grand

désir que cette âme soit soulagée pour plusieurs raisons qui me touchent

le cœur, entre lesquelles celle de l'éducation de notre chère petite

tient un bon rang. Vous me consolez bien des nouvelles que vous me dites

de cette petite orpheline. Qu'elle sera heureuse si Dieu vous conserve et

ma pauvre très-chère sœur, pour lui continuer votre sage et pieuse

conduite! C'est la vérité que j'aime cette enfant, comme j'aimais son

père, et tout pour le ciel. _Je me réjouis de la grâce qu'elle aura à

communier à Pâques_, j'en aurai bien mémoire, et prie Dieu qu'à cette

réception de notre doux Sauveur il lui plaise de prendre une si entière

possession de cette petite âme qu'à jamais elle soit sienne. Que je vous

suis obligée en cette petite créature! Notre-Seigneur en sera votre

récompense.»

TABLE SOMMAIRE DES CHAPITRES DE CE VOLUME.

CHAPITRE PREMIER.--1676.

Pages

Madame de Sévigné revient de Bretagne à Paris; accueil qui

lui est fait.--Sa guérison marche lentement.--Elle trouve

Paris tout occupé des préparatifs de la nouvelle guerre.--Elle

_repleure_ Turenne avec le chevalier de Grignan.--Retour

sur cette perte.--Madame de Sévigné est le plus complet historien

de cette _grande mort_.--Ses divers récits; ses appréciations du

caractère et des vertus _du héros_.--Turenne l'honorait de son

amitié; elle reste l'amie de sa famille.--Madame de Sévigné

assiste à ses obsèques à Saint-Denis et console le cardinal de

Bouillon.--Effet produit par la mort de Turenne: consternation

en France; mouvement offensif des coalisés.--L'armée française

repasse le Rhin.--Belle conduite du chevalier de Grignan à

Altenheim.--Défaite du maréchal de Créqui; M. de La Trousse,

cousin de madame de Sévigné, est fait prisonnier.--Louis XIV

cherche à relever l'esprit public.--Condé est envoyé pour

remplacer Turenne et arrêter les Impériaux.--Patriotisme de

madame de Sévigné.--Le coadjuteur d'Arles harangue le roi au

nom du clergé; le roi lui adresse des félicitations.--Leçon

donnée par Louis XIV aux courtisans qui veulent dissimuler

nos échecs.--Il admirait Turenne, mais l'aimait peu.--Turenne

haï par Louvois.--Louis XIV et son ministre se préparent à

prouver que l'on peut sans Turenne et Condé remporter des victoires 1

CHAPITRE II.--1676.

Ouverture de la campagne de cette année.--Madame de Sévigné voit

partir son fils et le chevalier de Grignan.--Louis XIV va se

mettre à la tête de l'armée de Flandre.--La correspondance de

madame de Sévigné est le vrai journal du temps, même pour les

choses de la guerre.--Siége et prise de Condé.--MONSIEUR assiége

Bouchain.--Louis XIV offre la bataille au prince d'Orange, qui

se retire sans combattre.--Prise de Bouchain.--Retour du roi à

Versailles.--Caractère militaire de Louis XIV.--L'armée

française met le siége devant Aire; les ennemis vont investir

Maëstricht et Philisbourg.--Madame de Sévigné annonce à sa

fille la prise d'Aire; Louvois en a tout l'honneur.--Belle

conduite à ce siége du baron de Sévigné.--Curieuses anecdotes

recueillies sur le prince d'Orange et Louis XIV.--M. de Schomberg

fait lever le siége de Maëstricht.--Philisbourg est obligé de

se rendre aux ennemis.--L'opinion s'en prend au maréchal de

Luxembourg; Madame de Sévigné rapporte sur lui un mot piquant.--Le

reste de l'année se passe sans événements militaires 47

CHAPITRE III.--1676.

Madame de Sévigné se rend aux eaux de Vichy.--Elle passe

par Moulins, et va faire une station au couvent de la Visitation,

_dans la chambre où sa grand'mère est morte_.--Retour sur sainte

Chantal; sa biographie fait partie de ces mémoires.--Son intime

liaison avec saint François de Sales.--Le frère de l'évêque de

Genève épouse l'une de ses filles, et il se trouve ainsi l'oncle

du madame de Sévigné.--Soins donnés par madame de Chantal à la

jeune Marie de Rabutin.--Mort de la sainte dans les bras de la

duchesse de Montmorency 75

CHAPITRE IV.--1676.

Madame de Sévigné arrive à Vichy.--Société qu'elle y trouve.--Vie

des Eaux au dix-septième siècle; madame de Sévigné en envoie à

sa fille la véritable _gazette_.--Description du pays; promenades;

danses et _bourrées_ d'Auvergne.--_La colique de madame de

Brissac._--Quelques portraits d'originaux.--_La charmante

douche._--Madame de Sévigné reprend la route de Paris.--Elle

visite la famille Fouquet: ses divers membres.--Dernière station

de madame de Sévigné au château de Vaux 139

CHAPITRE V.--1676.

Procès et supplice de _la Brinvilliers_.--Stupeur de la société

parisienne.--L'attention revient aux intrigues de la cour et aux

amours du roi.--Déclin de madame de Montespan; progrès de madame

de Maintenon; intermède de la princesse de Soubise.--La marquise

de Sévigné à la cour; description qu'elle en fait.--Elle est le

véritable historien de cette époque de la vie galante de Louis

XIV.--Retraite du cardinal de Retz à Commercy.--Madame de Sévigné

plus que jamais fidèle à son admiration et à sa vieille amitié.--Son

fils revient de l'armée.--Elle appelle sa fille à Paris.--Arrivée

de madame de Grignan, après une absence de deux ans 166

CHAPITRE VI.--1677.

Madame de Grignan trouve à Paris son frère, son beau-frère et

Bussy.--Moment de la plus grande intimité entre madame de Sévigné

et son cousin.--Ils se conviennent et se plaisent.--Vanité,

extravagances de Bussy-Rabutin.--Il refuse le _Monseigneur_ aux

maréchaux.--Il se crée lui-même maréchal de France _in petto_.--Ne

pouvant être _duc_, il ne veut plus qu'on l'appelle _comte_.--Le

roi lui permet de revenir une seconde fois à Paris.--Sa cousine

désire connaître ses _Mémoires_; ils les lisent ensemble.--Position

de madame de Montespan à la cour.--Le roi distingue madame de

Ludre.--On attribue à Bussy des couplets satiriques; sa

justification.--La guerre recommence.--Louis XIV se met en campagne

avant la fin de l'hiver.--Siége et prise de Valenciennes.--Le

baron de Sévigné y est blessé.--Saint-Omer et Cambrai sont obligés

de se rendre.--MONSIEUR gagne la bataille de Cassel.--Retour

triomphant du roi; ovations qui lui sont faites: l'année 1677 appelée

_l'année de Louis le Grand_.--Corneille chante les victoires du

roi.--Madame de Sévigné achète à son fils la sous-lieutenance des

gendarmes-Dauphin.--Maladie de madame de Grignan.--Appréhensions de

sa mère.--Quelques troubles surviennent entre la mère et la

fille.--Malentendus expliqués 208

CHAPITRE VII.--1677.

Vie active de madame de Sévigné.--Son empressement pour les membres

de la famille de Grignan: c'est sa fille qu'elle aime en eux.--Le

cardinal de Retz toujours l'objet d'une plus vive affection.--Madame

de Sévigné s'inquiète de la santé de cette _chère Éminence_.--Les

amis du cardinal veulent le ramener à Paris.--La retraite lui pèse,

mais il est retenu par le respect humain.--Madame de Sévigné reprend

sa chronique habituelle des amours royales.--Courte faveur de

madame de Ludre.--Le roi l'abandonne.--Madame de Montespan sans

pitié pour elle.--Madame de Sévigné compatit à l'infortune de la

_pauvre Io_.--Madame de Ludre se retire au couvent.--Ascendant

croissant de madame de Maintenon.--Le baron de Sévigné revient de

l'armée, et retourne à sa vie dissipée. Sa mère et sa sœur

cherchent inutilement à le marier.--Madame de Sévigné se rend pour

la seconde fois aux Eaux de Vichy; elle loue à Paris l'_hôtel

Carnavalet_ pour elle et sa fille, qui lui annonce son prochain

retour.--Elles s'y retrouvent au mois de novembre 262

CHAPITRE VIII.--1678-1679.

Mauvaise santé de madame de Grignan.--Bussy console sa mère.--Madame

de Sévigné veut faire nommer son cousin historiographe

du roi.--Le baron de Sévigné se distingue à la bataille de

Mons.--Paix de Nimègue.--Apogée de Louis XIV.--La _Princesse de

Clèves_.--Retour de Retz à Paris.--Mort de d'Hacqueville.--Le

coadjuteur d'Arles prêche devant le roi.--Grâces aux exilés et

aux prisonniers.--Mademoiselle de Fontanges.--Nouvelles discussions

entre madame de Sévigné et sa fille.--Mort du cardinal de Retz 299

CHAPITRE IX.--1679-1680

Madame de Grignan retourne en Provence.--Douleur toujours nouvelle

de madame de Sévigné.--Dernières explications entre la mère et

la fille.--Mariage de Louise d'Orléans avec Charles II, roi

d'Espagne.--La duchesse de Villars accompagne la jeune reine à

Madrid.--Sa correspondance avec mesdames de Coulanges et de

Sévigné.--Disgrâce de M. de Pomponne.--Belle conduite de madame

de Sévigné.--Le ministre disgracié emporte dans sa retraite

l'estime publique et les regrets de la cour 374

CHAPITRE X.--1680.

Mariage du prince de Conti à Mlle de Blois.--Chambre de l'Arsenal

ou Chambre ardente.--Affaire des poisons.--Emprisonnement du

maréchal de Luxembourg.--Fuite de la comtesse de Soissons.--La

Voisin accuse Mme de Bouillon.--Le Sage accuse le marquis de

Cessac.--Mariage du Dauphin.--Mme de Richelieu nommée dame

d'honneur de la Dauphine.--Mme de Soubise se plaint amèrement

au roi de n'avoir pas été préférée à Mme de Richelieu et est

exilée 430

FIN DE LA TABLE DES CHAPITRES.

Mémoires touchant la vie et les écrits de Marie de Rabutin-Chantal, (6/6) · 第 33 / 33 段