PRÉVENTION DE LA MALADIE DES CIDRES.

Dans la fabrication ordinaire du cidre, le moût, obtenu par pression ou

par diffusion, est abandonné à la fermentation sans aucune addition de

levure, de sorte que l'on n'est pas maître de cette fermentation, qui

marche tantôt bien, tantôt mal, et fournit des cidres de qualité

vraiment médiocre.

Le ferment qui agit dans ces conditions est celui qui se trouve répandu

sur la pelure des pommes.

Or, si, avant de broyer les pommes, on les lave dans de l'eau formulée à

8/1000 et qu'on enlève ce liquide par un second lavage dans l'eau pure,

le broyage et le pressurage étant faits ensuite avec des appareils

préalablement lavés avec la même solution à 4/1000 les moûts ainsi

obtenus ne fermentent plus. Ils ont été stérilisés par la soustraction

des ferments de la pelure.

Ces moûts stériles présentent deux grands avantages: d'abord, ils

peuvent voyager; des échantillons ont subi avec succès le voyage de

Rennes à Buenos-Ayres, aller et retour; les traces de formol qu'ils

renferment disparaissent au bout de quelques jours. D'autre part, ils

peuvent être ensemencés avec des levures de choix, connues pour la bonne

qualité des boissons qu'elles produisent.

Cette application directe des méthodes pastoriennes au cidre est duc à

M. Perrier; elle mérite d'être connue. Le cidre est une boisson assez

répandue pour qu'on se préoccupe d'assurer sa qualité et de lutter

contre ses maladies, comme on a appris à le faire contre les maladies

des vins et de la bière.

L'Illustration, No. 3240, 1 Avril 1905 · 第 19 / 30 题