4 juin.

Pauvre maison, quels regrets tu me laisses! J’ai été si souvent joyeuse,

si souvent taciturne, quand de cette fenêtre, je regardais vivre les

êtres mystérieux, que sont les arbres, les fleurs.

J’ai aimé la grâce des jeunes branches ployant et se redressant, comme

de beaux corps, dans l’air agité. J’ai vu la lune trembler sur le jet

d’eau, et le bassin se velouter d’ombre, sous le pied léger, tournoyant,

de cette ballerine fantastique, qui déchire le tulle de sa robe

pailletée au premier souffle du vent.

Tous ces frissons d’une vie obscure ont passé en moi, comme si j’étais

enracinée à la terre de mon École.

Adieu, retraite charmante, où j’ai vécu tant de rêves; maison

laborieuse, où j’ai appris la toute-puissance du Destin, maison des

pleurs, qui ne doit pas être la maison d’amour.

L’École m’a faite femme; mon cœur est plein d’affectueuse

reconnaissance, pour les Maîtres qui m’ont aidée à vivre libre, fière

sous la seule loi de ma conscience.

Mais que serai-je demain, moi qui ne puis rien contre mon cœur?

Les Sèvriennes · 第 187 / 222 题