Ne dirait-on pas que cette phrase, échappée à la diplomatie de Mme de
Maintenon, est la devise très haute, très loyale de notre chère Mlle
Vormèse.
1er mars 189 .
Je prépare une leçon sur la morale d’Épicure; Mlle Vormèse me recommande
de lire les livres de Guyau, l’un des rares esprits qui aient compris la
grandeur héroïque de cette morale, toute d’action, des Épicuriens.
J’aime cette pensée de Guyau, qui puise dans la noblesse de son rêve la
force de créer une morale sans sanction, une morale où Dieu ne serait
pas l’impitoyable _Teneur de livres_ de toute notre vie.
Sa philosophie, sa poésie (car il est poète), me font penser à un
Vauvenarges qui eût été l’ami d’Alfred de Vigny.
J’ai noté des pages réconfortantes, que j’emporterai fidèlement au
sortir de l’École; j’aime cet espoir: «Le moi qui s’est assez élargi
aurait droit de ne pas périr.»